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TRIBUNE

L’allocution de départ d’Abdelmadjid Attar pleine de messages   

Il faut rendre à César ce qui appartient à César, Abdelmadjid Attar qui vient d’être remercié à peine après un peu plus de 7 mois comme ministre de l’Energie n’a pas été emballé lors de sa nomination dans le gouvernement Djerad II. 

En effet, dans son brève intervention lors de sa prise de fonction le 24 juin 2020, il avait prédit  que « je partirai probablement avant la plupart d’entre vous.» (01) En fin connaisseur du système de gouvernance, il ne s’attendait pas  grand-chose de la fonction supérieure qu’il va occuper. 

Il faut souligner aussi que durant cette très courte durée durant laquelle il était contraint à un devoir de réserve il concilie parfois difficilement même sa position officielle avec ses propres convictions lorsque par exemple il a fait l’éloge de la relation de l’Algérie avec l’Arabie Saoudite alors que par ses positions et son influence à l’OPEP, ce pays à mis à genoux l’Algérie à 4 reprises (2005, 1998, 2014, 2019).

En dépit de cela, jamais dans les anales de gouvernance de l’Algérie indépendante, un ministre ne s’est relâché de la sorte par un direct franc- parler qui a probablement dérangé les lobbies qui ont réussi à convaincre les décideurs de « mettre leur veto » pour ne plus travailler avec lui ou carrément l’écarter. 

Il a insinué lors de son allocution du départ qu’il n’avait jamais rencontré ou travaillé avec le président de la république Abdelmadjid Tebboune et pourtant il avait fait appel à  lui en déclarant un jour en plein conseil des ministres : "Je connais votre probité si Attar ainsi que votre compétence alors voici ce que vous devez faire". (02) 

Ce qui veut dire indirectement  qu’on avait forcé la main à un président qui apprécie sa compétence dans le domaine énergétique. Ces détracteurs ont même « colporté » ici et là pour attiser la tension qu’il « aurait » dit dans une réunion avec les cadres des groupes énergétiques qu’il n’avait pas voté pour ce président pourtant il a accepté de travailler avec lui.

Il faut reconnaître aussi qu’il a constitué un rempart infranchissable de la stratégie basée sur les effets d’annonce des entreprises du secteur. 

D’abord sur les recrutements en dénonçant le sureffectif à Sonatrach et le déficit de Sonelgaz. Il a été franc en déclarant que Sonatrach fait de tout et de rien et qu’il n’a aucune stratégie voire même n’a aucune expertise en trading et ne compte que sur les contrats. Et pour couronner le tout il a démenti les déclarations de Sonatrach selon laquelle, elle n’importera plus de carburant depuis l’année 2020 en précisant que cet arrêt définitif des importations des carburants ne pourrait avoir lieu que durant les quatre premiers mois de l’année 2021.

Enfin dans la même allocution de départ, il a insisté sur un espèce de « consignes publiques » pour détailler à son successeur la feuille de route qu’il avait élaborée en commençant par les textes d’application de la loi sur les hydrocarbures 19-13  qui étaient au nombre de 42, mais réduit à 38, puis récemment augmenté à 39, sans compter les 5 documents contractuels ainsi que plusieurs arrêtés ministériels découlant des décrets d’application.

Dans ce domaine, il l’a informé qu’il a  modifié la démarche voire même innové. (03) Mohamed Arkab a probablement dû rougir car une semaine avant son limogeage du ministère de l’énergie soit le 18 juin 2020, il a déclaré devant les membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre de l’examen du projet de loi portant règlement budgétaire 2017 "ces textes seront prochainement soumis au gouvernement, au Conseil des ministres et aux deux chambres du Parlement pour approbation". (04) Attar n’a rien trouvé de tel car c’était lui qui a pris plusieurs mois pour finaliser pas mal de textes en constituant des groupes qui ont travaillé d’arrache pied.

Il est probable, disent plusieurs commentateurs (05) qui ont été visiblement déçus par le départ précipité d’Abdelmadjid Attar mais surtout du retour de Mohamed Arkab à l’énergie qui n’est pas fortuit et n’a pas livré tout ses secrets les prochains jours ne le diront. 

En tout cas, cette sortie d’Abdelmadjid Attar n’était pas par la petite porte mais visiblement il a gagné en estime de nombreuses voix. 

Rabah Reghis     

Renvois

(01https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fyoutu.be%2FzKv41nIw908%3Ffbclid%3DIwAR2TPzX4SwHisL4FsZu5Og-ctPpQAz9SXEZydPIgCRaczXabQJbI6ATur_k&h=AT0cZldl4gudrDU36CrdIsgeBtpKxoyLIMDVh0j2YFJNtZ1z-4KIXBxJAf027AKia2AH4JV_5fabMwF-AURhGYZCw8NPmYtSlpFJlCpMlDdYl6VxjKJ3VvRWULBaUQUL-lIA3CrWZXeQF80

(02)https://www.energy.gov.dz/?article=allocution-de-depart-du-ministere-de-l-energie-22-fvier-2021                        (03)https://www.energy.gov.dz/?article=allocution-de-depart-du-ministere-de-l-energie-22-fvier-2021 (04)https://maghrebemergent.net/loi-sur-les-hydrocarbues-arkab-annonce-que-les-textes-dapplication-sont-prets/  (05)https://maghrebemergent.net/limoge-sept-mois-apres-sa-nomination-attar-victime-de-sa-franchise/?fbclid=IwAR3wKEqih4AdqqcCZgcjuh4UUMbVEmYiVNPOIk7k9xxxX_C2P2MCX3-kGlE
 

Auteur
Rabah Reghis