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REGARD

La justice en façade !

Il y a peu de temps personne n’aurait parié un kopeck sur la montée en puissance du Hirak grâce à un mouvement inattendu des magistrats en cette semaine pleine de rebondissements.

C’est une première dans le monde, le pouvoir judiciaire qui se dit emprisonné dans le carcan du totalitarisme, c’est, du moins la façade que nous distinguons aujourd’hui. 

Beaucoup de questions s’imposent d’elles-mêmes dans de telles circonstances, la réflexion doit être de mise devant des évènements qui, disons-le, revêtent une importance capitale dans la construction d’un nouvel état qui insufflera une âme nouvelle à un pays toujours en construction.

Des questions que nous ne pouvions éluder au nom de l’euphorie ambiante de la jeunesse algérienne, si demain l’autorité qui règne avec une main de fer sur l’Algérie donne une suite favorable au revendication socioprofessionnels des magistrats, ces derniers continueront ils leur mouvement pour exiger l’indépendance de la justice qu’ils sont censés incarner, ce ne fut pas le cas au grand désarroi de la nation.

Si jamais leurs salaires étaient décuplés avec un accroissement tangible des avantages qui leurs sont destinés seront-ils toujours motivés par la sagesse et l’abnégation qui sied pour maintenir le cap de la revendication nodale qui est une justice complètement libre et qui ne répondrait qu’à la loi, celle de la république, encore une fois la réponse est claire vu que leur mouvement est mort ab ovo.

Voilà selon moi les vraies questions qu’il fallait se poser en ces moment chaotiques que traverse le pays, des moments que beaucoup prennent à la légère et compte sur la bonne ambiance du Hirak qui accepte les premiers venus.

Lorsque je vois un représentant des magistrats faire une déclaration sur fond d’indépendance de la justice qui est vite repris par un autre jeune magistrat concernant les revendications salariales cela me plonge dans une réflexion profonde, le Hirak ne serait-il pas transformé en alibi populaire pour laisser passer dans le lot certains désir impossibles à formuler il y a quelques mois à peine 

L’une des réponses à cette problématique me sauta aux yeux en voyant la présence musclée des forces de l’ordre dans le tribunal d’Oran, un phénomène étrange et paradoxal à lui-seul, comment le pouvoir peut oser faire cela, à moins que ce dernier sache pertinemment que les magistrats on de tout temps jouer le jeu et ce bien avant le Hirak, d’où l’incompréhension d’une telle rébellion devant le fait accompli.

Mise à part une infime minorité invisible et marginalisée ; le pouvoir pense, selon moi, que leur émancipation soudaine doit être une sorte de chantage dont la teneur serait comme suit : soit nous avons gain de cause pour améliorer notre quotidien matériel soit nous cassons l’élan électoral et donnerons par la même occasion une image terne à l’international.

Manque de pot, le Hirak algérien n’est pas universalisé et semble devenir un folklore aux yeux des capitales dites influentes, qu’en serait se du mouvement des magistrats qui paraît une goutte d’eau dans l’immensité du mouvement populaire. De plus, les magistrats grévistes peuvent être remplacés très vite avec en prime des avantages auxquels ils n’y auront pas droit, c’est ce qu’aurait fait tout stratège devant une crise pareille.

En revanche, bien que je ne suis pas conspirationniste ,  je le suis devenu malgré moi croyez-le , je me laisse à penser que tout ce que je vois, c'est-à-dire  émergence de corporation judiciaire n’est qu’un subterfuge pour légitimer les futurs élections , une chose qui ne le serait pas si les magistrats étaient aliénés au pouvoir, une aliénation qui disparaîtra en surface mais qui restera bien ancrée comme ce le fut de tout temps s’il est trouvé une sortie au conflit actuel, à ce sujet ,  j’espère être a coté de la plaque , vraiment .

Enfin, je tiens à dire que je respecte encore et toujours les magistrats intègres qui ont su tenir leur conviction d’impartialité contre vents et marées malgré l’injustice qui règne au sein de leur univers malheureusement sombre puisse-t-il s’éclaircir un jour et nous illuminer de justice, la vraie.

Une fois de plus, les Algériens sont abandonnés à leur triste sort par ceux qui devraient constituer l’intelligentsia, force est de constater que ce n’est pas le cas et le mouvement populaire restera dans sa majorité un mouvement prolétaire, le cauchemar que le système craint le plus .

Auteur
Nazim Maiza
 

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