Aller au contenu principal
Body

HUMEUR

Enfin quelque chose qui tourne rond dans ce pays, le ballon !

La dernière fois que j'avais vu un match de la sélection nationale, c'était bien avant la naissance de nombreux lecteurs de cet article. C'était juste avant mon départ d'Algérie en 1975, au stade municipal d'Oran, un match amical contre une équipe en rouge, mon souvenir me joue des tours quant à l'identité de l'équipe nationale adverse.

Depuis cette époque je n'ai jamais porté une attention débordante  à cette équipe si ce n'est une seule exception, le jour de la victoire contre l'Allemagne.

Pourquoi ? Parce que mon militantisme, tout autant que mon statut de prof, ont été horrifiés de la tournure sociale que ce sport allait prendre, un monde de violence, de racisme et de nationalisme dangereux que je ne pouvais accepter. Le vrai sport au profit d'une dictature militaire, un cliché parfait et tellement connu dans le monde des pays soumis.

Ce soir, un message inattendu de mon fils, en poste à Casablanca avec des horaires tardifs, sa société a permis le branchement au match. Je lis sur Watsap son message « Algérie 1 – Côte d'Ivoire 0 ».

Et cela m'a réveillé quelque chose en moi car ce fils né en dehors de l'Algérie, qui ne l'a vraiment pas connue, évitait toujours de m'en parler pour des raisons de douleurs profondes de son père et en connaissance de ses articles virulents.

Pour une fois il venait de ressentir quelque chose de positif de ce pays qui a vu naître ses parents et dont il ne percevait jusqu'alors que le côté sombre.

Alors, de messages en messages, on a suivi le match ensemble, lui sur un téléviseur, moi sur les comptes rendus de Google (Je ne suis pas du genre à m'abonner sur Bein sports pour regarder jouer les pays qui m'ont tellement fait souffrir dans ma vie).

Lorsque le penalty a été raté, voilà que c'est moi qui le réconforte en lui rappelant que le pauvre Maroc en avait également raté un, l'une des causes de son élimination.

Moi, remontant le moral de mon fils parce que l'équipe avait raté un penalty, je ne suis pas prêt de revivre cette scène de si longtemps.

Tout est bien qui finit bien, il semblerait que les Ivoiriens aient également un joueur aux pieds cassés qui rate les penalties. Voilà l'Algérie en demi-finale.

Je ne dirais pas que je regrette tout ce que je reproche au football algérien mais, l'instant d'un match, ils m'ont fait un grand cadeau avec ce partage filial. Enfin quelque chose qui tourne rond dans ce pays.

Mais, faut pas pousser, vous n'allez surtout pas me faire verser une larme d'enthousiasme pour l'équipe qui n'est vraiment pas du niveau de celle de Fréha.

Ah non !

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant
 

Ajouter un commentaire