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HOMMAGE

Gisèle Halimi, ce que nous lui devons !

«Le refus de se résigner peut stopper la machine grinçante du malheur et la lancer sur d'autres rails. » Gisèle Halimi

Pour parler de Gisèle Halimi, il faut s’élever au niveau de la plus grande respectabilité et se mettre en retrait, baisser la tête et chuchoter, juste murmurer, dire les vérités les plus évidentes, les faits qui parlent avec majesté pour cette dame digne qui a relevé la tête au moment le plus intense de l’Histoire récente de la France.

Il faut reculer en catimini, le genou si proche du sol, la gorge sèche et le regard posé sur cet horizon inatteignable et pourtant atteint par les phrases remplies d’émotion de la grande prêtresse des barreaux.

Il faut se souvenir de tous ces combats de titans auxquels cette immense combattante a participé et se plier en deux pour montrer le respect immense que nous lui devons.

Il faut savoir faire silence parfois au prononcé des luttes menées mais le chroniqueur ne peut se permettre de se taire puisque sa fonction, justement, est de témoigner.

Il faut juste se dire que des personnalités pareilles, qui dépassent et leur époque et leur pays, il n’y en a pas des tonnes, et que nous avons, malgré nous, sans que nous l’ayons choisi, vécu en même temps et dans la même aire géographique, sous le même drapeau, que des consciences universelles qui ont pour nom Gisèle Halimi… ou Robert Badinter… Que ces « belles personnes » nous ont guidé sur le chemin de la dignité et nous ont relevés coûte que coûte vers des hauteurs insoupçonnées. 

Il faut juste dire ces phrases et les répéter : « Gisèle Halimi, c’est soixante-dix ans de combat, soixante-dix ans d’exaspération, soixante-dix ans de colère ! » C’est énorme. Ҫa a donné des résultats impossibles à démêler. Le combat pour la libération de Djamila Boupacha, la résistante algérienne qui a été torturé et violé pour qu’elle passe aux aveux, le combat pour le droit à l’avortement pour que les femmes, et elles seules, aient un droit de regard sur leurs propres corps, le combat pour que le viol soit enfin considéré comme un crime, le combat contre le port du voile qu’elle a, dès le début, considéré comme un symbole de l’oppression des femmes… Et tant d’autres combats encore et encore pour faire évoluer la législation. 

Une vie de combats, une vie vouée au combat ! 

Une vie digne, fastueuse et qui nous a tellement enrichis. Nous nous sentons plus forts et plus mûrs, en grande partie, parce que Gisèle Halimi a existé…

Auteur
Kamel Bencheikh, écrivain