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Lettre de Médéa

La danse des loups est à l’affiche !

« Le gratin de la société apprécie les restaurants chics et les serveurs obséquieux dont la spécialité est le gratin de courbettes. »  Marc Escayrol

Et alors,  après avoir cru, l’espace d’une soirée de 1999, une soirée seulement, en Abdelaziz Bouteflika, l’homme fraîchement plébiscité président de la république, auprès de qui ont été placés  mille rêves et mille espoirs pour de meilleurs lendemains aux fins d’accéder aux inaccessibles rêves et aspirations de tout un peuple : la dignité , la justice et le bien-être social, une éducation nationale performante et des services de santé haut de gamme.

Donc.

Ne voilà -t-il pas que ce même peuple se surprend, quatre mandats successifs plus tard , dindon de la farce de l’urne et victime d’une machination diabolique de  « faire-valoir » électoral pour draper d’un voile pudique de légalité nationale, mais surtout internationale, - bonne grâce des chancelleries étrangères oblige -, la magistrature suprême d’un octogénaire sérieusement malade, aphone et impotent, loin, très loin des réalités du pays. Il a été élu… Il est élu, Un bien étrange sésame pour perpétuer le pouvoir absolu qu’il s’est offert sur le dos de la naïveté et de la quête de paix sociale de ses administrés citoyens.

En vérité, la confiscation de la voix du peuple  depuis 1962 à ce jour n’a été et n’est qu’une formalité, subissant les mêmes carnassiers politiques aux échecs répétés, les mêmes tristes sires, des pêcheurs en eaux trouble, qui ont fait de ce grand pays qu’est le nôtre, un pays sans foi, ni loi.

Des oligarques aux richesses mal acquises adoubés par les décideurs de l’ombre sont aux commandes, ils font et défont les carrières, selon le degré de leur vassalité ou de leur rébellion approximative.

La course de la présidentielle s’annonce déjà, et il est très surprenant qu’à chacune de ses échéances, d’étranges restructurations, de mutations pour nécessité de service des chefs de régions militaires relevés  ou mis à la retraite d’office sont opérées, alors que le gouvernement civil avec les mêmes acteurs, ministres-carriéristes, ayant traîné moult casseroles et n’ayant rien prouvé par le passé, continuent de jouir jusqu’à l’extase des parcelles de pouvoir que la bêtise ou le hasard leur ont conféré.  

Califes à la place du calife, nullement inquiétés

Et puis à qui doivent-ils rendre compte ? A un président malade plus soucieux de son état de santé et dont on s’efforce de lui donner la part belle, à un sénat et une Assemblée Populaire Nationale, remplis de bustes creux incultes, arrivés aux hémicycles législatifs par corruption et chkara interposées, à une cour des comptes dissoute, à l’inspection générale des Finances ?

C’est dire l’impunité dans toute sa splendeur…

Et demain, sans surprise aucune, ils se convertiront en bateleurs de foire, accompagnés de copains, de coquins et de gros-bras sillonnant le pays, chantant les louanges de fakhamatouhou et de son programme pour un cinquième mandat…sic et resic !!!

Toute honte bue, les sourires obséquieux des secrétaires généraux du FLN et du RND sont très  révélateurs du culte de la personnalité que lui vouent ces quidams, vantant la gabegie d’une pactole financière de 1000 milliards de dollars, en réalisations gargantuesques ayant occasionné moult scandales financiers en surcoûts, en corruptions et en délits d’initiés.Allez donc parler de patriotisme, d’oblativité au citoyen lambda, aux parturientes, aux sans le sou, aux sans abris, aux malades mentaux, aux jeunes et leurs vagues à l’âme.

Pour une place bien en vue dans les loges princières, il faut bien payer au diable son tribut.

Qu’importe le peuple, qu’importe ses maux et ses misères, qu’importe 700 kilos de Cocaïne, qu’importe le choléra et ses victimes, Dieu merci, fakhamatouhou lui a offert la plus grande mosquée d’Afrique, en lieu et place d’un hôpital de 217 millions de dollars  de la même grandeur récemment inauguré au Ghana, pour aller noyer ses peines, ses chagrins et ses blessures par rokia interposée , tandis que Fakhamatouhou s’envole déjà vers Genève pour une énième cure de jouvence et d’un bilan de santé plus que rassurant si l’on en croit les envolées du président du sénat, un gage constitutionnel pour de nouvelles battues présidentielles.

Ohé ! Ohé ! À six mois des élections, la danse des loups est , désormais, à l’affiche…

Allez savoir !

Auteur
Brahim Ferhat