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TRIBUNE

La révolution est en marche 

Augmenter la réduction du budget de fonctionnement de 30 % à 50%, serait-il la solution idéale, pour sortir du tunnel de la crise actuelle ? La réponse est à mettre au temps du conditionnel qui, dans la langue de Molière, exprime l'hypothèse !

Depuis le Conseil des ministres du 3 mai dernier, où cette décision a été prise, avec d'autres mesures comme l'augmentation du SMIG à 20.000 dinars et la suppression de l'IRG des revenus égales ou inférieures à 30.000 dinars,  rien n'a filtré d'en haut.

On dirait que  ceux qui tiennent le gouvernail  en Algérie empruntent, dès qu'ils s'adressent au petit-peuple, cette célèbre formule de Roland Barthes : "Je n'ai rien à te dire, mais ce rien c'est à toi que je le dis".

S'il n'y aura pas de financement par planche à billets ni de recours à l'endettement extérieur, d'où sortir, pardi, de l'argent pour les projets de logement promis par le premier magistrat du pays? Personne ne sait plus. Et pour les chantiers de réformes? Idem.

Pour la remise en marche de l'économie ? Pareil. Pour l'agriculture, l'éducation, la culture et tout le toutim? Nous sommes en crise et ce n'est pas du jeu. 

Mais l'essentiel, après tout pour certains, c'est que les Algériens ont compris que la dictature et le progrès font rarement bon ménage, quand ils ne sont pas franchement antinomiques. Et puis, face à ces charlatans de la démagogie qui semblent ne viser que la médiocrité pour le plus gros nombre, ils ont déduit une chose : les effets de la crise seront peut-être démultipliés dans l'avenir  parce qu'aucun calendrier de réformes, avec un timing et des échéances précises, n'a été, jusque-là, avancé.

Et le projet de la nouvelle Constitution ? Non, ont affirmé récemment quelques auditeurs d'une chaîne de radio régionale, notre problème n'est pas avec les textes de lois, mais avec leur application! En effet, mes compatriotes veulent du concret et pour ce "concret", ils ont dû battre le pavé pendant plus d'un an.

Marche après marche, ils en sont arrivés à conclure que le chemin pour la démocratie est trop long et semé d'embûches, mais que cette démocratie-là n'est pas un enjeu impossible.  Loin de ce spectre d'une Algérie pleurnicheuse à tout bout de champ, habituée à se jeter dans les bras du réformisme le plus plat des vieux dinosaures, ils ont mis leurs voiles vers une autre Algérie, celle des idées, des bonnes volontés, des actions et surtout de l'espoir.

Là une pandémie d'ampleur mondiale, et d'une rare gravité, a surgi de nulle part, et couic tout est à l'arrêt pendant plus de trois mois parce que c'est une question de vie ou de mort! Cependant, ce virus universel n'est pas perçu, au grand bonheur du peuple mobilisé pour une nouvelle République, comme un obstacle, mais plutôt  comme un sursis salvateur ayant mis à nu les failles de l'engrenage du fameux "Système" et resserré les liens de solidarité entre les enfants de la patrie.

Ainsi, on entend aujourd'hui ce cri de cœur  unanime pour se guérir des illusions et des aberrations qui divisent les rangs et d'en revenir à l'union sacrée d'antan?

C'est peut-être, pense-t-on, l'unique panacée universelle contre les maux profonds qui rongent notre pays : la corruption, la bureaucratie, le régionalisme, la mauvaise gouvernance, etc.  Mais la lueur de l'espoir est-elle à bout de l'horizon?

La question ne se pose plus, désormais, pour les miens qui, trop attachés à l'idéal du changement, sont prêts à mettre la main à la pâte, pour modeler les contours de leur destinée à leu guise. Leur message est facilement décryptable, et il n'y a que ceux qui ne veulent rien entendre ni voir, pour s'entêter à le nier.

La balle est dans l'autre camp pour faire amende honorable et se plier à la volonté de la rue, avant qu'il ne soit tard. La révolution est en marche, personne ne peut l'arrêter...  

 

Auteur
Kamal Guerroua