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FRANCE

Fêtes de fin d'année et commerces : les annonces du gouvernement Castex

Le premier ministre français Jean Castex a tenu une conférence de presse jeudi 26 novembre, lors de laquelle il a détaillé l'allègement du confinement, annoncé mardi par Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron avait annoncé, lors de son allocution du 24 novembre, un allègement en trois phrases du confinement décidé fin octobre pour enrayer la seconde vague du coronavirus. Jeudi, Jean Castex a détaillé les mesures annoncées par le président de la République, en compagnie d'Olivier Véran, ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, Élisabeth Borne, ministre du Travail, et Alain Griset, ministre délégué aux PME. Entreprises, cultures, fêtes de fin d'année… Retour sur les annonces détaillées du gouvernement.

Ne pas baisser la garde

Le Premier ministre a été sans détour dès le début de sa prise de parole : « Il est prématuré de parler de déconfinement. » « Nous ne pouvons pas baisser la garde, notre objectif est de permettre un retour par étapes à une vie plus normale, de vous permettre de passer les fêtes de fin d'année avec vos proches tout en limitant au maximum le risque de reprise épidémique. » Olivier Véran lui a emboîté le pas en affirmant que « l'épidémie n'est pas dernière nous, la seconde vague n'est pas terminée », et qu'il ne fallait aucunement « baisser la garde ».

Les attestations maintenues

Le principe du confinement et des attestations de sortie, élargies à un rayon de 20 kilomètres pendant 3 heures, est maintenu jusqu'au 15 décembre. Il doit être remplacé à cette date par un couvre-feu nocturne de 21 heures à 7 heures au moins jusqu'à la fin du mois de janvier, qui sera toutefois levé lors des soirées de réveillon de Noël et du Nouvel An.

Les déplacements entre régions seront autorisés à compter du 15 décembre, a également fait savoir Jean Castex. Pour les voyages à l'étranger, le Premier ministre a indiqué qu'il était indispensable de « s'informer de l'évolution de l'épidémie » avant tout départ.

Un couvre-feu dès le 15 décembre

Il sera « impératif » de « limiter » le nombre de convives pour célébrer les fêtes de Noël et du Nouvel An en raison de l'épidémie de Covid-19, a averti, jeudi, le Premier ministre, Jean Castex. Le couvre-feu, qui sera mis en place le 15 décembre, sera « levé à titre dérogatoire les 24 et 31 décembre », mais « cela ne veut pas dire que nous pourrons fêter Noël ou le Nouvel An comme les années précédentes », car « ces moments de rassemblements festifs et amicaux, où l'on baisse la garde et porte moins le masque, sont particulièrement risqués ».

« Il est donc impératif que vous limitiez le nombre de personnes à table et évitiez les rassemblements trop nombreux », a-t-il ajouté, en précisant que « des recommandations concrètes » seront annoncées avant les vacances. Mais, pour Jean Castex, il « n'est pas question » que ces fêtes familiales se privent de la présence des aînés, notamment « des grands-parents ».

Les commerces : le protocole sanitaire en vigueur

Un « protocole sanitaire renforcé » voulu comme « simple, lisible » va accompagner la réouverture des commerces et rayons de produits dits « non essentiels » à partir de samedi. Le durcissement de la jauge d'accueil a été confirmé par Alain Griset, passant d'un client pour 4 mètres carrés de surface de vente à un client pour 8 mètres carrés. « Le mobilier, les étals, les rayonnages n'entrent plus dans le calcul et les salariés des commerces ne sont pas comptabilisés », a-t-il précisé.

Cette jauge devra être « appréciée avec bon sens, par exemple, lorsqu'un couple ou un parent, avec son enfant, entrent dans un commerce, ils compteront pour une seule personne », a-t-il encore déclaré. Précaution supplémentaire pour les commerces de plus de 400 mètres carrés : ils « devront prévoir une personne ou un système de comptage pour garantir le respect de la jauge à l'intérieur du magasin », a encore souligné le ministre. Enfin, concernant les centres commerciaux, « la jauge s'applique à la fois pour l'ensemble du centre et pour chacun des magasins ou boutiques le composant », précise Bercy.

Il est aussi « recommandé » d'indiquer un sens unique de circulation « lorsque la configuration du commerce le permet », a expliqué, jeudi, Alain Griset, et les clients « auront une information précise sur la capacité maximale d'accueil et le rappel des consignes sanitaires ». En outre, « les commerces s'engagent à s'assurer du renouvellement régulier de l'air, soit par ventilation naturelle en ouvrant les portes ou les fenêtres régulièrement, soit par un système d'aération mécanique », précise Alain Griset, et « du gel hydroalcoolique devra obligatoirement être mis à disposition des clients à l'entrée du commerce ».

Des horaires élargis dans les commerces

Les professionnels plaidaient que des horaires d'ouverture plus larges permettraient d'étaler les flux de clients, et Alain Griset a confirmé qu'ils pourraient « étendre les horaires d'ouverture jusqu'à 21 heures ». En outre, « nous faciliterons les dérogations pour l'ouverture des commerces le dimanche, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a renvoyé une instruction aux préfets en ce sens hier » mercredi, a indiqué Alain Griset.

L'Alliance du commerce, qui rassemble l'Union du grand commerce de centre-ville, la Fédération des enseignes de l'habillement et la Fédération des enseignes de la chaussure, a demandé dès jeudi « aux préfets d'autoriser en urgence l'ouverture des commerces fin novembre, et les dimanches de décembre et janvier ». Toutefois, Jean Castex a précisé que le sujet était « à l'étude » pour janvier, le travail dominical étant « régi par des lois ». « Autant nous pouvons agir pour le mois de décembre, mais ce sujet mérite d'être juridiquement affiné pour janvier », a expliqué le Premier ministre, qui indique que le gouvernement travaille sur le sujet « avec les partenaires sociaux ».

Enfin, Bercy précise que « les commerces sont invités à proposer des créneaux horaires de faible affluence pour les personnes vulnérables », une démarche qui « peut être facilitée par la mise en place d'une information sur les heures de forte affluence ». Le ministère précise aussi que « la prise de rendez-vous est notamment recommandée pour la vente accompagnée et peut, de manière générale, être une solution pour éviter la constitution de files d'attente », mais n'est pas obligatoire.

Reprise des offices religieux

Jean Castex a confirmé que la jauge pour les offices religieux serait « d'abord [de] 30 personnes » maximum à partir de samedi, mais a assuré qu'elle évoluerait « progressivement » et pourra tenir compte de la « capacité globale d'accueil » du lieu de culte. La reprise des cérémonies religieuses avec public, suspendues pendant le confinement, « ne peut être que progressive », a déclaré le Premier ministre. « Ces lieux accueilleront d'abord 30 personnes, dans le respect des règles sanitaires », a-t-il poursuivi. « Puis cette jauge évoluera progressivement, en fonction de la situation sanitaire et de l'échéance du 15 décembre », selon lui.

« Comme d'autres établissements recevant du public, il pourra s'agir d'une jauge en fonction de la capacité globale d'accueil du lieu », a encore déclaré Jean Castex, précisant que « les discussions se poursuivent avec les autorités religieuses ».

Réouverture des salles de cinéma jusqu'à 21 heures

À partir du 15 décembre, séances de cinéma et spectacles pourront se tenir, mais « devront se terminer à 21 heures », heure du couvre-feu, a indiqué, jeudi, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot. « Les projections [de cinéma] et spectacles devront se terminer à 21 heures, les gens pourront rentrer sereinement chez eux avec leur billet, servant de sauf-conduit ou preuve [justificatif en temps de couvre-feu], mais il n'y aura pas de souplesse sur l'heure de fin du spectacle ; opéra, théâtre ou cinéma », a précisé la responsable politique.

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Avec AFP