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ANIMAUX

La Galoufa continue de sévir à Alger pour éradiquer chiens et chats errants

Des campagnes d’abattage des animaux errants sont régulièrement organisées dans les quartiers d’Alger, afin de limiter la population de chats et de chiens vagabondant dans les rues. C’est ce qu’on appelle la Galoufa. Ces pratiques anciennes sont dénoncées sévèrement par de nombreux citoyens et associations de défense des animaux. 

La chasse aux animaux errants

Si chiens et chats sont les meilleurs amis de l’homme, ils peuvent rapidement être perçus comme un danger lorsqu’ils se multiplient dans les rues. Pour tenter de contenir cette “surpopulation”, les autorités organisent régulièrement des campagnes d’abattage des animaux errants dans les rues d’Alger. Ainsi pour faire face à ces problèmes, la fourrière locale écume les quartiers d’Alger à la recherche de chiens et chats errants. Le motif ? Éviter la reproduction trop rapide de ces animaux et prévenir les cas de rage. Mais selon une vétérinaire du quartier El Harrach interrogée par le HuffPost en 2007, ces raisons ne sont que des prétextes. “Comment peut-on parler de surpopulation alors que le vaccin n’a pas été homologué pendant 3 ans. Ces pauvres bêtes meurent chaque jour de faim, d’empoisonnement ou encore de la non-vigilance des chauffeurs” explique-t-elle. Pour ce qui est des cas de rage, seuls 11 cas ont été enregistrés au niveau national en 2018. Un chiffre dérisoire qui ne peut expliquer à lui seul cette abattage massif. 

Oran et Constantine également concernés

Mais la ville d’Alger n’est pas la seule à être touchée par la Galoufa. Selon l’agence Algérie Presse Service, rien que sur l’année 2018, près de 700 chiens errants ont été abattus à Constantine et 618 ont été exterminés à Oran. Une situation insoutenable pour de nombreux citoyens, qui dénoncent les conditions de détention des animaux dans ces fourrières et la barbarie avec laquelle ils sont exécutés. En effet, tout comme les êtres humains, les animaux ont des droits que nombre de ces refuges ne respectent pas. De plus dans cette chasse massive aux animaux errants, les fourrières sont susceptibles d’embarquer des animaux domestiques en bonne santé avec puces et colliers. Dans un entretien au HuffPost, une citoyenne explique avoir commencé à s’inquiéter après que la gamelle de son chat est restée pleine et intouchée pendant plusieurs jours. Lorsqu’elle s’est tournée vers la fourrière de son quartier, les agents lui ont expliqué que les animaux ramassés étaient généralement abattus dans les 48 heures. Un délai bien court qui ne respecte pas les lois. 

Des rassemblements anti-Galoufa se multiplient

Le mouvement populaire hirak n’est pas le seul à agiter l’Algérie. Les rassemblements anti-Galoufa se multiplient un peu partout dans le pays afin de dénoncer les conditions de détention ainsi que les rafles hasardeuses des fourrières.

Vétérinaires, membres d’association de défense des animaux et simples citoyens se réunissent régulièrement à Alger et d’autres villes du pays pour alerter les autorités sur la nécessité de stopper la Galoufa. Sur les réseaux sociaux, les voix s'élèvent également sur les pages Facebook Anti Galoufa et Algerie Elrifk-compassion animaux-الرفق. Les internautes n’hésitent pas à partager photos et vidéos des méthodes de la Galoufa pour appuyer leurs propos. Des contenus violents qui parlent d’eux-mêmes. 

 

Auteur
L.M.