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QUESTIONNEMENTS

L'Algérie au fond du trou !

Image retirée.Comment accepter qu'on continue comme ça ? Comment accepter de vivre, la peur au ventre, que les lendemains seront, peut-être, pires qu'aujourd'hui ? Comment concevoir qu'à quelques mois de la présidentielle de 2019, rien n'est clair pour les Algériens ? Qui va nous dire, par exemple, pourquoi de grands changements, limogeages de généraux pour ne pas cacher le mot, sont opérés en moins d'un mois dans la haute hiérarchie militaire ?

Puis, comment peut-on nous expliquer, en haut lieu, qu'entre seulement le mois de mai et août dernier, environ 3.600 milliards de dinars (25 milliards de d'euros) sont imprimés, sans que rien ne puisse changer dans le quotidien de nos citoyens ?

Pourquoi on est comme ça, pardi, une rare espèce de «planificateurs de dernière minute», sans stratégie communicative ni vision d'avenir ? 

C'est très facile de relancer la planche à billets, mais allons prévoir la suite ! Et savoir que le gouvernement compte accélérer encore davantage, pour boucler l'exercice budgétaire de 2018, l'impression des billets et la dégradation des réserves de change à près de 34 milliards de dollars d'ici 2021, alors qu'elles étaient de l'ordre de 195 milliards en juin 2014, donne vraiment des vertiges à la tête. Et pendant tout ce temps, tonton FMI et ses experts attitrés critiquent sévèrement nos hésitations, nos dérobades et nos mauvais calculs, les yeux rivés sur nos puits de pétrole !

Déjà, ce «fonds stimulateur de faillite des nations», si j'ose l'expression, nous a avertis des graves déséquilibres budgétaires, des tensions inflationnistes et de l'accélération de la perte des réserves de change que peut causer cette planche à billets ! N'est-il pas en train de nous proposer ses services, au cas où... 

Il est fort à craindre qu'après avoir perdu le contrôle du gouvernail du bateau, l'exécutif ne saura freiner sa glissade au naufrage.

Puis, y a-t-il quelqu'un dans la salle pour nous dire où sont passées les déclarations «alarmistes» de Ahmed Ouyahia ? Celui-ci s'est inquiété, on s'en souvient tous, il y a plus d'un an que l'Etat ne soit en mesure de payer ses propres fonctionnaires? Et depuis, aucune réaction, rien ! L'unique remède qu'il a trouvé est, semble-t-il, d'augmenter les frais de production des documents biométriques, au moment où nos jeunes, parfois hyper-diplômés, prennent la route de l'Europe en clandestins. Où va-t-on comme ça, mon Dieu ? Faut-il leur répéter combien de fois cette question pour qu'ils comprennent qu'on est au fond du trou ? Je parle de nos responsables, bien sûr.

Auteur
Kamal Guerroua