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REGARD

Khaled Drareni : la voix du juste 

Il est jeune, brillant, droit et constant. Il symbolise la nouvelle génération de journalistes qui veulent en finir avec la presse inféodée à un régime qui l’a toujours instrumentalisée pour blanchir son image auprès de l’opinion.

Lui, il a choisi la justesse et la difficulté. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé naturellement dans la rue à couvrir les manifestations du mouvement populaire qu’il rapporte objectivement avec un professionnalisme qui force le respect.

Il ne rate aucun procès et n’a jamais manqué l’occasion pour afficher son soutien aux détenus d’opinion, victimes de la répression sauvage des nouveaux potentats, chose qui n’était pas du goût de ces séniles au pouvoir recrutés pour leur allégeance et leur servilité.

Ils ont donné l’ordre de l’arrêter pour s’acharner, par la suite, contre lui à travers des magistrats pourris qui vont le condamner injustement à deux ans de prison ferme dans un dossier vide. Son seul tort est qu’il a choisi d’être libre et indépendant face à un régime aphone aux cris d’une jeunesse désemparée, éprise de justice et de réparation.

Khaled Drareni comme Abdelkrim Zeghilèche et Said Boudour, sont les fleurons de cette nouvelle génération de journalistes qui ont choisi de rester dans leur pays pour se battre. Ils sont les nobles héritiers de Djaout, de Mekbel et de tous les autres bardes assassinés pour que vive la liberté de la presse. 

Le procès de Drareni est au fait celui du régime. Il a mis à nu les mensonges et l’hypocrisie des putschistes du 12 décembre qui ont confisqué l’État et violé la souveraineté populaire en dignes héritiers de l’armée des frontières. 

Au-delà de l’indignation et le soutien indéfectible manifestés par ses amis de la corporation et de la société civile en général, des actions d’envergure doivent être entreprises pour libérer tous les détenus politiques et d’opinion et cesser les poursuites pour ceux qui sont en liberté provisoire.

La liberté de la presse est un principe chèrement acquis, le perdre, reviendrait à cautionner toutes les répressions à venir. Le régime qui se prépare à se tailler une nouvelle constitution donnant le statut d’empereur à un chef d’État désigné par la plus grosse fraude du siècle, se donnera tous les pouvoir pour mater toute voix discordante et étouffer l’espoir suscité par le mouvement du 22 février.

S’il aisé de se départir du masque imposée par la pandémie dans quelques mois à la fin de celle-ci, il serait très difficile d’enlever la muselière par laquelle le régime veut nous faire taire. 

La très symbolique date du 1er novembre que le régime veut travestir pour opérer un nouveau viol constitutionnel, doit être le point de starter d’un nouveau souffle du mouvement révolutionnaire  pour lui faire payer sa surdité face à notre malheur.

Comme nos vaillants maquisards qui avaient défié la quatrième puissance mondiale de l’époque, nous devrions reprendre la lutte et consentir les sacrifices qui s’imposent pour rendre l’espoir en passe de se dissiper et continuer notre combat pour l’édification d’un État démocratique et social comme rêvé par les déclencheurs de la plus grande Révolution de tous les temps. 

Auteur
Salim Chaït