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REGARD

La Kabylie… « de Dunkerque à Tamanrasset » (1) !

Que le lecteur se rassure, il ne s’agit pas d’une contre-colonisation, ni d’une contre-révolution pour affaiblir le mouvement populaire (lḥirakt/tanekra). Pour cela, les gouvernants actuels d’Alger s’en chargent, avec la complicité de leurs alliés objectifs de l’internationale islamiste, planqués à Londres, Doha, Riyad ou ailleurs.

Cette période de confinement ne profite pas de la même manière pour lutter contre la pandémie, pour le pouvoir d’abord, toujours imbu de sa suprématie dans la conduite exclusive de l’État, comme pour la population pour subir les directives d’un système disqualifié et défié.

Les atermoiements dans les décisions, les non-respects manifestes des directives imposées sont là pour le constater tous les jours. 

Le charlatanisme ambiant est un indicateur du niveau de décrépitude des relations normales qui peuvent exister entre l’État et les citoyens… dans un pays normal.

Pendant ce bouillonnement et cette anarchie dans les décisions (répression et atteintes aux libertés publiques, santé, économie, diplomatie, …), le système politique algérien garde une remarquable constante dans sa stratégie d’affaiblissement du mouvement citoyen (lḥirak/tanekra), en s’occupant de ‘’choses sérieuses’’, pendant que le peuple naïf rêve de révolution !

Dans cette lutte sournoise d’affaiblissement du front populaire, la Kabylie semble constituer un abcès de fixation pour le pouvoir et ses relais : casser à tout prix ce foyer d’agitation afin d’éliminer la contagion contestataire, par la répression contre les têtes qui émergent, le noyautage des associations et partis démocratiques, l’encouragement probable des islamistes pour occuper le terrain et inciter à la violence, le gonflement du danger supposé guettant l’unité nationale (les militants pacifiques autonomistes ou du MAK systématiquement réprimés, …). 

C’est ‘’le bal des vampires’’ contre la Kabylie

Le but de toute cette agitation vise à construire une unité nationale factice contre ‘’l’ennemi intérieur’’, afin de régénérer le système comme au bon vieux temps des associations de masses et le passage en force dans les prochains mois de la nouvelle constitution.

Le résultat attendu par le système, en forçant le repliement et l’enfermement de cette région, pour se donner raison, n’est pas celui qui se déroule actuellement. Le système a échoué dans sa tentative de diabolisation et de marginalisation.

C’est l’inverse qui est en train de dérouler. La Kabylie, par sa mobilisation exemplaire dans la lutte pacifique contre le système FLN depuis des décennies, son combat pour la réappropriation historique et identitaire de la nation et les droits de l’Homme, sa discipline sans contraintes qui a produit le ‘’zéro vote’’ lors des dernières élections présidentielles contestées, sa mobilisation efficace contre la pandémie du coronavirus, continue de rayonner sur tout le territoire national et même au-delà.

Cet effet d’entraînement est décuplé au sein de la communauté nationale à l’étranger, en Europe et aux Amériques, favorisé par la haut niveau de formation et d’implication de notre jeunesse. 

Les clivages supposés et actionnés par le système, pour tirer les ficelles et arbitrer, sont remis remis à leur place.  

La Kabylie rayonne sur tout le territoire national, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, et au-delà des frontières, de ‘’Dunkerque à Tamanrasset’’.

Ce qui se déroule à Paris, chaque dimanche à la Place de la République, est de notre point de vue, d’un apport majeur dans le débat national

L’avenir de la République sur la place de la République ?

La mobilisation citoyenne des Algérien(ne)s chaque dimanche sur la place de la République à Paris ne faiblit pas depuis le déconfinement.

Le sentiment du devoir anime les militants plus que tout afin de maintenir la mobilisation et contrer l’effet du confinement et la répression en Algérie. 

L’avenir de la République algérienne, l’avènement de la nouvelle république, se joue-t-il à la place de la République à Paris ? 

Le libre-débat dans les agoras, la diversité des opinions et positions exprimées dans le calme et l’écoute, constituent une véritable école de démocratie.

Cette mobilisation durable sur le territoire français n’est pas la première. Décidément, l’histoire ne cesse pas de se répéter à propos de l’implication du territoire français sur l’histoire de l’Algérie, parfois en bien, parfois en mal :

  • Déjà en 1926, il y a eu la création de l’Étoile Nord-Africaine (E.N.A.), le premier parti algérien qui a revendiqué l’indépendance nationale.

  • C’est à Paris qu’a été réglé en 1948-1949, dans la violence entre militants, le conflit au sein du PPA-MTLD (connu sous le nom de ‘’crise berbériste’’)

  • la guerre meurtrière entre le FLN et le MNA pendant la guerre s’y est déroulé pendant 5 ans dans tous les quartiers de Paris et d’autres villes de France.

  • Dans l’après indépendance, le système FLN a créé en France l’Amicale des Algériens en Europe, outil entre les mains de la police politique algérienne, pour contrer par la violence l’opposition algérienne.

  • la création en 1980 des organisations de défense de la démocratie et des comités contre la répression en Algérie (Comité de Défense des Droits Culturels en Algérie (CDCA), Comité Contre la Répression en Algérie  (CCRA), etc. 

Cette liste n’est pas du tout exhaustive. Elle montre que ce qui se déroule aujourd’hui en France, à Paris, à Montréal ou ailleurs, aura des répercussions inévitables pour sortir l’Algérie du système liberticide et prédateur qui n’offre aucun avenir aux enfants du pays, si ce n’est l’exil... 

Aumer U Lamara

Notes :

(1) Le général de Gaulle déclamait en 1958 : « Tous Français, de Dunkerque à Tamanrasset » slogan lancé à cette foule du 13 mai 1958 à Alger pour le remercier de lui avoir permis de revenir au pouvoir. (Wikipédia) 

Auteur
Aumer U Lamara