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TRIBUNE

Algérie : Est-ce le temps des dictateurs ?

Nous sommes le 22 juillet 1979 : Saddam Hussein, responsable du parti Baâth irakien, monte calmement sur la tribune d’une grande salle de conférence du parti Baâth, sous les applaudissements de ses supporters ; il s’approche du micro, parle peu puis sort une feuille de sa poche et appelle une liste de noms, en leur indiquant la sortie au fond de la salle.

Les hommes appelés quittent leur siège les uns après les autres. Après leur sortie entre deux gardes, Ils sont immédiatement ceinturés par ses hommes. Ils ne reparaîtront jamais vivants ; ils seront 22 à être exécutés immédiatement, sans autre forme de procès !

Ce rappel du pouvoir absolu par la terreur et dans le sang, de celui qui a détruit son pays à cause de sa mégalomanie et de son rêve de grandeur baâthiste de ‘’la nation arabe’’ est nécessaire pour clarifier ce qui se déroule aujourd’hui en Algérie.

Une prise de pouvoir par effraction vient d’être réalisée par l’état-major de l’ANP (ou une partie de celui-ci) en profitant de l’opportunité offerte par le mouvement populaire du 22 février, après la débâcle du clan Bouteflika. La suite n’est qu’une succession d’opérations politiques et médiatiques afin de neutraliser ce qui reste du clan /Issaba et de casser le mouvement populaire, le Hirak, en tentant de l’accompagner vers... une impasse.

L’objectif ultime est le renouvellement du système, avec d’autres acteurs, pour continuer la prédation, avec l’expérience en plus.

La tentation d’instaurer la dictature en Algérie, avec le paravent constitutionnel, vient du modèle ou univers mental d’une partie importante de la haute hiérarchie militaire.

On peut avancer, sans risque de se tromper, que Saddam Hussein constitue leur modèle, leur porte-drapeau dans le moule de l’arabo-islamisme dominateur, avec le prestige qui lui était attribué à l’époque : contrôler totalement l’économie de la rente pétrolière, développer une industrie militaire puissante, damer le pion à l’Occident, tout en achetant sa technologie et ses armes, et mener une OPA sur les micro-monarchies du Golfe, jugées rétrogrades et passéistes. 

Pour ses adeptes algériens, qu’on peut qualifier de ‘’petits Saddam Hussein’’, l’invasion coloniale du Koweït, le massacre des milliers de Kurdes (5000 Kurdes gazés à Halabja en 1988), la guerre suicidaire contre l’Iran et la terreur généralisée instaurée sur le peuple irakien ne seraient que de simples erreurs stratégiques de Saddam.

Ainsi, les déclarations successives du chef d’État-Major depuis quelques mois, à partir des casernes du pays, ne sont pas du tout des improvisations. C’est une stratégie réfléchie, avec ses équipes, pour avancer dans cette voie. Un général plus jeune, plus présentable, serait probablement en cours d’échauffement en coulisses pour prendre le relais du patriarche, dans quelques semaines.

A côté de toutes les autres tares du baâthisme, le pivot de l’idéologie baâthiste, appliquée à l’Algérie, est bien évidemment la manipulation de l’histoire et l’uniformité décidée de la nation algérienne, déclarée une fois pour toutes ‘’partie de la nation arabe’’ : il n’y a pas d’Amazighs arabophones (darjophones), pas de Kabyles, pas de Mozabites, pas de Chaouis, pas de Touaregs, etc… il n’y a que des Arabes islamiques sunnites.

La vision de l’État-Major de l’ANP pour l’Algérie, ou du moins son premier responsable, se concrétise au fil des jours par toute une série d’actions convergentes depuis plus de six mois : 

  • Ralentir la croissance du mouvement de dissidence populaire en suscitant des divisions (le coup de l’interdiction du drapeau amazigh et l’emprisonnement de dizaines de personnes aujourd’hui pour délit imaginaire est une illustration du haut degré de perversion atteint par les dictateurs).

  • Monopoliser la légitimité nationaliste et exclure (excommunier) ceux qui ne jouent pas leur jeu et n’adhèrent pas à leur tactiques par des élections présidentielles « dans les meilleurs délais » (sic!) ; la devise : toujours surprendre l’ennemi, c’est dans la stratégie militaire (ici, l’ennemi c’est le peuple). 

  • La répression tout azimut et les provocations ; c’est connu, pendant qu’on court pour faire libérer les prisonniers, on ne réfléchit pas à l’action et à l’offensive ;  

  • Le détournement de la technologie pour la surveillance électronique des réseaux sociaux et les manipulations de l’opinion par des contre-discours construits (blocages de sites d’information, activation de mouches et autres subterfuges).

  • L’utilisation calculée d’anciens hommes politiques dans les médias pour orienter l’opinion nationale (3). 

  • L’occupation du terrain par des initiatives contrôlées afin de bloquer et court-circuiter les initiatives populaires en cours de formation (interdiction des regroupements de l’opposition démocratique, interdiction de l’université d’été du RAJ, etc.).

  • L’injonction faite au président intérimaire d’organiser des élections ‘’dans les plus brefs délais’’, avant la fin de 2019.

Un constat d’échec pour le système. 

Tout cet arsenal d’actions/manipulations ne suffit apparemment pas à faire basculer l’opinion publique vers le choix des généraux pour perpétuer le système. Il leur faut trouver autre chose : l’élection d’un président de la république-pantin ou dictateur en second, dans la précipitation !

Cette précipitation pour passer en force est suspecte. Elle n’est pas du tout dictée par les indicateurs économiques qui se dégradent comme ils le prétendent. 

La clé de cette précipitation est ailleurs et la création cette semaine de l’autoritaire d’organisation des élections avec le même personnel que le ‘’panel’’ décrié par le peuple en est une illustration. Elle s’inscrit dans la bonne vieille recette politique du « il faut que tout change pour que rien ne change » (4)  : la loi électorale actuelle, qui ne sera probablement pas modifiée sur ce point, ne donne pas le chiffre minimum de suffrages en dessous duquel est invalidée une élection présidentielle. Par conséquent, dans le cas où il y aurait vote, à supposer sans fraudes, les généraux peuvent faire passer qui ils veulent avec seulement 1,2 % de la population, c’est-à-dire seulement avec le vote des casernes et de la police (un votre transparent bien sûr ! Où Il n’y aurait qu’un seul bulletin à côté de la boîte, celui de leur candidat).

Il est fort probable que les dizaines de millions d’Algériens mobilisés et unis ne se laisseront pas voler encore une fois leur Algérie par les admirateurs de Saddam Hussein et d’autres dictateurs. 

En 1962 déjà, le vol avait été commis par les admirateurs de Djamal Abdel Nasser.

A.U. L.

Notes et liens :

(1) Vidéo de Saddam Hussein lors de la purge du 22 juillet 1979. Lien vers youtube : Saddam Hussein’s very public purge. https://www.youtube.com/watch?v=kLUktJbp2Ug

(2) Dans sa surenchère islamiste afin de mobiliser les musulmans dans sa guerre contre d’autres musulmans Iraniens chiites, Saddam Hussein a modifié le drapeau irakien en lui ajoutant l’inscription « Allah Akbar » (Dieu est grand). Après tous les événements dramatiques vécus par l’Irak depuis, l’inscription de Saddam sur le drapeau irakien est toujours là.

(3) Notamment la dernière sortie de l’ancien ‘’porte-parapluie’’ de Chadli Bendjedid, puis premier ministre, qui intervient tous les dix ans comme ‘’porte-chuchotement’’ supposé d’une partie de l’armée algérienne.

(4) « Il faut que tout change pour que rien ne change », ouvrage de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, in. Le Guépard de Visconti.

Auteur
Aumer U Lamara, physicien, écrivain.
 

Commentaires

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Hasbuna Allah wa ni3ma al-Wakîl
 
Pendant que le Hirak fait le poisson globe et pratique la stratégie du gonflement et joue à la grenouille qui veut se faire aussi grosse qu'un bœuf , Larmi multiplie artifices et leurres et joue à la bataille en se défaussant de ses petites cartes sans besoin de sortir le grand jeu comme si le Hirak n'était pas son problème , à peine un obstacle insignifiant, elle pratique la stratégie de l'évitement. C'est à se demander Si le Hirak mérite l'enthousiasme qu'il a suscité en nous ou si c'est nous qui ne méritions pas les espoirs qu'il a portés. Match nul : zéro partout.

Moua qui ne suis ni pour le Pouvoir, ni pour le Hirak, ni pour l'opposition, ni contre d'ailleurs, bien au contraire, je regarde de loin tout ce remue-méninges avec des yeux divergents .Alors que tout ce que compte notre piyi de sachants a inondé le Matin-Dized de tout ce qu'ils avaient de sachience sans lui faire bouger une à Gaid Salah qui reste , droit dans ses bottes, imperturbable .

Non Moua je tmenyek kane , je ne fti pas du minbar et je suis con-scient de mon inutile minus-culité.

Je sais que Hend Uqaci ne sera pas gravé dans les martyrologes au coté de Si Qeddour Ena3imi sur les monuments qui seront érigés à la gloire du Hirak et ça me désole autant que la perte de mon prépuce , enterré il y a swassata , avec tambours et trompettes , dans le jardin de mon père sous un oranger.

Bessah atansyou, balek, jdi pas que le peuple ne peut rien, bien au contraire . Je sais qu'il est capable du pire et qu'il peut renverser la table et chier dans la marmite . La Syrie, l'Irak, la décennie noire. Je sais qu'une déferlante populacière peut tout emporter. Wayhoudène yella ! Et c'est d'ailleurs cette hantise qui en filigrane active les contributeurs de toutes les zaouias des sachants.

Non , je ne dis pas que moua j'ai une quelconque empathie pour ces bouillonnements populeux. Je ne dis pas non plus que je suis totalement frigide au point que quand je regarde toutes ces processions gigantesques du vendredi ça ne me fait pas du tout bander. Sauf que je ne suis pas atteint de priapisme comme Si Qeddour , chez moua ça ne dure que le vendredi qblel l3assar. Iwi, la bandaisson, ça ne se commande pas a Ddada ! Koulchi bi idni leh.

Ontoulika moua , sans être un paria , je ne peux pas me mettre dans cette posture de ma3ak ya cha3b enome dhalimoun oula madhloumoun.

Choufouni ya nas je fais bouger les lignes rien qu'avec les mots et comment je soutiens la populace avec les forces de l'esprit .

Il me vient à l'esprit cette définition des experts : « des gens qui viennent nous expliquer après coup ce qu'ils ont été incapables de comprendre pendant. »

Dans quelques mois , ils viendront tous avec arrogance et aplomb nous faire la leçon et nous diront combien ils ont été avisés et prévenants et nous convaincre que c'est nous qui n'avions rien compris parce que nous étions sonnés par notre engouement pour le Hirak. Ils nous diront, toute honte bue, qu'eux ils avaient tout vu et qu'ils n'ont cessé de nous avertir de ne pas nous emporter pour le Hirak. Et je ne parle pas de ceux qu'on a vu à l'oeuvre qui ont lamentablement échoué et qui reviennent nous administrer des leçons. Bien lavé ça ressert, disent les joyeux cocus. Non, je ne donnerai ni les noms de Sadi et de Hamrouche ni ceux de Tabou et de Bouchachi.

Les intellectuels, mon luc ouais !

Je parie qu'aucun de ces intellectuels ne souhaiterait que son destin dépende de la volonté du Hirak, même s'ils vomissent le Pouvoir. Ce dont ils savent pertinemment qu'il ne se produira jamais. C'est d'ailleurs l'unique raison pour laquelle ils le soutiennent. Et plus que tout ça ils savent ce que donnera un Hirak au pouvoir. Ils savent que les bases idéologiques et économique (rente et religion) qui sont toujours persistantes et qui règlent le moindre instant de vie de cette populace seront toujours une entrave à ce qu'ils prêchent. Et que les conditions sociales, culturelles , et économiques ne sont en vérité réunies que pour la reproduction de l'état actuel, ou pour le pire.

En attendant ils s'extasient sur le Hirak qui lui n'arrête pas de faire la démonstration qu'il ne produit rien qui puisse le conduire où il nous dit qu'il va. Comme Forest Gump, ils marchent , ils marchent , ils marchent , sans forcément aller quelque part.

Les zébreux d'habitude si impatients qu'ils ont dû se faire un veau pour se sustenter pendant que Moïse s'était absenté quelques minutes, à peine, pour que Dieu lui grave les tables de la loi , ont accepté de le suivre pendant quarante dans le désert. Karanta ya boureb !

Nos intellectuels aussi suivront le Hirak tout le temps qu'il faudra. Même s'il ne va nulle part. Comme pour le mec de Colluche : «  T'as des mecs, ils passent sur le pont de l'Alma. Eh bien y aurait pas d'eau en dessous ils passeraient quand même. »

  Pendant que que K. Younes grave les tables des futures lois qui régiront notre destin, le Hirak lui continue à invoquer les foudres du ciel qui s'abattront sur tout ce qui ose émettre un autre son qui sortirait de ses psalmodies rituelles du vendredi.

A lire nos éminences qui n'en ont que pour le Hirak tout ce qui se passe autour et ailleurs ne compte pas. C'est du Hirak que viendrait notre bonheur ou pas. Même si les faiseurs de rois et les vrais maîtres du temps eux ne font pas que dans les implorations.

Le peuple par ci, le peuple par là, comme ci une fois dit on aurait forcément raison. Et pourtant ils voient bien que depuis bientôt sept mois que le peuple processionne sans autre résultat que les promesses de revenir le vendredi d'après pour ressasser les mêmes litanies.

Hassoun Pandore nous guette et menace : faman, ya3mal mithqala dharratin khayran yarrah wa man ya3mal mithqala dharratin sharran ad youqa3 ouwazwaz-is.

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Je pense que ce journal soutiens tous qui aiment pas l'Algérie.. je vous conseille de parler avec les gens dans les rues des 48 wilaya.. vous aller voir la réponse.. le peuple algérien avec son armée et avec el gaid Salah.. tous unis contre issaba et le reste de la France

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Le baathisme n'a jamais été autre, qu'une forme de fascisme. Ce serait trop grave que des Algériens en soient encore adeptes.

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