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POLEMIQUE

Des Algériens bloqués à Roissy : pourquoi les autorités ne réagissent-elles pas ?

Stress, déprime, colère et dégoût, tel est le moral de vingt-cinq Algériens bloqués depuis trois semaines à l'aéroport de Roissy, en France.

Venus du Royaume-Uni, où ils résident, ces derniers souhaiteraient regagner l’Algérie, leur pays d’origine, quand ce dernier a décidé de fermer un peu plus ses portes, à cause de l'apparition du variant britannique du Covid-19.

Enfants en bas âge, femmes en état de choc, pères de famille ayant tout abandonné, rien que pour revenir à leur terre-patrie, une vieille malade, un cancéreux, un jeune qui est, paraît-il sans papiers, tous n'ont trouvé de gîte que dans la zone internationale de l'aéroport, survivant à leurs propres frais, alors que l'espoir de leur embarquement vers l'Algérie s'amenuise de jour en jour.

Ne pouvant ni entrer en France ni revenir en Grande Bretagne ni  moins encore rejoindre l'Algérie, ces malheureux ressortissants passent leur temps à subir l'arbitraire administratif des autorités sans aucune assistance morale, matérielle ou juridique. Et pourtant, disent-ils, depuis leur arrivée à l'aéroport de Roissy, nombre de leurs concitoyens ayant emprunté, bien plus tard, le même itinéraire ont pu embarquer sur les avions de rapatriement de "Air Algérie".

Du coup, ils s'interrogent sur les raisons de ce double traitement vis-à-vis des mêmes Algériens, pourtant, sur le plan de la loi égaux en droits et en devoirs. Et puis,  pourquoi le consulat algérien, dont le représentant officiel s'est déplacé maintes fois sur place n'a-t-il pas réagi ? Ne s'agit-il pas de l'intérêt du citoyen et de l'image du pas en général?

Pourquoi tout ce mépris? Il est vrai que la situation de ces ressortissants, livrés à eux mêmes plus de trois semaines, est dramatique, car, outre qu'ils dorment à même le sol, ils n'ont droit qu'à des douches payantes et les associations ne peuvent guère leur venir en aide, faute de permission (l'accès à la zone internationale n'est possible que dans le cas de déclaration de voyage).

A qui se plaindre, dans ce cas-là, surtout que toutes les portes leur sont fermées au nez ? Où est l'Etat ? Où est le consulat ? Où sont les représentants officiels de l'Algérie à l'étranger ? Notre diaspora mérite mieux que ce traitement dégradant et humiliant, lequel ne fait que l'exaspérer.

Enfin, le cri de détresse de nos concitoyens n'a d'égal que ce sentiment de hogra qui les accable, et nous montre à nous tous par ricochet que le chemin vers l'Etat de droit est encore long.    

Auteur
Kamal Guerroua