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TRIBUNE

Gaz de schiste ou la promesse d’un massacre en douce !

C’est dans des roches sédimentaires appelées schistes que se trouve à grande profondeur, entre un et quatre kilomètres en général, le gaz de schiste.

Il n’est pas accessible par un forage vertical classique parce qu’il se trouve dans des pores des roches, donc difficile d’accès. Si nous avons à définir le régime d’Alger dont le président illégitime Tebboune est le gardien des roches, la fracturation du pays, ses institutions, son tissu social, économique et culturel est d’une telle profondeur que le fossé qui les sépare des couches populaires est impensable, imprenable, inéluctablement creusé dans la roche de la veulerie, la roche de l’escroquerie. 

Comme le gaz de schiste, ce régime est difficile à déloger, d’autant plus qu’il est soutenu, porté, supporté par toutes ces puissances économiques qui, face aux dangers avérés du gaz de schiste, interdisent toute exploitation sur leur territoire. C’est le nouvel agenda de Tebboune pour faire admettre auprès des co-colonisateurs d’hier et d’aujourd’hui la pilule de l’illégitimité politique dont lui et l’état-major qui l’a désigné sont les pourvoyeurs. «Je vous donne du gaz de schiste, donnez-moi la bénédiction de faire asphyxier, au plus profond de nos terres, toute velléité de liberté» après la faune et la flore, le pétrole, le gaz et même les gazelles, c’est le nouveau marché conclu avec les vieux braconniers, les traditionnels fossoyeurs des richesses du pays. 

Quand les états qui se respectent, tirant leur légitimité du libre arbitre du peuple, regardent en premier l’intérêt suprême du peuple, lequel passe d’abord par la préservation des vies humaines avant toute autre chose, les nôtres sacrifient les leurs pour piller et faire nourrir les autres.  Ce que Tebboune est prêt à livrer aux puissances occidentales se fera au détriment des vies humaines. Au détriment de l’air chargé de gaz à effet de serre dont la composante est majoritairement de méthane, c’est à dire beaucoup plus toxique, beaucoup plus nocif que le traditionnel CO2.

Ce que Tebboune est en train de solder, sous la manchette, se fera au détriment de près de 20 millions de litres d’eau pour un seul forage, l’équivalent d’une consommation quotidienne d’environ cent mille habitants, alors qu’on sait que l’eau peine à sortir des robinets et que son ronronnement  se fait entendre à des kilomètres à la ronde. Se rajoute à cela la pollution des nappes phréatiques, rendant l’eau potable impropre à la consommation et affectant par là même les sols et la végétation.  

Ce pouvoir n’en a cure de l’Algérien, il a fait de la vie humaine des Algériens un laboratoire d’expérimentation de toute sorte de cataclysmes humains. 

Normal, ces braconniers des vies humaines ne vivent pas dans le pays, ne se nourrit pas de nos terres, ne s’abreuvent pas de nos eaux, n’habitent pas nos maisons, même l’air qu’ils respirent est aseptisé. L’Algérie, pour eux, n’est qu’une escale qu’ils piétinent pour aller se reposer ailleurs, à l’ombre d’un appartement haussmannien, avec une vue sur la seine. 

Le pétrole ne suffit plus à étancher la soif d’un régime, dont la verticalité du pillage le plus récent des vingt dernières années, estimé à plus de mille milliards de dollars, reste jusqu’à maintenant inexpliqué, non élucidé, ne faisant pas l’objet d’un coup de bec d’en haut, un coup de coq à l’adresse de cette basse-cour qui picore de la coke.

C’est vrai qu’il nous faut nous contenter de la grande mosquée d’Alger, la plus grande d’Afrique, tellement immense qu’on pourrait la contempler du grand désert qui sévit incandescent chez l’homme bleu du désert; l’homme farouchement libre , l’homme viscéralement digne, l’homme dont la légitimité séculaire ne se marchande pas  à l’orée d’une palmeraie que, Tebboune , encore sous l’effet anesthésiant de l’illégitimité politique, prendrait pour un champ de cocas. 

Désormais, il leur faudra un désert de cocaïne pour faire croire à l’homme bleu que le chameau n’est plus un chameau et qu’il faudrait déguerpir de là,à pied, avant que la nuit ne tombe et que les fossoyeurs du désert  se mettent à creuser des tombes. 

Auteur
Mohand Ouabdelkader