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COMMENTAIRE

Diplomaties algérienne et tunisienne : les vaccins de la discorde !

Il y a quelques jours, le ministre des Affaires étrangères de la Tunisie Othmane Jerandi avait affirmé avec détermination que l’Algérie partagera les lots du vaccin Spoutnik-V qu’elle compte acquérir bientôt de la Russie avec ses frères tunisiens en signe de solidarité.

Cette déclaration reprise par plusieurs journaux tunisiens et algériens a été bien accueillie des deux côtés. Pourquoi ? Parce que cette nouvelle n’a pas été donnée par n’importe qui, mais par un diplomate chevronné qui "d’ordinaire fait tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler". (01)

En dépit des rétropédalages, cette déclaration ne semble souffrir d’aucune imprécision. "Le ministre algérien des Affaires étrangères m’a assuré que son pays n’a pas encore reçu ledit vaccin. Toutefois, il m’a assuré que dès la réception des premiers lots, ces derniers seront partagés avec la Tunisie", ajoute la même source. Laissant entendre par là qu’il y a bien eu une promesse de la part du premier diplomate algérien.

Le ministre tunisien des Affaires étrangères a fait cette révélation à la presse présente au palais de Carthage après une séance de travail avec le président tunisien Kaïs Saïed. On suppose donc qu’il a dû l’informer de cette bonne nouvelle de son homologue algérien pour le rassurer d’un début de vaccination des Tunisiens dans les prochains jours.

Il a en outre précisé qu’il s’agit bien d’une demande faite par lui-même à la diplomatie algérienne de fournir des doses du vaccin anti-Covid-19 aux Tunisiens "confrontés à une crise économique et sociale sans précédent". Il avait souligné en outre que "c’est le président Abdelmadjid Tebboune lui-même qui a fait part de cet engagement à son ministre. Cela ne fait que confirmer l’étroitesse des liens qui unissent nos deux pays frères."

Le gouvernement algérien nuance ces dires

Le porte-parole du gouvernement algérien, Ammar Belhimer a dû «rectifier » (02) ces propos du diplomate tunisien qui a dû mal comprendre que ce partage des vaccins ne se fera pas dés son arrivée avec la Tunisie mais à «la disponibilité de quantités suffisantes de l’antidote".

Cette quantité de vaccins n'est pas encore réceptionnée par l’Algérie elle le sera selon lui vers la fin de janvier et "si une quantité est en surplus par rapport au besoin national en vaccin, l’Algérie, comme à son accoutumée, ne ménagera aucun effort à aider les pays frères dans le besoin; et à accéder à leur demande sur ce point." 

Cette réponse très tangentielle selon toute vraisemblance à la lecture de ce papier, n’a pas été du goût de la presse tunisienne qui en veut désormais au premier diplomate de faire des annonces sans sa formalisation effective avec celle Algérienne.

Normalement dans les conditions normales, c’était au porte-parole des affaires étrangères algériennes de  « rectifier » Si réellement cela ne s’est passé comme le rapporte ce quotidien tunisien.

Face à cette confusion pour un problème aussi grave que celui sanitaire, on peut se demander si  Ammar Belhimer n’aurait-il pas déjugé son collègue des Affaires étrangères ? Ou s’agit-il d’un manque de coordination entre la présidence et son gouvernement ?     

Rabah Reghis

 Renvoi

(01)-https://www.leconomistemaghrebin.com/2021/01/19/algerie-vaccin-russe-la-solidarite-a-ses-limites/

(02)-ttp://www.lexpressiondz.com/nationale/la-grande-confusion-339933

Auteur
Rabah Reghis