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REGARD

Bouteflika : le président gourou

Les Algériens ont marché durant huit vendredis. Si l’on considère que le nombre moyen de marcheurs peut être évalué à 15 millions et que chaque manifestant a parcouru environ 5 kilomètres, ce qui est totalement plausible, l’ambulation algérienne consolidée aura parcouru le chiffre hallucinant de 600 millions de kilomètres.

Ce qui représente quatre fois la distance de la terre au soleil (150 millions de km) et plus de 1500 fois à la lune (384.000 kms). Ou encore 15.000 fois le tour de la terre, sans compter les manifestations durant les jours de semaine. Si l’on prend en compte le fait qu’une révolution complète de notre splendide planète s’effectue en une journée nous restons ébahis devant ce surprenant résultat : les marcheurs, ensemble, ont battu le pavé de la maison Algérie pendant plus de 41 ans. Ce qui parait invraisemblable. Malheureusement il s’agit là d’une réalité mathématique.

La distance a été parcourue  avec une force de de 15 millions de personnes par Vendredi, équivalente à un tremblement de terre de magnitude 7 à l’échelle de Richter. A ce niveau, un séisme se caractérise par d’importants dégâts à l’épicentre  et les secousses sont ressenties à des centaines de kilomètres.

Les animaux, les êtres humains, les sourds, les aveugles les muets, les handicapés perçoivent ce grondement terrestre. Nos décideurs ont-ils ressenti ce séisme ? Car dans ces moment-là on s’abrite, on se couvre la tête, on se dirige dans un endroit dégagé, on se met sous un meuble bref on réagit afin de tenter de sauver sa peau.

Nos dirigeants et nos oligarques ne bougent pas, ils ne sont pas proactifs. L’instinct de survie étant l’instinct le plus ancré chez tout être vivant, il est intéressant de s’interroger sur les causes de l’immobilisme des bipèdes composant ce système. N’importe quel être humain censé et possédant les moyens dont ils disposent, se serait empressé de quitter le navire ou de trouver des issues.

Or la presse fait état de la présence de tout ce monde-là en Algérie. Aussi, les médias rapportent des propositions de règlement politique de la crise, émanant d’hommes publiques, régulièrement. Si les unes paraissent peu plausibles, certaines d’entre elles  méritent d’être débattues et des voies peuvent éventuellement être explorées.

Malheureusement nos décideurs semblent accrochés à celle de l’article 102. La solution imposée  par l’ex-président avant son départ et mise en œuvre par ses hommes, ceux-là même qu’il a nommé quelques jours avant de quitter El-Mouradia, semble être l’unique solution qui les satisfasse. Ils ne parviennent pas à aborder la sortie de crise sous un autre angle.

Même en n’étant plus présent Bouteflika est omniprésent. Il en a décidé ainsi. Ses hommes inter-liés et interdépendants se conduisent plus comme des disciples que comme des mafieux. Ils constituent moins un gang qu’une secte dont le gourou est l’ex-président. Ils sont obéissants, ils ne se sauvent pas, ils ne partent pas. Le gourou en a décidé ainsi. Ils ne peuvent pas prendre d’initiatives. Le gourou est là, bien qu’il n’apparaisse pas. Il veille au grain.

Quelle que soit leur bonne volonté, ils ont fait le serment de se soumettre, ils sont sous la coupe de leur chef. Il détient leurs secrets. Il les connaît tous dans leur tréfonds. En grand psychologue qu’il est,  il maîtrise le cheminement de leur pensée. En manipulateur hors catégorie il a eu tout le loisir de les asservir. Toute velléité de leur part de se révolter ou de fuir les conduirait à leur perte et probablement sous l’échafaud. Il détient les clés de leur salut. Il les protège dans la mesure où ils sont dociles.

Certains médias et journalistes, dans la confidence,  ont pris part à cette comédie qui a fait état d’un retournement du chef d’état-major contre l’ex-président. Rien n’est moins sûr. La secte et ses hommes sévissent toujours. Le gourou, en danger est encore plus perfide et dangereux. Il est loin d’être inconscient. Il n’est pas au mieux de sa forme. Malgré la lenteur de son geste,  ses yeux, reflets de l’âme, bien cadrés par le caméraman de la chaîne nationale, dévoilent la bonne santé psychique du gourou, sa capacité à réfléchir.

Que peut bien motiver cet homme de 82 ans, immobilisé par la maladie ? Rien de plus simple que de sauver sa fratrie et en particulier son frère maudit et honni qui n’a aucune chance de s’en tirer indemne s’il libère le pouvoir. Il sait mieux que personne pour l’avoir vécu, que nul, même le chef d’état-major de l’ANP, ne peut lui donner cette assurance. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Dès lors il prend sa décision, il gère lui-même sa transition, à sa manière, au risque d’un suicide collectif, propre aux sectes. Il prend les commandes. Les disciples n’ont qu’à obéir.

Sinon comment justifier leur entêtement à ne pas s’en aller, à ne pas avoir quitté le navire avant qu’il ne coule. Ils en avaient l’opportunité, ils disposaient d’assez de temps pour le faire

Certains d’entre eux comme le chef d’état-major ont encore la possibilité de se protéger et négocier. Mais ils ne le font pas.  Comment justifier l’immobilisme de tout ce monde-là ? Le gourou a parlé : ils s’en sortiront tous ensemble ou pas du tout. Pour le moment, malgré les secousses récurrentes provoquées par les marcheurs il tient bon, il reste en mesure de leur garantir la protection. La preuve par 9 pour terminer mathématiquement c’est qu’aucun d’entre eux n’a été vraiment inquiété ou touché à ce jour.

Auteur
La rédaction
 

Commentaires

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Le système Bouteflika ne compte pas lâcher prise , il a tout fait pour s'inscrire dans la durée : 130 ans selon Ould Abbas comme le colonialisme.

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A résidence surveillée par l'armée.
Celà permet de couper les nuisances après sa démission car Bouteflika dirige plein de Monde ai pouvoir à ce jour dont les trois B et gaid Salah
Ses alliés des Emirats et ailleurs sont en Contact permanent avec lui et Gaid Salah est personnellement impliqué et complice au premier rang

L'armée n'a que le seul choix de déposer Gaid Salah et son état major ou alors elle se disloquera en un premier temps et s'ensuivra des affrontements inévitablement avec le peuple et au sein même de l'armée.
Gaide Salah et pluie généraux de l'état major impliqués dans la corruption ne changeront pas de position et demeureront les alliés du régime Bouteflika

La police doit rtrey rapidement neutraliser à son sommet idem Pour le commandement de la gendarmerie et son genrral Belksir originaire de l'ouest algérien Mostaganem tout comme le patron de la garde républicaine le général emule de corps d'armée benali benali de la région de Tlemcen.
L'armée proprey des généraux patriotes et des forces régions militaires divisions aviation et Marine n: ont plus le choix ni le temps

Autre cette armée sera détruite par les puissances régionales et occidentales.
Ce n'est pas une vue d'esprit cela est la brute réalité et les manœuvres récentes militaires dans nos.voisinages sont un message explicite Pour l'armée algérienne actuelle.
Le prétexte est la répression dictatoriale des généraux de gaid Salah et la perturbation sécuritaire de l'Afrique du Nord et Point final
Gaid Salah ne démissionnera jamais et ira jusqu'au bout de sa politique clanique suicidaire du pays.
Après personne ne doit pleurer et l'armée la police la sécurité de l'armée la gendarmerie et la garde républicaine en assumerons tous la destruction du pays.
Aucunes autres alternances que celle du peuple et Gaid Salah semble aveugle à ne pas relire les articles 7 8. 11. 12. De la constitution algérienne actuelle que le peuple souverain a annulé de facto depuis presque deux mois de marches millionièmes.
L'article 102 est secondaire et sans importance dans la grave crise politique du pays.
Des têtes nombreuses tomberont si l'état major persiste dans des aveuglements voulus et persiste dans la confiscation des pouvoirs relevant de la cour martiale pour les généraux de Gaid Salah.
La question est de quelle cour martiale ou pénale internationnale aurait la primauté ?

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