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CRISE

Grève des magistrats : "Nous sommes dans la rébellion et la désobéissance"

Par suite des décisions d’affectation prises par le Conseil de la magistrature pour quelque 3.000 parmi eux, les magistrats ont refusé, à partir du 28 octobre dernier, de rejoindre leurs prétoires. Ils sont entrés dans une grève illimitée.

Un moment, après avoir menacé de sévir contre ceux parmi eux qui refuseraient d’obtempérer à ses décisions, le ministère de la Justice a tenté la méthode douce, mais les magistrats ont poursuivi leur mouvement, le ministère de la Justice a haussé le ton.

Par la voix de son directeur général des affaires judiciaires et juridiques, M. Abdelhafid Djerir, qui s'exprimait ce dimanche matin à l'émission L'invité de la rédaction de la Radio Algérienne (voir plus bas), il a, en effet, considéré que leur mouvement ne s’apparente nullement à une grève. « Nous sommes, dit-il, dans la rébellion, dans la désobéissance », ajoutant ne pas comprendre que des juges « garants du respect des lois de la République agissent de la sorte ».   

M. Djerir annonce cependant que le dialogue « reste ouvert », ajoutant que la chancellerie est prête à examiner tous les recours formulés par les magistrats s’estimant lésés. Il déclare en outre comprendre « la détresse » dans laquelle ont été placés les magistrats, tout comme la justesse de leurs revendications socioprofessionnelles. En « commun accord », poursuit-il, des solutions seront trouvées entre eux et le ministère. 

Celui-ci n'en estime pas moins que ces revendications ne sont pas précises, ajoutant que lors des discussions avec le syndicat de la magistrature, avaient été mis en avant, autant les aspects salariaux, les conditions de travail que les « questions qui fâchent ».

Pointant le mouvement d’humeur des magistrats, il rappelle qu’il est d’usage que le ministère opère un mouvement ordinaire des juges, signalant au passage que durant l’année en cours, ce dernier a reçu 1.297 demandes de mutation.

Déclarant divulguer « un secret », le représentant du ministère de la Justice observe que beaucoup de magistrats ayant formulé une demande voulaient être mutés dans des villes du nord du pays.

Ce dimanche, la crise a franchi un nouveau cran, les gendarmes ont investi le tribunal d'Oran pour faire évacuer les magistrats d'une manière violente. 

Auteur
La rédaction/chaîne 3
 

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