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OPINION

Le noyautage du panel du dialogue a mis au jour les positions !          

L’aile d’Amar Belhimer semble prendre le dessus pour que le coordinateur de cette instance, Karim Younes, s’y rallie par une déclaration solennelle «  les membres du panel sont parvenus à la conclusion que les élections dans les brefs délais sont la meilleure voie de sortie de crise ». 

Il ne s’agit plus donc de médiation ou d’un dialogue ouvert pour une feuille de route consensuelle comme  il a annoncé au début mais les discussions et les points de vue que ce soit lors des consultations ou en conclave national de dialogue travailleront sur l’amendement du code électoral pour le mettre en conformité avec la nouvelle donne politique après l’annulation du scrutin présidentiel prévu le 4 juillet dernier. 

Constituer une instance indépendante pour des élections crédibles, libres et transparentes et enfin arrêter une date pour les élections qui seront probablement fixées vers la fin de décembre. Ce qui est peut-être nouveau dans cette démarche est sans doute cette charte d’éthique auquelle les candidats aux  prochaines présidentielles auront à souscrire et donc à respecter les engagements et les orientations contenus dans le rapport final de la conférence du dialogue qui se tiendra à l’issue des consultations en cours. 

Il faut reconnaître par ailleurs, que le panel de dialogue vient justement depuis le jeudi dernier de récolter les appuis des partis politiques de l’ex-allégeance comme le FLN et le RND et pratiquement la majorité de ceux de l’opposition à part l’aile de l’alliance démocratique.  Jusqu’ à présent, toutes les parties consultées notamment celle d’hier, dimanche ont un seul souci « fixer la date de la présidentielle dans les plus brefs délais et de garantir les conditions nécessaires pour la tenue d'une élection régulière et transparente, en sus de l'installation d'une instance nationale indépendante pour la surveillance de cette élection, depuis le début des préparatifs jusqu'à l'annonce des résultats définitifs ». 

Toutefois trois conditions sont posées : « démettre le gouvernement actuel et le remplacer par un gouvernement technocrate formé de compétences nationales », et «libérer les manifestants arrêtés lors du Hirak dans plusieurs wilayas » et «écarter les partis pro-système et des personnes impliquées dans des affaires de corruption du dialogue national».

Amar Belhimer au centre du dialogue

Cet écrivain de talent est resté cohérent, au début dans sa démarche même s’il contredit ouvertement le coordinateur de l'instance de dialogue et de médiation sur les plusieurs points. Comme celui des préalables : le départ des « B » sur lesquels Karim Younes s’est engagé jusqu’à vouloir jeter l’éponge après les déclarations d’Ahmed Gaïd Salah sur le sujet.

Pour le président de la commission politique du panel, ses collègues «n’ont pas à s’immiscer dans les affaires de justice pour exiger la libération de qui que ce soit  ensuite « exiger le départ de Bensalah est non conforme à la constitution».

Après l’installation du comité des sages, pourtant envahi par les anciens du « système », comme des anciens ministres, l’ancien président du Conseil constitutionnel et d’autres leaders d’organisations qui étaient du moins favorables au cinquième mandat de Bouteflika, le président de la commission du panel commente «  le comité des sages sera chargé de conforter la mission du panel  avec des visions, des conseils et orientations de par sa composante qui symbolise une rupture totale avec le système». Et d’ajouter : «Nous ne sommes pas une instance de reproduction du système et nous ne le représentons pas». 

Il faut savoir aussi, ajoute-t-il, que faire partie du panel n’ouvre droit à aucune rémunération. C’est du volontariat. Ils n’ont pas non plus de limousines avec chauffeurs et gardes du corps payés par la collectivité. Tout le monde sait que même si ces  responsables n’ont pas de limousines, ils ont gardé des avantages confortables du système, comment osent-ils le combattre aujourd’hui ?

... Pour autant, Belhimer a perdu cette cohérence dimanche

Après avoir fini de contredire ses propres collègues, dans une déclaration rapportée par le quotidien L’Expression dimanche, il se contredit lui même. En effet, on y lit dans l’éditorial de Saïd Boucetta : «Belhimer estime lors de la conférence de presse qu’il a animée à l’issue de la rencontre, que les partisans de la constituante ont le droit de s’exprimer, de même que les initiateurs des dynamiques de la société civile, et c’est à travers ces postures qu’il faille trouver une issue à la crise.» Si le dialogue est balisé et les axes sont bouclés autour des présidentielles, comment les partisans de la constituante et les autres initiatives trouveront ils leur compte ?   

Auteur
Rabah Reghis
 

Commentaires

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Bonjours chers citoyens patriotes

Pour moi, et moi seulement car je parle en mon nom et non au nom du hirak, il est vraiment navrant d’entendre encore certains partis politiques (PT, FFS, PST) exiger une Constituante alors qu’ils ne sont pas sans savoir que… :

1/- cette Constituante va nous demander beaucoup de temps (voire des années) pour arriver à réussir à organiser l’Assemblé Constituante. Est-ce que le pays peut se permettre encore de perdre du temps ?! D’abord, on ne sait pas par quel processus seront désignées les personnes qui siégeront au sein de cette Assemblée. Ensuite il faut savoir que cette Assemblée n’aura pour mission que d’élaborer une nouvelle Constitution qu’elle devra être soumise, in fine, à l’approbation du peuple par voie référendaire. Pourquoi donc ne pas opter pour des amendements de l’actuelle Constitution dans le but d’expurger tous les articles qui donnent des pouvoirs exorbitants au Président de la république, pour garantir la séparation des pouvoirs, pour consacrer l’indépendance de la justice et toutes les libertés individuelles et collectives exigées par le hirak. Après ce travail d’amendement confié à des juristes, des experts et des constitutionnalistes, il suffira juste de soumettre la nouvelle mouture au peuple par voix référendaire pour adoption ! Il suffit donc d’appliquer les articles 7 et 8 de la Constitution actuelle qui donnent des pouvoirs Constituants au peuple, ce qui nous permet un gain de temps énorme du fait que l’objectif est le même : changer la Constitution.

2/- le recours à l’Assemblée Constituante risque de réveiller les démons et les ruptures qui existent au sein de notre société, sur le plan idéologique, culturel, religieux et linguistique. Il est vrai que le hirak a mis de côté toutes ses questions et c’est tant mieux, mais qui nous dit que tous ces problèmes ne rejailliront pas au sein de l’Assemblée Constituante. De plus, si ce sont les idées des conservateurs et des islamistes qui seront majoritaires adieu la démocratie, adieu la république, adieu les libertés au sens où le souhaite véritablement le hirak !

PS : il faut savoir que le Parti des Travailleurs algérien est influencé par le Parti des Travailleurs français dirigé par Daniel Glukstein, qui réclame une Constituante en France. Beaucoup oublient qu’en 1789, au sein de ce qu’on appelait les Etats Généraux de l’Ancien Régime, la majorité des députés constituait le Tiers Etat, c'est-à-dire des bourgeois et des aristocrates (le peuple profond n’étant pas réellement représenté) et ce, face à la Noblesse et au Clergé (l’Eglise), deux autres composantes des Etats Généraux ! C’est donc la bourgeoisie et l’aristocratie qui ont réussi à abolir les privilèges entre les mains de la noblesse et de l’église et non les citoyens miséreux et nécessiteux ! La révolution française est donc l’oeuvre de la bourgeoisie aristocratique majoritaire à l’Assemblée Constituante à ce moment là et non le peuple. A bon entendeur salut !

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Bonjour chers citoyens

A propos de la Constituante : on n’est certes pas trop nombreux malheureusement sur la Toile à faire l’analyse ci-dessous, mais on la défend bec et ongle. A notre avis, il faudrait d’abord que le FFS, le PT et le PST arrêtent de nous parler de la Constituante, et de dire que cette histoire d'Assemblée Constituante est une question de vie et de mort et qu’ils se montrent un peu plus réalistes ! En effet, il faut se rendre à l’évidence que la Constituante est une option qui comporte des risques et des dangers vu la situation politique, idéologique, culturelle et sociale de notre pays. Le danger viendrait de réelles ruptures, de luttes intestines d'ordre politiques, linguistiques, culturelles et cultuelles qui sont encore vivaces dans notre société même si le hirak les a mis fort heureusement de côté .... pour l'instant ! Il n'est donc pas exclu que ces ruptures vont nécessairement resurgir lors des réunions de l'Assemblée Constituante. Dans une situation pareille, l'accord sur une nouvelle Constitution n'est pas garantie et prendra nécessairement beaucoup de temps. Tout sociologue, tout analyste, tout politologue sait qu'il est difficile dans notre pays de réunir à la même table par exemple un islamiste et un laïc pour discuter d'un projet de société ! C'est possible mais çà ne sera pas facile et çà demandera nécessairement du temps. Or peut-on encore se permettre de perdre du temps encore et encore ?

D’abord ce que les citoyens algériens doivent savoir c'est qu'une Constituante n'est rien d'autre qu'une réunion en congrès de représentants de la société civile en générale (associations, syndicats, corporations, organisations) et bien sûr aussi de ceux des partis politiques qui vont chercher à y siéger. Le but de cette Constituante est surtout celui d'écrire une nouvelle Constitution qui sera soumise au final au référendum populaire ! Or, des analystes raisonnables et objectifs savent qu'il n'est pas possible d'aller à une élection présidentielle rapidement avec la Constitution de 2016 de Bouteflika. Tout le monde connaît ses défauts, elle est hyper présidentielle, elle ne garantie pas la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice et elle ne consacre pas d'une manière impérative les questions de libertés individuelles et collectives.

Comme aller à l’élection présidentielle sans modifier la Constitution est une haute trahison envers le hirak, à notre humble avis, il faut juste opter pour des amendement de certains articles nuisibles et préjudiciables de la Constitution actuelle, en même temps d'ailleurs de la modification totale de loi électorale, de les faire réécrire par des juristes, des Constitutionnalistes et des représentants de ligues de droits de l"homme dans le but de les adapter aux revendications du hriak, et pour, enfin, les soumettre au référendum populaire, le peuple étant le seul apte à valider et légitimer ces nouveaux textes, puisque nos députés sont illégitimes et rejetés par le peuple ! Il suffit donc d’appliquer les articles 7 et 8 de la Constitution actuelle qui donnent les pouvoirs Constituants au peuple. Ce référendum peut s'organiser en deux ou trois mois maximum et on peut aller tranquillement à l'élection présidentielle avec un nouveau gouvernement de transition et une vraie instance indépendante de l’organisation et de contrôle des élections qui se chargera de s'assurer de l'actualisation du fichier électorale, du dispositif de surveillance des bureaux de vote et de celui de la proclamation des résultats. On a bien vu que le hirak brandir des pancartes où il demande de recourir à l’article 7 et 8 , vrai ou pas ???

NB : notons bien, que pour la Constituante ou les amendements de certains articles de la Constitution actuelle, dans les deux cas on doit obligatoirement recourir, au final, au référendum populaire. Alors pourquoi compliquer les choses et prendre le risque d'aller vers une situation incertaine et dangereuse avec l'option de la Constituante. Ceci étant, une fois la situation politique stabilisée, une fois le pouvoir militaire contraint par la rue de remettre le pouvoir au civil, on peut très bien prendre le temps de réfléchir à une Constituante (ce processus constituant est toujours plus long) dans la perspective d'un chamboulement total du système politique, de la gouvernance et de la mise sur rail d'un vrai Etat de droit, d'une société moderne, juste, équitable où la citoyenneté reprend ses droits et son vrai sens.

Voilà ce que nous avions à dire et que les autres nous donnent leur solution argumentée …pour nous convaincre du contraire !

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