Aller au contenu principal
Body

Présidentielle 2019

Jil Jadid appelle à une candidature unique de l'opposition

Nous publions intégralement le communiqué du conseil politique de Jil Jadid.

Le Conseil politique, réuni ce 26 janvier 2018, constate, avec inquiétude, la lente mais inexorable dérive du pays vers une situation de troubles et d’instabilité. L’exaspération populaire est à son comble ; les grèves, sit-in et manifestations de rue qui se multiplient et qui risquent de prendre une exceptionnelle ampleur en sont l’expression manifeste.

L’échec du régime est total.

Alors que la rue gronde, le sérail reste obnubilé par son maintien au pouvoir et manigance déjà en vue d’une prochaine élection présidentielle qu’il veut sous contrôle.

Pourtant un cinquième mandat, s’il advenait,  sera le produit d’une transgression constitutionnelle, d’une faute morale, d’une tragédie politique et d’un drame humain.

Transgression constitutionnelle car la loi suprême limite à deux les mandats présidentiels. Comment peut-on parler d’un cinquième mandat ? Rappelons qu’en 2016, l’Algérie ne s’est pas dotée d’une nouvelle Constitution qui aurait mis à zéro les compteurs des mandatures, mais le Parlement avait opéré un amendement sur celle de 1996 !

Faute morale, car il est de notoriété publique que le Président actuel n’a plus qu’une existence biologique sinon une présence virtuelle à travers des portraits, et qu’à ce stade de la maladie, il ne peut rien pour lui-même et encore moins pour le pays.

Une tragédie politique, car chaque jour qui passe, démontre l’incompétence, la malhonnêteté et la violence du pouvoir qui a marginalisé toutes les institutions, trafiqué les élections, dilapidé les richesses, et qui maintenant passe à la répression tous azimuts de la population qui refuse la soumission.

Un drame humain, pour le Président lui-même dusse t-il être consentant, dont la dignité n’est plus respectée et qui est ostensiblement affiché, particulièrement face aux étrangers, dans des situations dégradantes alors qu’il endure des souffrances physiques inhumaines.

Le Conseil Politique de Jil Jadid fait appel à la conscience nationale pour se mettre en ordre, empêcher l’illégal cinquième mandat et proposer une véritable alternative d’ici 2019. Maintenant que le désordre dû au 4ème mandat est avéré à tous les niveaux, il ne reste au pays que peu de solutions envisageables pour une issue salutaire.

Propositions

Dans cette optique, Jil Jadid propose d’aller vers un mandat de transition et un candidat unique de toute l’opposition avec comme objectif principal, la remise en ordre des affaires de l’Etat.

Une phase de transition, la plus courte possible, avec un programme consensuel, devra être organisée autour d’une candidature unique. C’est à la société civile, syndicats autonomes, associations et personnalités, en coordination avec l’opposition politique que doit revenir la discussion et l’adoption d’un tel programme, puis la désignation selon des voies démocratiques, de leur candidat aux présidentielles.

Le programme de transition devrait contenir des réformes cruciales : un processus constituant, aboutissant à une loi fondamentale du pays qui garantisse l’indépendance de la justice, l’autonomisation d’une cour constitutionnelle, la mise en place d’une commission indépendante pour la gestion des élections. Les lois sur les associations, les partis politiques, les élections etc… seront alors révisées avant de convoquer de nouvelles élections législatives puis locales. Enfin, le processus devra aboutir à une élection présidentielle ouverte sur la base des programmes et projets de société.

Au plan économique, la transition devrait permettre :

  • Une véritable libération de l’initiative économique,

  • Une modernisation du système financier et bancaire avec mise à niveau aux normes internationales,

  • La mise en place d’un marché financier et boursier transparent,

  • Une politique monétaire et des changes plus adaptée à la réalité du marché,

  • Une refonte du système fiscal pour alléger les charges excessives sur les PME et PMI,

  • La protection de la production nationale et son encouragement par des politiques incitatives,

  • L’activation d’un marché boursier qui deviendrait acteur lors des éventuelles privatisations mais aussi pour attirer les capitaux du marché parallèle vers les entreprises,

  • Le contrôle rigoureux, avec des sanctions dissuasives, des surfacturations à l’importation,

  • L’assouplissement de la réglementation des changes avec convertibilité du dinar pour les exportateurs à hauteur des bénéfices en devises,

  • Les entreprises publiques, déficitaires et non solvables, doivent être déclarées en faillite, leur patrimoine (foncier et immobilier) mis en vente, de préférence en cash pour réinjecter dans l’économie l’argent thésaurisé,

  • En cas de vente à crédit, la valeur des biens fonciers et immobiliers doit être liée à celle d’une monnaie internationale, pour éviter leur sous évaluation et surtout la perte de valeur du dinar, inéluctable, lors des remboursements des crédits bancaires,

  • La régulation des monopoles privés et la limitation des crédits bancaires par branche d’activité. Il est anormal qu’un seul « investisseur » puisse entrer dans le capital de plusieurs entreprises opérant dans des activités différentes et cela avec des crédits bancaires.

  • Les entreprises publiques encore viables doivent pouvoir ouvrir leur capital à des entreprises étrangères pour un apport en capital-devise, pour la remise à niveau technologique et pour le potentiel de pénétration de nouveaux marchés internationaux.

  • Dans tous les cas de figures, les équipes manageant ces entreprises doivent être sélectionnées sur la base du mérite, de la compétence et de l’expérience.

Ces mesures permettraient la reprise de confiance des opérateurs économiques, l’afflux de nouveaux capitaux, un investissement économique efficace et rentable. La croissance économique qui en résultera permettra la création d’emploi, le rééquilibrage de la balance des paiements à terme et enfin la sécurisation du pays.

Cependant, cette transition ne pourra réussir que si l’adhésion populaire se réalise. La transition devra se faire avec et pour la majorité des citoyens. Les plus faibles d’entre eux devront être protégés. Le maintien du niveau de vie général sera crucial. La solidarité nationale ne devra pas rester un vain mot mais une réalité.

Les difficultés à affronter seront d’autant mieux dépassées, si les droits et libertés de toutes et de tous, seront respectés.

La politique économique et sociale du pays doit aller de pair avec le rétablissement de l’Etat de droit et de la démocratie.

Le Conseil Politique

Alger, le 26 janvier 2018

Auteur
Jil Jadid
 

Commentaires

Permalien

Il eût fallu préciser : une candidature unique avec un seul candidat pour toutes les oppositions.
D'abord de quelle opposition il s'agit. il y a plusieurs oppositions . Et ensuite de quelle candidature t -'est-ce-t-il qu'il s'agit ?

Permalien

Mr Sofiane Djilali demeure à mes yeux l'une des personnalités algériennes la plus active pour le sauvetage du bateau Algérie. Il ne se contente pas seulement d'apporter une critique mais propose aussi des solutions à la situation , et cela sur tous les plans. Ceux qui le critiquent sont à mes yeux inconscients de l'état de délabrement du pays et de ses institutions. Je trouve que les personnes qui acceptent ce statu quo sont ceux qui en bénéficient indûment et dans ce cas là ils sont complices.
Les recettes pétrolières, principale source de revenus ont été dilapidées dans des projets où les copains et coquins ont été les principaux bénéficiaires, il n'est qu'à regarder ces nouveaux parvenus à la tête d'une fortune qu'il aurait fallu - par un labeur honnête - acquérir au terme de plusieurs générations !!
Arriverons nous à manger demain ? Y aura t-il du travail pour tous les demandeurs d'emploi, la santé aura t-elle les moyens de soigner les populations ? etc...
Il est à craindre que le futur sera terrible car beaucoup de privations nous attendent, seuls les prédateurs auront les moyens de quitter le pays en toute aisance en cas de crise sociale grave.

Permalien

"L’opposition" !!! Et qui devra chevaucher cette rosse hybride…voire cet ornithorynque ? La réponse est toute trouvée…

Permalien

C'est un parti sincère, peut être l'unique en Algérie.

Permalien

j' aurais été d'accord si on avait laissé au peuple le droit d'appourver les decisions de ces associations ,personnalités,syndicats etc.. et si le parti jil el jadid ne met pas la charrue avant les boeufs en dictant d'emblée un programme politique d' urgence emanant des laboratoires de ses dirigeants.

Permalien

j' aurais été d'accord si on avait laissé au peuple le droit d'appourver les decisions de ces associations ,personnalités,syndicats etc.. et si le parti jil el jadid ne met pas la charrue avant les boeufs en dictant d'emblée un programme politique d' urgence emanant des laboratoires de ses dirigeants.

Permalien

Avec le meme processus de gestion de l`election et Derbal pour la surveillance du processus? alors nous on boycottera comme toujours.A croire qu`un accord vous a accorde cette candidature unique.

Permalien

Dès qu'une personne sincère propose une issue, il est tout de suite accusé d'intentions égoistes.
C'est dommage ! Si cette situation persiste c'est justement à cause de certaines personnes qui préfèrent le statu quo. À ce rythme là toutes les Algériens qui veulent sauver le pays de ces prédateurs, découragés , prendront leurs valises elles aussi.

Permalien

De Quelle opposition tu parles? Celle attachée à la mangeoire? Monsieur JIL QADIM ou vous croyez être?
Si tu n'étais pas un enfant du système tu ne parleras même pas, tu seras déjà mort et enterré. Ta famille sera déchiqueté comme un morceau de viande dans les gueules des loups ou pousser à l'exile et l'errance. Tu te crois intelligeant et fort pour déstabiliser la dictature Algérienne, et menacer les intérêts des pétrolières, et des prédateurs Français qui ont installé et protégé cette dictature fasciste depuis 1962?
Vous n’êtes qu’un simple acteur, qui veut donner du crédit à la prochaine élection de Bouteflika.
Si tu es un vrai opposant, ton parti sera dessous, toi en prison ou victime d’un attentat terroriste.
Boudiaf l’ont assassiné en direct à la télévision, et personne ne pourra dire comment, pourquoi et par qui?
Tous ces pourris soit disant au pouvoir sont que des marionnettes et des figurines, aucun n’a le pouvoir en réalité, tous y compris toi, vous jouez à chacun son rôle, comme dans une pièce de théâtre. Ceux qui jouent le rôle des ministres, du président, des walis..., d’autres qui jouent le rôle de l’opposition.
Le peuple n’est pas libre ça fait des siècles qu’il est colonisé, mais la pire de toutes les colonisations est la dernière de 1962. Depuis 1962 le peuple avait perdu sa souveraineté, sa dignité, son identité, son histoire et même ces valeurs universelles humaines.
Si tu veux nous prouvez que tu es vraiment dans l’opposition, déposes plainte au TPI contre la dictature Algérienne pour crimes contre l’humanité, pour usage de la violence et des armes de guerre contre les citoyens civiles et pacifistes, etc.
Sinon manges et fermes là!
mohwamer.

Permalien

Moi je propose l' indépendance de la kabylie ,un point c est tout

Permalien

Je ne doute point de la sincérité de Sofiane Djilali,mais je suis sceptique sur les chances d'un sursaut démocratique en Algérie.Vu l'état de délabrement avancé de la classe politique,de la société civile,les perspectives d'un sauvetage de l'Algérie sont très minces,à moins de trouver un Ataturk algérien,ce dont je doute fortement.L'absence d'alternative démocratique au système tyrannique en place depuis 1962 est une donnée incontournable.Si le pouvoir despotique apparaît comme indéboulonnable c'est principalement en raison de l’extrême faiblesse de l'opposition toutes tendances confondues (excepté les intégristes du FIS) et d'une société civile dynamique.Les différents scrutins libres en Algérie (1991),en Tunisie (Nahda) en Egypte (Frères musulmans)au Maroc (Islamistes) ont montré la fragilité des forces démocratiques qui sont presque ultra-minoritaires. Evidemment les pouvoirs despotiques en place ont fait le vide autour d'eux par la terreur et la séduction/corruption des élites.
Je ne vois pas de solution politique en Algérie qui ne tiendrait pas compte du droit à l’autodétermination du peuple kabyle.Sur ce point les élites politiques algériennes n'on rien compris à la question kabyle.

Ajouter un commentaire