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REGARD

La laïcité : une chance pour l’Algérie

"Parce que je sais que l’Algérie est aujourd’hui à un carrefour décisif de son histoire, parce que je continue à croire à son grand destin. Parce qu’aujourd’hui, peut-être, commence son avenir. Parce que je sais qu’elle peut enfin devenir elle-même, ce beau mot en sept lettres, si par la liberté et les droits de l’homme et du citoyen, elle retrouve ses textes, ses sources et sa mémoire.

Jean Pélégri, "Ma mère, l’Algérie"

A chaque anniversaire commémoratif de la fête de l’Indépendance, nous mesurons combien le vivre ensemble en paix est, en réalité, une Arlésienne algérienne. La multiplication des actes xénophobes, des paroles racistes, des comportements injurieux et des restrictions des libertés individuelles, sans oublier l’illusion sécuritaire, laisse entrevoir le poids des efforts à fournir pour remettre les pendules à l’heure. Une prise de conscience doit s’opérer, à commencer par l’horloger en chef !    

Un Etat qui ne défend point les libertés, est-il moderne, est-il sérieux, est-il fiable ? Examiner le squelette de l’Etat de pied en cape, et l’habiller d’une nouvelle chair à même de lui donner la faculté de mener la société vers une vie meilleure, est ce qu’il y a quelque chose de plus noble ? Car l’Etat, en tant que personne morale, est l’exécuteur permanent et attitré de la volonté exprimée par la communauté nationale dans toute sa diversité. Religieuse et culturelle, s’entend.  

La morale recommande la décence mais, actuellement, l’Etat agit sans gêne, en construisant une grandiose mosquée à l’heure où les performances économiques sont pâlottes. Au moment où nombre d’Algériens ne mangent pas à leur faim. Où les chômeurs ne bénéficient d’aucune pension chômage, et d’aucune assurance maladie. Où dans les montagnes, les familles grelottent de froid dans un pays exportateur de gaz. Où les enfants vont à pieds vers des écoles assez lointaines, sans chauffages et sans cantines scolaires. Au Sud comme au Nord, des pans entiers de la société sont exclus du droit aux soins urgents, modernes et efficaces.

Les malades atteints de cancer souffrent le martyre, les sidéens la double peine : le rejet de la société et le manque de moyens de soins. Le comportement de l’Etat frise l’indécence au moment où les citoyens font la manche sur les routes pour aider tel malade à se soigner à l’étranger. C’est à en pleurer : plus le minaret de la Grande mosquée d’Alger monte vers le ciel, plus la bêtise grossit en montrant son nez !

Cette mosquée est une aubaine pour le régime qui n’aime rien tant que de voir le peuple prosterné. C’est une victoire pour les hommes en charge des affaires de l’Etat que de voir le peuple à genoux, à demander l’aide à Allah au lieu de réclamer des comptes à ceux qui le flagellent.    

En ces temps de crise exacerbée, la meilleure décision de salubrité politique pour un intérêt général, est que l’Etat se désengage de caresser les questions religieuses, de respecter le relativisme dans la foi et de laisser le peuple se répliquer avec amabilité : « Vous avez votre religion et j’en ai la mienne », laisser les gens se souhaiter la paix, non parce qu’elle est prescrite dans le Livre, mais parce qu’au fond, elle vient du cœur.

L’Algérie en particulier, et les pays musulmans en général, représente un grand corps malade en tournant le dos à la laïcité mais espère atteindre la modernité à reculons, comme une marche vers l’impossible. Combattre pour sauver l’âme du pays nécessite une refondation de la nation pour aller vers un meilleur avenir.

La laïcité est une morale dans toute sa splendeur, une valeur qui rend la société vivante et optimiste.

La laïcité est une chance pour l’Algérie, l’une des meilleures certainement. Et il n’y a que les rentiers de la religion pour refuser la laïcité, il n’y a que les salafistes, les forces de la décadence en somme, pour refuser la sécularisation du droit civil et rendre la foi à la seule appréciation du cœur humain. Une philosophie de vie apprise et adoptée avec conviction ne doit pas être partagée avec la force du glaive. C’est ce dont les islamistes ne veulent pas apprécier le relief car, tout simplement, le respect d’autrui est le moindre de leurs soucis.

La foi n’obéit point, et ne doit guère obéir, à la loi du nombre. La sécularisation des mœurs nous permettra de mieux appréhender nos soucis quotidiens sous l’égide d’un Etat soucieux du bien-être du citoyen. Mais, les islamistes sont là, en sursis, comme des chambellans ou comme constellation de partis politiques, sans jamais perdre de leurs illusions.

Peut-on soulever le V de la victoire contre tout Etat théocratique en Algérie ? Oui, c’est une possibilité à condition d’effectuer une sérieuse action de déminage idéologique, touchant à tout ce qui est infecté. Face au radicalisme théocratique, un projet radicalement opposé, d’essence laïque, respectueux des droits de l’homme doit émerger des esprits d’abord, et des lois de la république ensuite, pour couvrir la nation de ses vertus.

Il faut être libre par essence pour ne plus se soumettre aux désidératas de la Secte des illusionnistes. Chacun a le droit de sortir des sentiers battus. Avoir le droit de choisir une voie spirituelle, de croire, de ne plus l’être, de douter, de se rétracter, de se chercher sereinement. Le doute est le sel de la vie, pardi ! Changer d’avis et d’opinion est une chose ordinaire, résultat du cheminement intellectuel d’un esprit à l’écoute de sa sensibilité, de ses idées et de ses convictions. Changer de religion aussi doit être respectable. Une nation qui abrite une seule religion est une nation hypocrite !

Là où progresse le respect, la fraternité grandit, la discrimination recule et la nation prospère. Et l’homme n’est jamais heureux que lorsqu’il est en accord avec sa conscience : quand ses actes sont au diapason de son éthique.  

Contrairement à l’Etat théocratique, l’Etat laïc n’est point d’émanation égoïste. Bien au contraire : il a la générosité comme source et la paix sociale comme horizon où le soleil de la laïcité ne manquera pas d’éclairer les espaces de l’obscurantisme par un éclat fait d’humanisme.  

L’Etat doit balayer sa peau de banane sur le chemin des Algériens et leur restituer la clef perdue, il est condamné au choix d’un degré de civisme : la liberté de choisir sa religion, et le libre exercice du culte. Il est condamné au génie politique : écarter les partis islamistes sans devoir verser une goutte de sang. Et au même temps, l’individu aura toute latitude de vivre dans la piété.

De nos jours, méprisé et ignoré avec superbe, le peuple se découvre au mieux comme un décor, au pire comme un intrus. De quoi nourrir un sursaut national bienvenu !

L’idée de bien vivre ensemble, en toute sérénité, est une obsession mondiale. Elle ne peut se concevoir dans la réalité loin du socle du respect mutuel et ne peut guère s’incarner loin de la liberté de conscience. Ce sont là des choses sérieuses vers lesquelles il faut aller vite.

La foi commune est une utopie. Une posture de malthusiens est un danger : pourquoi les uns osent-ils priver autrui de ce dont eux-mêmes ont bénéficié ? Les uns ont eu la liberté de choisir une religion, les autres aussi doivent bénéficier de la liberté de choisir la leur. Une éthique nimbée de convivialité doit rythmer notre vie quotidienne. C’est élémentaire !   

Et par ailleurs il ne faut jamais se fourvoyer sur un point cardinal : l’Algérie réelle est le ciment de l’Algérie éternelle.

Les temps actuels exigent une valeur moderne, c’est-à-dire la laïcité tant elle permet de passer de l’étroitesse de l’Oumma à un Monde sans frontières, d’aller du croyant vers le citoyen ouvert et surtout de dépasser le frère en religion pour célébrer le frère en l’humanité.

Seules la lâcheté et la résignation peuvent rendre ce qui est possible difficile, voire utopique. Seule la mauvaise foi peut créer des problèmes là où il n’y a que des solutions. Tout compte fait, il ne tient qu’à nous de nous armer de courage, d’efforts, pour faire de la laïcité une valeur ordinaire dans nos rues, nos villages, nos cités et autres lieux de travail.
 

Tarik Djerroud est auteur et éditeur

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Auteur
 Tarik Djerroud (*)
 

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Les principales dispositions constitutionnelles à revoir dans la future constitution :

a- Suppression des dispositions à caractère ethnique (Algérie terre Arabe).
b- Suppression de la disposition : « Islam religion de l’Etat » (séparation des religions de l’Etat).
c- Mettre sur un pied d’égalité Tamazight et l’arabe Algérien comme langues officielles.
d- Consacrer les langues (Français + l’Anglais) comme langues de travail et d’enseignement dans les domaines économiques, la recherche universitaire et scientifique.
e- Interdire l’utilisation des appartenances raciales, religieuses ou linguistiques à des fins politiques.
f- Protéger les symboles de la guerre d’indépendance (le Chahid + le Moudjahid, le FLN et l’UGTA) de toute utilisation politique ou syndicale.
g- Rattacher le ministère des Moudjahidines au Ministère de la Défense……… !!!
h- Suppression du Ministère des Affaires religieuses.

N.B / Inscrire parmi les grands projets à réaliser en urgence : une autoroute doublée d’une ligne de chemin de fer
Alger / nouvelle Capitale / Tamanrasset.
Faire de Tamanrasset le Dubaï de l’Afrique par la création d’une zone franche et de deux HUB terrestre et aérien,
Elle deviendra un carrefour entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen Orient dans les domaines commerciaux et
Touristiques.

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A l’origine, la chute du mur de Berlin…
Il ne faut pas perdre de vue que Bouteflika a été recruté par la maffia algérienne à l’époque où Boris Eltsine privatisait des actifs des entreprises pétrolières russes pour créer une oligarchie capitaliste. C’était dans l’air du temps après la chute du mur de Berlin. L’arrivée au pouvoir de Poutine et sa détermination à ramener le secteur énergétique sous le contrôle étatique a remis de l’ordre en Russie. Par contre, en Algérie, le retour des éléments de Chakib Khelil confirme que la privatisation du secteur des hydrocarbures figure en tête de liste des objectifs de la feuille de route du pouvoir informel. Serait-ce une sorte de revanche par rapport aux décisions historiques de création de Sonatrach(1963) et de nationalisation du secteur des hydrocarbures(1971), un plan pour s’enrichir au détriment des intérêts nationaux ou plus grave encore un acte de trahison pour détruire la nation algérienne (réf. Plan Grand Moyen Orient de G. Bush)? Suivez de très près la politique énergétique imposée par le pouvoir occulte depuis trente ans et vous saurez répondre à ces questions.

On peut, à ce stade, imaginer que des groupes d’intérêts étrangers ont fait miroiter aux membres les plus influents du pouvoir occulte la possibilité de blanchir l’argent sale de la corruption en l’utilisant pour acquérir des actifs de Sonatrach. Ces groupes d’intérêts occidentaux chercheraient-ils à installer des bases militaires dans le sud algérien pour compléter le maillage sécuritaire de l’Afrique du Nord et protéger les gisements qui seront concédés généreusement aux multinationales en Algérie? Au Moyen-Orient, les Etats-Unis ont investi des milliards de dollars pour construire l’immense base d’Al-Udeid abritant plus de dix mille GI’s qui veillent notamment sur les installations gazières d’Exxon, ce qui autorise l’Emir du minuscule Qatar à narguer son puissant voisin Saoudien.

La volonté politique de rester dépendant de la rente des hydrocarbures s’inscrit-elle dans cet objectif de privatisation du secteur énergétique?
Ahmed Ouyahia a fait imprimer l’équivalent de 40 milliards de dollars pour pallier à la baisse des revenus des hydrocarbures. Après Khalifa Bank, plusieurs banques publiques qui détiennent de gigantesques créances douteuses auprès d’un secteur privé insolvable sont aujourd’hui exposées à la faillite.

L’algérien lambda ignore tout de ces actes de forfaitures. Il découvre souvent par hasard, en lisant les journaux, les scandales associés à ces pratiques illicites révélés par les Panama Papers et les verdicts des juges de tribunaux étrangers (Italie, Suisse, Espagne, Canada). Cette situation s’est aggravée à partir de 2005 avec la neutralisation des contre-pouvoirs qui existaient au sein des services de sécurité. Preuve en est, la nomination de voyous ou de repris de justice à des postes stratégiques et la vente aux enchères des sièges de députés aux oligarques. Les lois amendées par ces députés affairistes ouvrent la voie à de nombreux crimes économiques. On fait marcher l’Etat sur la tête pour que des membres de la pègre régnante s’enrichissent. On parle d’une dépense de plus de mille milliards de dollars durant le règne obscur de Bouteflika! L’impunité des traitres est de rigueur. Ils continueront à pavoiser en arborant fièrement leur statut de personnes intouchables. Qui oserait s’attaquer réellement à Chakib Khelil, Ould Kaddour, Ouyahia ou Sellal?

Mais comment a-t-on pu en arriver là?
Dans tout pays, c’est l’analyse de la politique du secteur de l’éducation qui permet de se faire une idée sur les objectifs de long terme du pouvoir en place. En effet, le savoir est la véritable richesse d’un pays développé et cela implique des universités performantes, des chercheurs, des dépôts de brevets etc...
Apparemment, les ennemis de la nation algérienne appliquent à la lettre un célèbre adage chinois: «Si vous voulez détruire un pays, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des décennies et coûter cher en vies humaines. Il suffit de détruire son système d’éducation et d’y généraliser la corruption».
Notre école est tellement sinistrée qu’il faudrait une révolution et des centaines de réformes pour la remettre sur les rails du XXIe siècle. Avec leurs taux d’échec élevés, les établissements scolaires sont devenus d’immenses crèches pour de futurs chômeurs. L’école est devenue "une usine à fabriquer des recalés" (400 000 candidats ont échoué au bac contre environ 80 000 en France en 2016). L’esprit critique banni chez l’élève est remplacé par la mémorisation d’une science infuse, souvent prodiguée par des enseignants salafistes. L’arabisation des matières scientifiques dans les lycées a eu de lourdes conséquences. Un journaliste a osé avancer une théorie selon laquelle la suppression des langues étrangères dans l’enseignement des sciences a pour but de prémunir nos enfants contre la dépravation du monde occidental.
En fait, l’arabisation n’est qu’un prétexte. Les fondamentalistes ne supportent pas l’ouverture intellectuelle et la technologie qui caractérisent les sociétés modernes. On demande à des générations d’élèves d’apprendre par cœur des textes pédagogiques baignés soit d’idéologie, soit de religion. L'objectif est d’enraciner dans les têtes de plusieurs générations d’élèves des référents wahhabites avec une éducation qui repose sur un fondamentalisme primaire. Ainsi, l’école du questionnement est remplacée par l’école de l’endoctrinement.

Le pouvoir a pris le relais des enseignants intégristes pour combattre comme un ennemi dangereux toute forme d’expression en dehors du canal officiel, y compris l’expression artistique. Il n’y a plus de production cinématographique, les concerts de musique sont souvent interdits, les réunions culturelles soumises à autorisation et cela n’étonne personne. Les théâtres et les salles de cinéma dépérissent en attendant d’être fermées comme en Arabie Saoudite. Nos écrivains, nos hommes de théâtre et nos artistes se sont exilés pour s’exprimer librement et s’épanouir. Par contre, les supports d’information, notamment les chaînes de télévision, se sont multipliés en muant vers des instruments de propagande rémunérés en conséquence. Le peuple voit, impuissant, qu’on prépare son pays à rentrer dans le siècle des ténèbres et de l’autocratie. Il ne faut donc pas s’étonner de voir un ministre de la Santé faire la promotion de charlatans dans un pays où les pouvoirs publics financent les constructions de cliniques de Ruqiya avec l’aval des autorités religieuses au même titre que les mosquées. A ce train, on nous annoncera un jour que les modules de Ruqiya et de Hidjama deviendront obligatoires dans les facultés de médecine. Est-ce un moyen diabolique de combler le déficit de la sécurité sociale? Le journal satirique El Manchar souligne que le RHB a permis d’éradiquer le diabète en Algérie en tuant tous les malades. Attention, vous diront certains artistes, même l’humour peut vous envoyer à la case prison.
Après Echourouk TV, c’est la chaîne Ennahar TV qui diffuse une séquence d’exorcisme. Les imams vont-ils prendre la place des médecins qui désertent de plus en plus notre pays? L’Ordre des médecins algérien lance l’alerte: 4000 praticiens spécialistes vont s’exiler cette année (4000-praticiens-spécialistes-vont-s exiler).
Tahar Hadjar, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a récemment déclaré : « En quoi ça m’avance moi, si on a un prix Nobel issu de l’Université d’Alger? ». Faut-il en déduire que le régime a nommé l’homme qu’il faut pour couler l’université algérienne, une approche que l’on retrouve d’ailleurs dans plusieurs secteurs qu’on cherche à démanteler?
L’école et l’université ont été offertes en concession aux intégristes qui les ont instrumentalisées pour recruter des hommes de main parmi les enseignants et embrigader les jeunes esprits au détriment de leur formation et de leur éducation. Les islamistes savent que l’école contribue fortement à l’édification d’une société. Pour eux, le contrôle de l’éducation est éminemment stratégique car ils sont convaincus qu’ils hériteront à terme de ce pays, même s’il est réduit en cendres. Quant à nous, on est en droit de se poser certaines questions: l’école et la mosquée préparent-t-elles le formatage idéologique des futurs sujets du califat? Est-ce que l’adhésion passive des chefs islamistes au programme du régime est le résultat d’un «deal secret» portant sur le transfert du pouvoir à l’issue d'un chaos sanglant qui semble être programmé?
On n’a pas de réponse à ces questions qui restent pertinentes. On constate toutefois qu’il existe une alliance de fait entre le pouvoir occulte et les fondamentalistes autour de la finalité de l’école et de l’université algérienne.

Ils ont osé…
Des hommes puissants et insatiables ont imposé une politique économique destructrice en pleine crise financière afin de conserver leurs privilèges. De grosses pontes ont même osé diversifier leurs importations en se lançant dans le business très profitable de la cocaïne. L’arbitrage du partage de la rente entre les alliances et la pègre se gère au jour le jour car le gâteau ne suffit plus à nourrir tout ce beau monde.
Dans la foulée, le régime maffieux n’a pris aucun gant pour nommer Ould Kaddour à la tête de Sonatrach. Apparemment, sa nationalité française et surtout sa condamnation pour haute trahison n’ont pas dérangé les organes de sécurité. Force est de constater que l’institution militaire algérienne s’est écartée dangereusement de sa mission en fermant les yeux sur ce qui est inacceptable. Pour l’ensemble du peuple algérien, il est devenu clair que cette nomination confirme que quelque chose de grave se prépare.
Des bureaux d’étude sont à nouveau mobilisés, à coup de millions de dollars, pour concevoir un «remake» de la loi sur les hydrocarbures de 2005. A cet effet, c’est de nouveau un cabinet juridique américain (Curtis, Mallet-Prevost, Colt & Mosle)» qui a été chargé d’élaborer cette nouvelle loi afin, nous dit-on, d’attirer les investisseurs étrangers.
Ould Kaddour reçoit le feu vert d’Ouyahia pour franchir un nouveau pas en achetant une raffinerie à l’état de ferraille en Sicile qui, dit-il, va satisfaire la demande de carburants destinés au marché national.
A combien va se chiffrer ce nouveau scandale qui fait suite au préjudice de 300 millions de dollars associé aux huit cargaisons de pétrole livrées sans paiement en 2012 à Petroplus, une société mise en faillite par Vitol (Petroplus-un-crime-reste-impuni/) ?

Le siphonage pour les devises et la planche à billets pour les dinars
Les importations massives, sans création de valeur ajoutée et le sabotage du modèle énergétique reflètent-ils une volonté manifeste d’atteindre rapidement une situation de faillite financière? Comment épuiser rapidement les réserves de change? C’est simple, un budget de la défense à deux chiffres, un port en eau profonde d’import/export dans une zone au fort potentiel touristique, des usines d’ammoniac pour siphonner avec des complices étrangers des dizaines de milliards de m3 de gaz naturel à un prix subventionné, l’achat d’usines obsolètes à l’étranger, etc. Les idées ne manquent pas. Même la Safex estime que c’est le moment d’injecter 2,8 milliards de dollars pour rénover ses installations.
Mais, vous noterez que le régime qui n’entretient même pas les universités existantes (en état de délabrement avancé), ne cherche pas à construire des hôpitaux modernes ou à développer l’agriculture pour espérer atteindre l’autosuffisance alimentaire. Les décideurs n’en ont cure de la recherche universitaire et de la santé car leurs enfants étudient à l’étranger et se soignent dans les grands hôpitaux de Genève ou Paris, à proximité de leurs résidences.
L’encerclement militaire
Nous sommes conscients que l’Algérie n’est qu’un petit pion sur l’échiquier de la scène géopolitique mondiale. Les membres de l’OTAN avec l’aide d’Israël et des islamistes ont détruit plusieurs pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord pour changer les régimes qui ne se soumettent pas au dictat du nouvel empire US. Dans ce conflit, l’Algérie est probablement une cible de choix à cause de ses réserves d’hydrocarbures.
Notre pays a déjà fait l’objet d’une première tentative de déstabilisation durant la décennie noire. La menace se précise aujourd’hui avec le dispositif d’encerclement militaire autour de nos frontières. La Syrie, avec l’aide militaire de la Russie et de l’Iran, a su faire face à un plan de destruction qui a mobilisé des moyens militaires et financiers colossaux de l’OTAN. L’Algérie sera-t-elle épargnée parce que des hommes et des femmes se sont réveillés pour dénoncer ce complot et demander des mesures de sauvegarde ou connaîtra-t-elle le sort réservé à ses prédécesseurs, l’Irak, la Lybie et la Syrie, ces pays très riches devenus brutalement exsangues avec la complicité morbide de leurs dirigeants?

Qui va assurer la continuité de la feuille de route ?
Le pouvoir occulte se méprend lorsqu’il croit que les revenus d’exportations d’hydrocarbures seront toujours là en 2030 avec le développement du gaz de schiste. Sans fiscalité conséquente et nonobstant les dégâts irréversibles de la pollution des nappes aquifères dans les zones arides, le gaz de schiste sera peut être au rendez-vous dans dix ou quinze ans mais sans la rente qui a permis au régime de l’ombre de rester au pouvoir. Il reste à dérouler le dernier acte de la feuille de route qui va être le recours à l’endettement extérieur, probablement à des taux d’intérêts élevés car l’Algérie n’est plus solvable. Plusieurs experts pensent en effet que l’Algérie ne sera pas en mesure de lever des montants importants sur les marchés financiers internationaux (dette-extérieure-débat). Donc, en définitif, les parrains étrangers qui ont conçu la feuille de route du régime seront les seuls à tirer les marrons du feu, la nation algérienne quant à elle risque de s’éteindre dans la misère ou de se consumer dans les braises d’une guerre civile avant cinq ans. Est-ce l’objectif ultime de la feuille de route?
Epilogue
L’existence d’un complot cohérent et actif depuis au moins deux décennies, qui vise à plonger notre pays dans un chaos (où nous ont déjà précédé tous les pays nationalistes non alignés sur l’axe israélo-américano-wahhabite) est aujourd’hui un constat partagé par la majorité de la population.
Pour éviter de faire face aux affres du FMI, la population algérienne est en droit de demander à la justice de faire la lumière sur tous les scandales et les actes de corruption et de trahison. Les crimes de corruption sont imprescriptibles et régis par des accords internationaux. La justice devra juger les voleurs et saisir leurs biens mal-acquis. Toutefois le défi majeur de l’Algérie reste la construction d’un Etat laïque et démocratique en mesure de garantir les libertés publiques et individuelles.

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