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Opinion

Du Rif à la Kabylie : l’invariant amazigh

Nous aurions pu adopter le style politico-diplomatique pour parler du phénomène diffractif de l’Etat « maghrébin » mais nous avons choisi de voir les choses autrement que la logorrhée des militants et autres carriéristes qui aspirent se voir profiler les avantages fastueux du palais royal ou de la résidence présidentielle.

Nous tenons pour preuve les déclarations des fonctionnaires de deux Etats qui s’attribuent sans vergogne les honneurs de la souveraineté populaire. Pour rappel, le personnel politique des deux Etats voisins nous ont accoutumé des déclarations intempestives pour faire monter la surenchère au point d’alimenter la guerre des mots à la place d’une confrontation armée qui ne peut avoir lieu parce que précisément les deux puissances régionales du Maghreb sont affaiblies de l’intérieur.

Donc, l’illusion d’une guerre est entretenue par des mots du plus offrant de la surenchère. On y arrive lorsque le représentant du Maroc au Nations unies soulève le problème des droits des Kabyles à l’autonomie en oubliant que le royaume est confronté au même problème avec les Rifains.

Il omet de parler des militants rifains qui sont incarcérés dans les sinistres prisons marocaines, legs de feu roi Hassan II.

Le bât qui blesse se situe au niveau de la réponse du ministre algérien des Affaires étrangères qui malicieusement de peur de l’ouverture de la boite de pandore qu’est la question amazighe ne répond pas de la même manière en omettant volontairement le vieux problème du Rif.

Le choix d’intercéder en faveur des Sahraouis en rappelant la question coloniale qui est un pur artefact diplomatique de la géopolitique et qui de surcroit ne règle rien si ce n’est de maintenir sous contrôle les populations des deux pays qui aspirent à vivre dans la dignité.

En soi, la diplomatie et son langage nécessitent une inspection des modes d’emploi des usages politiques pour expliquer les difficultés des autonomistes : Catalogne, Corse, Rif, Kabylie, etc. Dés lors et tant que des deux Etats ne respectent pas les droits élémentaires des citoyens en réprimant les délits politiques, l’opinion de deux pays ne peut en aucune façon s’énorgueillir du "meilleur Etat possible" même si les techniciens de l’ingénierie sociale au Maroc font mieux que leurs homologues algériens.

De facto, les prisonniers politiques dans les deux pays se comptent par centaines. En l’occurrence, ce sont ceux du Hirak qui défendent la culture amazighe qui sont le plus souvent châtiés.

Fatah Hamitouche

Auteur
Fatah Hamitouche