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REGARD

  La volonté de changement habite le cœur des Algériens 

Pour qu'un pays ne meure pas de chagrin, écrit un chroniqueur algérois, il faut lui parler une autre langue, celle de l'espoir. Les Algériens ont bien compris, après le déboulonnement  de Bouteflika et l'emprisonnement des symboles-phares de son règne, que rien n'est impossible en politique et que la chute d'une dictature, aussi forte soit-elle, n'est qu'une question de temps !

L'espoir fait vivre, dit-on, et au-delà de cette vie-là, il donne de la force pour résister à tous les aléas. Le Hirak a récupéré "l'estime de soi" perdu des miens. Il les a nourri du sang neuf et a boosté leur énergie motrice. Le bouillonnement de la rue algérienne, c'est bien plutôt une foi inébranlable dans le changement qu'une démonstration de force passagère.

Croire en soi, dans ses capacités, ses atouts, ses moyens pour changer et aller de l'avant, voilà le message que le peuple adresse à des élites en faillite. Cette conviction populaire est acquise suite à un processus commun de luttes, d'épreuves, de sacrifices. 

Oui, nos élites sont en faillite, et ce constat coule de source. Cela est d'autant plus compromettant qu'une fois aux commandes, celles-ci se laissent facilement séduire par l'appât du gain rentier, se détournant dans leur grande majorité, du sort des défavorisés. Ainsi actent-elles leur glissement opportuniste dans le camp des nantis, en vue d'une légitimation éhontée de ceux qui tiennent le haut du pavé.

Combien d'anciens cadres, serviles jusqu'à l'obséquiosité de l'ancien système, ont-ils retourné leur veste, juste après le départ de Bouteflika ? Beaucoup sans aucun doute! Combien d'anciennes têtes de partis-croupions, si profiteuses de la rente et si revanchardes contre le peuple, ont-elle adouci leurs discours, en jetant à profusion des fleurs aux masses qu'elles ont, pourtant tout le temps, dénigré ? Des dizaines encore! Pourquoi toute cette hypocrisie ? Pourquoi tout ce double-discours ?

Pourquoi tout ce travestissement de la réalité ? C'est parce qu'il y a une poignée de profiteurs qui ne pensent qu'à remplir leur panse, au détriment de la majorité qui souffre le martyr pour joindre les deux bouts.  La lutte des classes, du type marxiste, est une donnée certaine dans le panorama politique algérien, et l'avènement du "Grand Soir", ne serait, peut-être, que très proche.

De toute manière, malgré l'impact négatif du long confinement sur les consciences, les Algériens vivent dans la ferveur et l'excitation de leur récent exploit. Il y a, à vrai dire, un attachement populaire viscéral à l'espoir du changement, lequel devient, par la force des choses, une croyance.

Et, en l'état actuel des choses, briser l'écorce de cette croyance s'apparente plutôt à un invraisemblable défi pour les restes nuisibles de la cohorte des rentiers, lesquels tournent encore dans l'orbite du fameux Système.   

 

Auteur
Kamal Guerroua