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TRIBUNE

De la Kabylie, du pouvoir et du reste du pays…

« Si la langue de tes gouvernants n’est pas celle de ta mère, sache que tu es colonisé ! » Karim Akouche

Une fois n’est pas coutume, La chronique de Nour-Eddine Boukrouh n’inspire aucune antipathie, ni quelconque animosité. Elle incite, au contraire, à un débat de fond.

Oui, le Hirak a démontré que le peuple était uni malgré les divisions et l’ostracisme dont le pouvoir a toujours voulu plonger la Kabylie. Une Kabylie rebelle toujours en ébullition du fait que le pouvoir a toujours voulu formater cette région pour la rendre docile, à l’image du reste du pays. 

Mais, ne nous y méprenons pas, ce n’est pas par manque de lucidité ou de courage que les autres régions ne sont pas aussi revendicatives, mais la rupture avec le pouvoir est moins prononcée. Et le pourquoi du comment se résume par la formule de Karim Akouche.

Concernant les élections, encore une fois, il est utile de rappeler les chiffres dont le pouvoir s’est toujours contenté et dont il se contentera pour les rendez-vous à venir.

Les piliers solides sur lesquels repose la petite "famiglia revolutionnaria", et grâce auxquels le système a atteint un état d’équilibre si stable qu’aucune force, aucune tempête, ni aucun ouragan ne peut le faire vaciller de la moindre perturbation, sont les suivants :

- 400.000 soldats, ayant prêté serment de fidélité.

- 200.000 policiers, grassement rémunérés, devenus experts ès-matraques.

- 140.000 gendarmes, en alerte permanente, kalachs en mains et doigt sur la gâchette,

- 2.000 000 soutiens indéfectibles (signatures faisant foi) parmi des civils acquis corps et âmes à la « cosa famiglia » des FLiN-tox.

Un calcul rapide permet de déduire qu’en incluant les proches et les familles des corps précédents, le pouvoir peut tabler sur un taux de participation de 10 à 15% pour chaque rendez-vous électoral. C’est largement suffisant pour gonfler ce taux à à 40% ou 50%et se maintenir au pouvoir ad-vitae-aeternam 

Qui peut prétendre contrebalancer une telle tribu ? Sommes-nous tentés de nous interroger.

La question qui se pose est : comment rallier tout ce beau monde au mouvement citoyen quand on sait que la khobza dépend de leur soumission au pouvoir d’en haut ?

Quant à l’Algérie sans la Kabylie, c’est comme un corps sans poumons ! Il ne peut pas respirer !

Pour le reste, on peut toujours s’avancer sur des analyses complémentaires, mais il ne faut pas perdre de vue que la maffia au pouvoir jouit d’un soutien indéfectible : la France. Entre anciens et nouveaux colons où est la différence de forme et de fond ? Mis à part que comme dit Fellag, les nouveaux sont si bien mélangés avec le peuple qu’on ne peut plus les discerner.

Auteur
Kacem Madani