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REGARD

De nos camarades emprisonnés

Voilà qu’un vénérable maquisard de 86 ans, le valeureux Lakhdar Bouregâa, se met en grève de la faim quand de vieux généraux dinosaures repus aux pétrodollars et rompus à la politique des pickpockets dans les poches de l’Etat continuent à nous gouverner par peur de perdre les kilos qui ceignent leur uniforme et les tonnes de dorures volées qui reluisent leurs galons.

Lakhdar Bouregâa, Louisa Hanoune, Karim Tabou, Fodil Boumala ou encore tant d’autres anonymes qui croupissent dans les geôles de Gaïd Salah sont, quant à eux, le symbole de tout ce dont ce régime totalitaire craint : la liberté qui élève l’âme, la lutte qui honore tous les braves de ce pays. 

J’ai honte pour mon pays et j’ai peur pour notre peuple dont la lutte pour sa liberté se voit à tous les jours réprimer de la façon la plus clastique. Pour nos frères, nos sœurs, nos pères, nos mères, nos aîné(e)s, ou encore nos enfants qui rêvent de liberté alors que nos Généraux jouent à l’enfant-roi, celui qui tient à son gadget comme eux s’échinent à nous faire plier sous leurs infâmes lois, résistons. 

Aucun de nos compatriotes épris de liberté ne doit mourir dans leurs sinistres geôles. Aucun de nos valeureux opposants ne doit s’éteindre sans avoir humé l’air de liberté qu’il nous manque tant, au point où nos jeunes, au risque de laisser leur vie, préfèrent se jeter dans des embarcations de fortune pour fuir l’horizon funèbre qui les guette dans le pays. Ne laissons pas mourir nos ami(e)s, nos camarades de lutte, nos pères d’armes et nos mères de tous les drames qu’ils nous ont affligés. Ceux qui sont dans les prisons de Gaïd Salah nous regardent avec l’âme du martyr qui n’a dans son cœur que le rêve de voir un jour le pays se relever de ses cendres pour bâtir une vraie démocratie. Said Mekbel, dans son dernier billet "Ce voleur qui..." que l’on peut qualifier de prophétique, disait ceci : 

Ce mauvais citoyen qui traîne au Palais de justice, attendant de passer devant les juges, c’est lui.

Cet individu pris dans une rafle de quartier et qu’un coup de crosse propulse au fond du camion, c’est lui.

C’est lui qui, le matin, quitte sa maison sans être sûr d’arriver à son travail. Et lui qui quitte le soir son travail, sans être certain d’arriver à sa maison.

Pour eux, restons solidaires. Pour eux, restons frères. Pour eux restons fiers d’avoir fait le choix de l’insoumission quand d’autres font allégeance pour des élections. Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune sont leur dernière carte à jouer. C’est leur seul rempart avant de voir la digue de Gaïd Salah plonger dans les profondeurs abyssales qui ont fait d’eux des maîtres, des traîtres de l'idéal populaire. 

Face à eux, n’abattons aucune carte, ne jouant à aucun coup de poker. Laissons les jouer seuls. Ils sont les seuls à savoir manier la roulette russe. Ils sont les seuls à savoir mélanger toutes les cartes pour faire sortir, comme par magie, leur carte. Leur cadre !

Aucun Homme-président en Algérie n’a incarné un choix politique, un projet de société ou une destinée nationale, mais tous les régimes se sont incarnés dans ces hommes que le peuple n’a jamais choisi.  Il suffit de voir les pancartes que brandissent les manifestants ‘’ le 12 décembre, pas de cinquième mandat’’. On pourrait dire, avec raison, que le 12 décembre, est le énième mandat que ce régime militaire cherche à vilipender.

Si Gaïd Salah laisse encore une seule âme périr dans ses geôles, ça sera encore une âme de plus, de trop qui souillera à jamais l’histoire sanguinolente de cette "mafia des généraux" qui a pris en otage le pays. 

 Ne les craignons pas. La peur est l’arme du fasciste quand la grogne monte et que les discours dithyrambiques ne suffisent plus pour faire taire la révolte. Croyez-moi, nos luttes ne resteront pas vaines. Les années de lumières jailliront de ces luttes-là; de la décennie noire dont ils sont artisans, de tous les printemps noirs dont ils sont comptables et d’octobre 88 dont ils sont coupables.  

 

Auteur
Mohand Ouabdelkader
 

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