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REGARD

Elizabeth II autorise Boris Johnson à suspendre le Parlement, un rappel de droit 

La reine Elizabeth II vient de donner son accord à Boris Johnson pour qu’il suspende le Parlement. C'est un acte fort dans un pays où la reine n'a aucun rôle gouvernemental. Alors quel est le sens de ce jeu que nous ne comprenons pas toujours, vu de nos pays où le chef de l’État a tous les pouvoirs exécutifs ?

Boris Johnson vient de demander l'autorisation de suspendre le Parlement pour une période allant du 9 au 14 septembre. La suspension, appelée « prorogation », a pour but d'ouvrir une nouvelle étape parlementaire après une fermeture décidée par le Premier ministre et autorisée par la Reine.

La prorogation est donc un acte banal lorsqu'il y a un changement de Premier ministre. Cela permet, notamment, à la Reine son discours d'inauguration.

La reine ne refuse jamais cette prorogation en principe mais ce qu'il y a de particulier dans cet événement est que l'échéance du Brexit est proche, ce qui a scandalisé la classe politique et surtout les membres du Parlement.

Boris Johnson explique que c'est pour mieux préparer la stratégie de sortie mais tout le monde sait qu'il ne veut pas avoir les tumultueux parlementaires dans ses pattes pendant cette période, particulièrement ceux de son parti qui détient la majorité avec le parti, unioniste de l’Ulster.

Revenons donc à ce point de droit sur le pouvoir de la reine. Elle a rang de chef d’État d’une grande démocratie parlementaire mais n'a aucun pouvoir de gouvernement. C'est ce qui nous paraît étonnant de notre point de vue, c'est pourtant la marque du régime parlementaire.

Qu'il soit sous forme de monarchie ou de république, dans un État centralisé ou fédéral, le chef de l’État a une fonction très particulière, sans pouvoir exécutif.

En tant que chef d’État, la reine est la garante des institutions et de la continuité de l’État ainsi que de son incarnation. C'est en quelque sorte une arbitre, au dessus de la mêlée et qui n'est touchée par aucun changement de majorité. Le chef de l’État est donc la garantie d'une parfaite stabilité du pays qui échappe aux batailles politiques du moment, parfois féroces.

En demandant l'autorisation alors qu'elle ne peut refuser (sauf en cas de risque majeur pour le pays), c’est une manière symbolique de dire que la majorité se place en-dessous d’une autorité supérieure qui représente l’ensemble du peuple et la pérennité du pays.

Et lorsque l’État vacille ou fait face à des menaces graves, le chef de l’État est le recours suprême, même si c’est symbolique. Cela s’est passé ainsi pendant la seconde guerre mondiale pour le Royaume-Uni.

Il ne faut donc pas y voir uniquement du folklore et du ridicule désuet mais un profond attachement au système parlementaire. 

Les Anglais l’ont inventé !

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar
 

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