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TRIBUNE

France : Islamophobie, le filet de camouflage des islamistes

Une marche a été organisée ce dimanche à Paris contre l’Islamophobie, réunissant 13 500 manifestants environ. Cela fait suite aux deux événements survenus récemment en France : un élu du Front National demande à une femme voilée se trouvant dans le public, lors d’une réunion du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, de retirer son voile, provoquant un tollé médiatique ; l’attaque de la mosquée de Bayonne par un déséquilibré faisant deux blessés graves.

Ces deux événements ont suscité beaucoup de débats dans les différents médias, et des déclarations d’hommes politiques tous azimuts. En analysant cet emballement politique autour de ce sujet, on voit bien que celui-ci a été initié par l’extrême droite et l’extrême gauche l’alimente et l’amplifie. Cependant, les objectifs des uns sont à l’opposé de ceux des autres.

Les gauchistes dans un but électoraliste font les yeux doux à toutes les catégories sociales se sentant stigmatisées par le reste de la société. En agissant de la sorte, particulièrement dans ce cas de figure, ils sont en train de permettre aux islamistes d’avancer leurs pions sur l’échiquier politique français et faire admettre la légitimité de leur présence au sein de la société. 

Il s’agit bel et bien d’un mariage contre nature entre les adeptes de Marx et de ceux de Ibn Taymyya. Un marxiste luttant contre le capitalisme afin d’instaurer une société égalitaire se réduit à un marchepied d’un islamiste rêvant d’instaurer une société de type féodal. C’est un véritable paradoxe.

Le prosélytisme est un caractère inné des intégristes musulmans. Ils iront jusqu’au bout de leurs objectifs même si leur action se soldera par un échec, car ils n’ont pas à faire à une société d’incultes en France. En revanche, si on les laisse faire, on aura inexorablement une fracture communautaire au sein de la société française dont les conséquences seront l’arrivée au sommet de l’état de l’extrême droite. D’où l’intérêt de cette dernière à lancer ce genre de débats.

Ces deux événements sus-cités justifient-ils la marche en question à laquelle ont pris part des islamistes radicaux et des frères musulmans ? Sachant que depuis 2012, les victimes des attentats du terrorisme islamiste se comptent par centaines. On a même égorgé un prêtre de 86 ans dans une église en pleine messe. La communauté musulmane est celle qui subit le moins d’actes racistes et xénophobes en France, selon un bilan du ministère de l’Intérieur concernant l’année 2018. Elle est classée bien loin de la communauté juive et chrétienne.

Ceux qui sont derrière l’endoctrinement de ces délinquants transformés en soldats de Dieu, sont les mêmes maîtres à penser ayant influencé la majorité de ces femmes voilées et à l’origine de l’engloutissement d’une partie des jeunes de banlieue dans une secte moyenâgeuse.

Durant les années 90, en Algérie, des milliers d’intellectuels, des ingénieurs, des journalistes, des médecins, etc. ont fui leur pays en proie à une guerre civile. Pourtant, le soulèvement populaire d’octobre 1988 avait fait naître un grand espoir au sein du peuple algérien de voir l’instauration d’une véritable démocratie. Cet espoir se transforma vite en un enfer lorsqu’une guerre éclata entre le pouvoir oligarchique en place et les islamistes dont l’objectif était d’instaurer une théocratie : une dictature bis.

Avant d’arriver à cette confrontation armée, les intégristes islamistes, dont certains venaient de rentrer d’Afghanistan, s’attaquaient à des femmes non voilées en les aspergeant d’acide et faisaient leurs propres lois dans certains quartiers. 

Le système politique algérien utilise l’islamisme comme une arme lui permettant de garder le pouvoir. Avec cette menace intégriste, le peuple est devenu son otage. Ce même système produit les intégristes au sein même de l’école de la République. Certains, il les élimine une fois arrivés dans les maquis, d’autres, il les intègre en son sein en appliquant une partie de leur programme.  

La majorité de ces Algériens arrivés durant les années 90 en France, ne peuvent participer à une marche similaire après avoir vécu dans un pays où règne l’arbitraire et l’injustice ; on tue au nom de la religion ; on emprisonne des blogueurs parce qu'ils ont affiché leur conversion au christianisme ; on réduit les femmes à des mineures à vie ; on stigmatise toute communauté si la pratique religieuse de celle-ci est différente de l’islam sunnite devenu religion de l’état ; on ferme les églises et on déloge leurs occupants à coups de matraque ; on arrête des personnes dont le tort est de ne pas avoir respecté le jeûne du mois de ramadan....

Derrière cette marche se cachent des personnes invoquant les principes démocratiques lorsqu’ils sont une minorité, mais ils écrasent dans le sang tous ceux qui ne partagent pas leurs opinions une fois devenus majoritaires : la taqiya. Et de plus en plus, on s’abstient de les dénoncer de peur d’être accusé d’islamophobie.

Les soufis disaient : "Il y a autant de voies que d’hommes menant vers Dieu". La religion relève du domaine privé et toutes les croyances se valent. Dès que celle-ci se mêle de la politique, les conséquences sont désastreuses. C’est l’origine du drame des pays dits musulmans. Si un jour tous les représentants des différents courants islamiques se réunissent autour d’une table et décident de réformer l’islam pour en faire une religion de paix éloignée de la politique, un vent de sérénité et de modernité soufflera sur ces pays. Le jour où l’ijtihad prendra le dessus sur le djihad.... 

Auteur
Mourad At Yidir, Universitaire
 

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