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REGARD

La face hideuse du système, par Mohamed Benchicou

Avec l'incarcération d'Amira Bouraoui, le régime algérien vient d'offrir aux yeux du monde, une nouvelle et honteuse séquence de la terrible agonie d'un système qui, ne se suffisant pas de mourir dans l'indifférence, croit utile d'y ajouter l'indignité.

Le pouvoir de Tebboune, que nous pensions capable de préférer avoir tort avec les Algériens que d’avoir raison contre eux, utilise les armes de la République pour en poignarder les meilleurs fils.

«Le jour où le crime se pare des dépouilles de l'innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c'est l'innocence qui est sommée de fournir ses justifications », a dit un grand esprit.

Ce jugement qui frappe  Amira Bouraoui et des dizaines de citoyens, n'est pas celui d'une nation, ce n'est pas non plus le verdict d'une justice moderne, ce jugement est celui d'une bande, d'une secte, avec ces soudards costumés, ses joyeux écuyers recrutés parmi ceux  qui se piquent de "savoir". Toute une espèce de Gestapo algérienne qui collaborait, ne fut-ce que par son silence complice, au pillage du pays sous Bouteflika pendant qu'Amira Bouraoui arpentait les artères d'Alger aux cris de Barakat, une coalition d'opportunistes qui croient pouvoir en finir avec l'espérance d'un peuple qu'ils auront échoué à entraîner vers la grandeur, mais seulement vers la détresse.

Là est la véritable question : qu'avons nous d'autres à proposer à cette jeunesse que la face hideuse des prisons ?

On veut enlever aux Algériens les raisons de lutter. Chimère ! Il y aura, tout au plus, la perte de quelques illusions mais accompagnée d’une consolidation de cette authentique conviction forgée dans l'acier des barreaux d'El-Harrach.

Auteur
Mohamed Benchicou