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DECRYPTAGE

La raffinerie d’Augusta : Sonatrach s’endette pour sa maintenance 

Après la rumeur qui se confirme de jour en jour sur un transfert d’argent de Sonatrach Petroleum Corporation (SPC), la filiale du mastodonte à Londres pour compléter le prix de son achat, évalué en définitive à plus de 2,2 milliards de dollars, voilà que l’Economiste maghrébin dans sa livraison du 23 décembre nous apprend (01) maintenant que l’entreprise a été obligée de contracter des prêts pour faire fonctionner la filiale et, partant, continuer à alimenter les frais d’Augusta devenue un vrai gouffre financier.

L’article cite Arab Petroleum Investments Corporation (ARICORP) qui vient d’octroyer un prêt de 250 millions de dollars à Sonatrach Petroleum Investment Corporation  (SPIC). Cette institution financière précise que cette filiale de géant pétrolier algérien utilisera cet emprunt pour financer la maintenance de la raffinerie sicilienne d’Augusta qu’elle vient d’acquérir et de payer au même temps l’achat du brut à Saudi Aramco comme matière première pour la faire fonctionner.

ARICORP interprète son action comme un encouragement de Sonatrach pour « diversifier» sa base industrielle et « assurer un approvisionnement régulier de la raffinerie en pétrole saoudien brut ». Il s’agit pour cet organisme financier « d’étendre sa présence géographique.»

Or, l’objectif de l’achat de cette raffinerie en Italie était nous avait-on dit à l’époque qu’il venait en appoint aux raffineries algériennes pour  faire face à la consommation nationale en produits pétroliers notamment l’essence et le diesel dont l’Algérie en importe pour y faire face.

Le détail tel qu’il est livré par ce bailleur de fonds consiste en un préfinancement bilatéral de 100 millions de dollars pour l’entretien « immédiat » du complexe Sonatrach dit Raffinerie Italiana en Sicile Italie.

Quant à la deuxième partie sous la forme d’une lettre de crédit « syndiquée » de 150 millions de dollars réservée à l’approvisionnement de ce complexe en matière première lorsqu’il sera fonctionnel, peut-être d’ici quelques années.

Le directeur de cet organisme financier n’a pas caché l’objectif de ce financement qui est celui de voir Sonatrach poursuivre sa diversification et surtout son «expansion géographique par d’autres acquisitions à l’étranger» ; de l’autre côté, le directeur général de la SPIC confirme selon lui «la stratégie de Sonatrach de s’installer en recherchant les opportunités dans le « raffinage à l’international » le liant curieusement pour «pallier au déséquilibre dans les réserves pétrolières».

Est-ce réellement ce que vise la stratégie de l’aval pétrolier dont le trésor a mis toutes ses trippes pour réhabiliter les raffineries en Algérie ?                           

Rabah Reghis

Renvoi

(01)https://www.leconomistemaghrebin.com/2019/12/23/onatrach-petroleum-investment-corporation-obtient-deux-prets-250m/

Auteur
Rabah Reghis