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DESINTOX

Constat du FMI : l’Algérie dépense plus qu’elle en gagne           

Chaque demi-heure, un spot sur les médias lourds  publics pour ne retenir sur la langue conférence faite par la mission du FMI qui a séjourné à Alger du 27 février au 12 mars de l’année en cours qu’elle "partage le même diagnostic avec les autorités algériennes, un diagnostic commun et relativement simple". Mais alors sur quoi ?

L’Algérie ne maîtrise plus ses dépenses et les mesures que l’exécutif vient de prendre risquent d’aggraver les déséquilibres budgétaires. En termes simples, la mission conduite par Jean-François Dauphin n’est pas satisfaite de cette façon de résorber le déficit budgétaire par la planche à billets mais préconise comme elle l’a fait avant un financement conventionnel qui se traduirait par la vente d’actifs publics, ligne rouge tracée par le "Président de la République", à l’exécutif Ouyahia.

Pour le FMI, l’Algérie restera confrontée à des défis importants par la baisse des prix qui semble s’installer dans le temps. Les mesures prises dans le cadre du plan d’action de l’exécutif pour ajuster le budget 2017 n’ont pas été suffisantes pour la simple raison visible à l’œil nu "les déficits budgétaires et comptes coûtants demeurent désormais élevés". Les réserves de change ont perdu 17 milliards de dollars pour s’établir à 96 milliards de dollars, hors DTS bien entendu et tout cela en une seule année.

La mission constate désormais un ralentissement de l’activité économique globale hormis celle hors hydrocarbures qui est restée quelque peu stable. L’inflation, certainement officielle, prise sur les données fournies par l’ONS a diminué de 0,8% passant de 6,4% en 2016 à 5,6% en 2017. Les mesures prises dans le cadre de la nouvelle stratégie macroéconomique notamment sur le court terme par une incitation au financement de la stimulation de la croissance et de la création d’emplois par la Banque d’Algérie voire même le renforcement de la barrière à l’importation peuvent s’avérer contre-productives pour les activités économiques. Si elles ne sont pas ciblées ; ce qui semble difficile, elles peuvent bloquer la machine industrielle par manque d’input et enflammer les prix à la consommation par la spéculation et l’artifice de la "débrouille".

Pour Jean-François Dauphin, qui a fait il n’y a pas si longtemps un diagnostic très positif, au Maroc préconise à l’Algérie presque les mêmes recommandations qu’il a toujours fait:

- Améliorer le climat des affaires en allégeant les lourdeurs bureaucratiques,

- Renforcer la gouvernance économique, la transparence, et la concurrence,

- Améliorer l’accès au financement et développer les marchés de capitaux,

- Ouvrir l’économie aux échanges commerciaux et aux investissements étrangers,

- Améliorer le fonctionnement du marché du travail tout en assurant la protection appropriée des travailleurs, et garantir la bonne adéquation entre les qualifications assurées par les systèmes d’enseignement général et professionnel, et les compétences recherchées par les entreprises   

En somme, la mission recommande à l’Algérie de ne pas avoir peur de l’endettement extérieur pour peu qu’il soit utilisé dans le circuit productif et non pour celui de fonctionnement. De faire un pas pour s’en passer de la règle 49/51 imposée aux IDE.     

Contrairement donc au message que veulent passer les autorités à travers les medias lourds, les points de vue exécutifs/FMI sont paradoxales du moins jusqu’aux élections de 2019. D’ici là, la planche à billet continuera de tourner.

 

Auteur
Rabah Reghis, consultant, économiste pétrolier