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REGARD

Israël-Palestine, l’impossible paix

“Seul un peuple fort peut faire la paix avec ses ennemis.” Yitzhak Rabin

Les déchaînements de violence et la frénésie de la sauvagerie se sont rallumés furieusement entre Palestiniens et Israéliens.

La férocité extrême de l’Etat le plus fort militairement de la région à l’encontre d’un peuple mortifié depuis des décennies, les roquettes du Hamas qui tombent drues et qui touchent indifféremment femmes, enfants et vieillards innocents, répandant mort et désolation, des tirs d’artillerie imprécis qui réduisent des dizaines d’enfants en poussière…

Rien ne permet d’accepter d’un côté comme de l’autre ce déversement de haine qui n’est pas près de s’arrêter. Et ces images insoutenables d’un arabe israélien lynché en direct par des dizaines de militants d’extrême droite et qui ont obligé le grand rabbin d'Israël Yitzhak Yossef à demander que cessent les agressions commises par des juifs : "Des citoyens innocents sont attaqués par les organisations terroristes, le cœur est lourd et les images difficiles mais nous ne pouvons pas nous laisser entrainer dans des provocations et des agressions".

Il y a sans aucun doute possible, derrière les tirs de roquettes du Hamas les manettes tenues par les ayatollahs iraniens ou le pouvoir turc qui cherchent tous les deux à contrôler entièrement le monde musulman. Le Fatah n’est pas tout blanc non plus dans ce soulèvement de violence.

Il ne faut pas non plus cacher sous le tapis la responsabilité du gouvernement israélien qui ferme les yeux et encourage l’expulsion des familles palestiniennes par les colons israéliens y compris dans les territoires occupés. Parce qu’Israël comme le futur Etat palestinien n’arriveront jamais à se bâtir à partir d’une seule religion, à partir d’un peuple « ethniquement pur ». 

Autant le dire tout de suite, je ne suis pas près de croire à une hypothétique paix de mon vivant. J’y ai fortement cru lorsqu’Israël était dirigé par l’admirable Yitzhak Rabin mais depuis son assassinat et l’avènement de Netanyahou, il n’y a jamais eu qu’une volonté de plaire aux ultras pour leur permettre une hégémonie sans partage sur la région. Du côté palestinien, l’islamisme effréné du Hamas ne pouvait laisser aucune question être posée sur la façon dont se comportait cette organisation terroriste. En clair, sur l’échiquier politique de cette «crise» du Moyen-Orient, il n’y a plus le couple Israël/ Palestine mais celui qui est désormais formé par le duo Israël/Hamas.

La Palestine a toujours été une alternative pour les gouvernements arabes d’externaliser les problèmes qui se sont toujours posés à leurs propres peuples : absence totale de démocratie, pauvreté endémique, presse muselée, encouragement des partis islamistes qui guident les populations vers les mosquées pour anesthésier les consciences. Il n’est qu’à voir les manifestations pro-palestiniennes dans les pays musulmans ou en Europe alors que les participants à ces mêmes manifestations ne se sont jamais engagés pour le plus petit rassemblement de soutien au peuple algérien lors des massacres de la décennie noire des années 1990.

Comment ne pas se souvenir que les bombardements intensifs de l’aviation saoudienne ont fait un nombre infiniment plus important de morts que lors de toutes les « poussées de fièvre » entre Israéliens et Palestiniens ? 

La colombe de la paix ne construira jamais son nid dans cette région alors qu’aucune des deux parties n’acceptera de faire la moindre concession. Des deux côtés, on continuera de verser le sang des innocents et la haine grandira chaque fois un peu plus. A moins qu’un nouveau Yitzhak Rabin puisse de nouveau montrer le bout du nez en Israël et que les Palestiniens entendent se défaire de leurs dirigeants corrompus et de cet islamisme qui les enferme dans un bunker moral. Et que les uns et les autres puissent s’accepter en voisins respectables malgré les singularités et les paradoxes propres à chaque camp.

Auteur
Kamel Bencheikh, écrivain