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OPINION

L’Armée accompagnera le changement voulu par les Algériens

C’est la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie qu’il est permis d’affirmer que le Haut Commandement Militaire et l’ensemble des officiers et sous-officiers qui y relèvent, sont déterminés à accompagner des millions d’Algériens dans leur quête effrénée d’un Etat de  droit et d’une démocratie réellement représentative, même si pour ce second objectif, des années de lutte et de pédagogie seront encore nécessaires. On ne peut plus faire le moindre procès d’intention à l’état-major.

L’armée algérienne n’est ni l’armée égyptienne ni l’Armée syrienne. Les éléments qui la constituent émanent des profondeurs de ce peuple et si elle s’est dotée récemment d’un armement sophistiqué que ses officiers maîtrisent sans assistance étrangère, c’est pour faire face aux périls qui menacent notre pays, le plus grand d’Afrique et du  monde arabe.

Je ne veux pas répondre ici à quelques attaques malveillantes à mon endroit, publiées dans ces colonnes par des personnes qui ne vivent pas dans ce pays et ignorent par conséquent les souffrances et les frustrations de ses habitants. On me reproche d’avoir soutenu que l’Armée s’était acquittée de sa tâche, au titre de la Constitution, et qu’elle ne pouvait pas aller plus avant dans l’exercice de ses missions officielles.

J’observe, aujourd’hui qu’elle est décidée, non pas à superviser, contrôler  ou encadrer le changement social profond que les algériens sont en train de réaliser (car tel n’est pas son rôle) mais à en garantir l’effectivité et le succès.

Ayant critiqué avec quelque vigueur l’intervention de l’ancien chef de Gouvernement, Mouloud Hamrouche, parue dans El Watan du 13 janvier 2019, je n’en suis que plus à l’aise pour louer sa contribution du 15 avril dernier dans le même quotidien ainsi que dans le quotidien El Khabar, et intitulée : « Impasses, menaces et issues » dans laquelle, il insiste sur trois points essentiels :

  1. Les prolongements des instances transitoires ou des conférences nationales sont de la responsabilité et du devoir de l’Armée.

  2. Seules les armées qui se soumettent au contrôle de l’Etat peuvent être intégrées dans le système mondial de paix et de règlement des conflits.

  3. La place de l’Armée comme structure étatique de défense et de sécurité doit faire partie du débat démocratique.

L’Armée reste une institution incontournable

  L’Armée, en tant que colonne vertébrale du régime (il s’agit d’un héritage de l’histoire que certains apprentis-sorciers pensent pouvoir jeter à la trappe par une simple déclaration de volonté) a vocation à construire avec les forces politiques et sociales émanant des populations, un système politique reposant sur le primat des libertés fondamentales, le principe de l’indépendance de la justice, l’effectivité de tous les types de contrôle sur l’utilisation des fonds publics, etc.

Notre armée est une institution de la République, à l’instar de toutes les autres. La nécessité du changement, comme indiqué par Mouloud Hamrouche, la concerne, au même titre que les institutions civiles de la République. C’est la raison pour laquelle, elle doit, elle aussi, accomplir son aggiornamento, se moderniser, se recentrer sur ses métiers de base et laisser les acteurs politiques, économiques, sociaux et culturels prendre en charge la gestion du pays dans le cadre fixé et déterminé par la Constitution et des lois votées par une Assemblée ou un Parlement élus démocratiquement.

Jusqu’ici, notre Armée a eu un comportement exemplaire et le courage est dans son camp. En effet, il a été demandé au Chef d’État-major de mener à bien deux missions qui s’excluaient mutuellement. En quel sens ?

  1. Ceux-là mêmes qui avaient la possibilité théorique d’actionner l’inénarrable article 102 qui concerne l’état d’empêchement du Président de la République pour cause de maladie grave et durable, se sont défaussés sur le chef d’état-major avec la veulerie et la couardise qu’on leur connaît, pour qu’il mette en œuvre  l’article 102, alors que cette disposition ne mentionne même pas l’institution militaire.

  2. Lorsqu’enfin le chef d’état-major, devant l’inébranlable détermination des 19 millions d’Algériens qui manifestaient chaque vendredi depuis le 22 février à obtenir le départ du Président de la République, a fait pression, indirectement, mais en vain, puis directement, cette fois-ci avec succès, sur le Chef de l’Etat pour que celui-ci comprît qu’il était devenu un proscrit universel, alors il a été fait grief à l’Armée d’être incapable de se déprendre de la culture du pronunciamiento.  

La volonté du Haut Commandement militaire de nettoyer les écuries d’Augias

Au cours de la visite d’inspection qu’il a effectuée à Ouargla, au siège de la 4ème Région Militaire, le 16 avril, le Chef d’État-major n’a exclu a priori aucune voie qui serait de nature à conférer aux articles 7 (sur la souveraineté populaire) et 8 (sur la souveraineté nationale) toutes les virtualités qu’ils recèlent.

En d’autres termes, après la démission ce mardi, 16 avril, du Président du Conseil Constitutionnel, ni le maintien de Bensalah, comme d’Etat par intérim ni a fortiori celui du Premier ministre ne constituent une ligne rouge. Ahmed Gaid Salah a tenu également à rappeler que l’ensemble des responsables du syndicat du crime (il visait les commanditaires autant que les exécutants) qui ont prospéré, 20 ans durant, seront rattrapés par la justice, en raison de l’extrême gravité de charges qui pèsent sur eux.

A cet égard, il serait profondément choquant de désigner comme bouc émissaire commode, le seul Kamel Chikhi pour le trafic des 701 kgs de cocaïne, alors que  quatre généraux- majors et non des moindres, élargis après une courte période de détention préventive, avec levée de tout contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement (ce qui est inédit en matière de procédure pénale, car si le dossier est vide, ils auraient dû obtenir un non-lieu) bénéficieraient de l’impunité. Aucun Algérien ne le comprendrait.

Mais c’est surtout à l’égard de l’ex-Général de corps d’armée, ex-patron du défunt DRS, que le chef d’État-major a adressé la plus virulente mise en garde. Voilà un officier général, ayant rejoint sur le tard les maquis de l’ALN des frontières, à la jonction entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye, ayant servi comme commis de cuisine pour le mess des officiers, qui pendant 25 ans, a contribué à la descente aux enfers de l’Algérie ; un homme dont les placards regorgent de cadavres, qui a  fait condamner des innocents, et a servi de caution inconditionnelle au clan présidentiel, même après sa mise à l’écart.

Aujourd’hui, non content d’avoir provoqué l’essentiel des malheurs de ce pays, le voilà complotant non pas tant contre l’état-major qui a la possibilité de le réduire en poussière, séance tenante, mais contre tout un peuple qui revendique le droit à la dignité, à la liberté et à la justice.

Les réunions secrètes auxquelles a participé le Général Médiène, en présence de personnalités étrangères et auxquelles n’a pris part aucun des hommes dignes que ce pays connaît (Zeroual, Bouregâa, Benbitour, Taleb Ibrahimi) justifient impérativement des poursuites judiciaires contre lui du chef de haute trahison.

Les Algériens doivent savoir que celui qui agit pour maintenir, urbi et orbi, un régime d’un autre âge est l’ancien patron du DRS et non bien évidemment le Général Gaid Salah, dont le discours prononcé à Ouargla, ce mardi, retire tout espèce de doute quant à sa volonté de faire aboutir le Hirak populaire.  

En guise de conclusion (qui ne peut être que provisoire), je ferai trois observations :

  1. Le succès du Hirak, l’élaboration de nouvelles règles du jeu, l’adoption d’une constitution qui mettrait au cœur de son dispositif le primat de la souveraineté nationale, ne se feront pas du jour au lendemain. L’ensemble de ces mutations voulues par les Algériens et les Algériennes exigent un long apprentissage, de la maturité, du civisme et un minimum d’unité, car l’Algérie n’a pas achevé le processus de sa construction nationale.

  2. L’Algérie n’est pas un morceau de terre qui aurait été exfiltré de la planète. Elle fait partie d’un monde, qui lui-même, est en profonde mutation. Afin que son insertion dans la globalisation soit vertueuse, il lui faudra sans tarder entreprendre des réformes de structure qui devront toucher l’école, la recherche scientifique, l’entreprise, l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement, les énergies renouvelables, le numérique, etc. Ces réformes ont été délibérément repoussées aux « calendes orientales », parce qu’il y allait de la survie du régime et des intérêts des clans et des factions qui ont confisqué, à leur seul profit, les richesses de  ce pays. Ces réformes ne peuvent plus désormais être différées.

  3. Chaque Algérien doit voir ses droits respectés. Mais il a aussi des devoirs qu’il n’accomplit, de manière générale, que très médiocrement. Il n’est pas juste d’assister à des procès en sorcellerie contre l’Armée ou telle institution de l’Etat, alors que nombre de nos compatriotes n’ont pas encore intégré dans leurs représentations symboliques et mentales les exigences de la conscience citoyenne, le sens de l’effort, celui de l’épargne et aussi, peut-être, celui du sacrifice, à l’instar des générations d’avant le 1er novembre 1954.

*Ali Mebroukine, Professeur en droit, membre du Comité Patriotique Pacifique

Auteur
Ali Mebroukine *
 

Commentaires

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Le bombardier,qui sous les ordres du FLN,
ARMÉE ET LA PRÉSIDENCE DE L’ÉPOQUE
décida de liquider un autre ponte de la S.M
à Ain Taya,en 1993,Y CROIT DUR COMME FER,QU’IL SURVIVRA ET VERRA L’AN 2020!
QUANT À L’ASSASSIN EN CHEF,QUI CROIT
QU’IL REPRÉSENTE UN POINT MÉRIDIEN,ladite fameuse MADAME SANS-GÊNE DE SAINT-EUGENE ,TES JOURS SONT COMPTÉS,ICI OU EN URSS!

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Soyons clair, le peuple veut être libre et construire un vrai pays avec une vraie gouvernance équilibrée et contrôlable, un idéal à viser est par exemple la gouvernance des pays scandinaves et en particulier la Suède qui est un exemple de bonne et transparente gouvernance.
L’ armée algérienne est la seule force organisée dans le pays et qui dispose de moyens capables de répondre aux défis qui attendent ce pays , à tout point de vue, c’est une réalité.
Il faut une discussion franche entre les représentants du peuple , à faire émerger rapidement 4 ou 5 personnes qui font l’ unanimité chez le peuple, des représentants des partis politiques de l’opposition, 3 ou 4 personnes sans casseroles et chez qui on sent un vrai patriotisme et qui veulent aller de l’avant au delà de leur propre courant idéologique et enfin un groupe représentant l’ armée, 4 ou 5 personnes dont la moitié serait composée de généraux à la retraite mais respectés par le peuple et les militaires en plus de jeunes généraux actifs pour donner le point de vue de l’ armée ( sa vision et ses impératifs pour le bon fonctionnement de l’institution).
Ces 3 pools se mettront autour d’une table pour faire un constat franc et direct de la situation puis essaieront de dégager une vraie feuille de route pour assurer la transition vers l’emergence d’une gouvernance comme la demande le peuple.
Il faudra neutraliser les forces occultes résiduelles de l’ancien système qui veulent faire une contre révolution,, sans pour autant faire une chasse aux sorcières.
La priorité sera donnée pour essayer de récupérer un maximum de l’argent volé ou détourné.
Il faut du pragmatisme de la part de ces 3 pools pour avancer rapidement car la situation est dangereuse.Sans démagogie aucune, il est facile de voir que le contexte géopolitique est très hostile à notre pays.
Des puissances extérieures et des aventuriers, des inconscients et des traîtres de l’interieur veulent essayer de mener à la dérive ce pays.
Par exemple, les ONG ne sont que des bras déguisés de forces occultes, par exemple le sinistre SOROS, pour déstabiliser tous les pays qui ne se couchent pas devant l’ordre mondialiste voulue par les usa et leurs satellites.
C’est une réalité, voyez les printemps arabes, l’ukraine Et maintenant le Venezuela etc…
Le peuple Algérien n’a pas besoin de ces ONG, il est assez grand pour mener sa révolution à façon propre.
Il faut faire cette transition rapidement pour sécuriser le pays et asseoir un état moderne, propre et fort.
Les défenseurs de cet état sont avant tout le peuple et son bras armé qui est l’ ANP et les forces de l’ordre ( gendarmerie et police).
Tahia echaab, wa el djeich al watani.
Tahia El djazayer.

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ca sent la manipulation , gaid ahmed arrange/repare/decide/dicte...mais pourquoi said bouteflika et chakib khelil ne sont ils pas sous les verrous ? vue les faits graves qui leurs sont reproches. est ce que said bouteflika est celui qui manipule les décisions ?

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Certe, le peuple exige le depart de toute la mafia qui a fait main basse sur le pays durant des annees, pour ne pas dire depuis 1962, et l’installation d’une equipe consensuelle pour conduire la transition. Mais, apparemment les decideurs sont en train de faire sauter uniquement des fusibles, pour nous les remplacer avec d'autres fusibles de la meme marque. Ainsi, les vrais decideurs pensent qu'ils reussiront a rouler le peuple dans la farine, et sauver l'appareil du pouvoir d'une quelconque masse electrique qui risque de le calciner. La preuve, le president du conseil constitutionel vient de "demissionne", en realite, il a ete chasse par le mouvement populaire, pour le remplacer par Kamel Feniche, qui faisait parti de la meme equipe qui a ete designe par le clan bouteflika pour sieger dans cette institution constitutionelle. Et la ou le bat blesse, sa designation a ce poste a ete faite par Bensalah, un president illegitime., qui continu a faire la sourde oreille aux exigences du peuple qui lui demande de s'eclipser de la scene politique. Mais, il a l'air d'etre bien protege, et qu'il a surement recu des garantis, que le vent des constataires n'arrivera a lui effleure le bout des orteils ,. Donc, c'est normal pour lui de s'en foutre eperdumment de ce que demande le peuple. Moussa El-Hadj a "demissionne", El-Hadj Moussa reprend sa place. La question, que je me pose, puisqu'ils (les vrais decideurs) declarent haut et fort qu'ils sont pour le changement, pourquoi ils n'ont pas designe quelqu'un d'autre , qui n'a pas soutenu le pouvoir de bouteflika durant des annees ? Il y a des magistrats honnete qui ont etes ecarte par la cosa nostra-, c'est parmi ces gens la qu'ils doivent choisir quelqu'un, pour prendre la place de Tayeb BELAIZ. ON NE PEUT PAS FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX ON NE PEUT PLUS FAIRE AVANCER LE PAYS VERS UN AVENIR MEILLEUR AVEC DE VIEILLES METHODES.

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Ces généraux immoraux, criminels, assassins, abjects et odieux, considerent l'Algerie comme leur bien personnel et les algeriens comme des cerfs corveables et maléables selon leur désirs. Parler de nationalisme et de patriotisme est juste un non-sens, Amirouche Allah Yerrahmou les aurait tous égorgés par la nuque. Je ne comprend vraiment pas ceux qui leur trouvent qd meme certaines qualités, ce cochon de G.Salah est juste aussi abject et traitre que les autres, il réagit comme l'être vil et servile qu'il est devant la force populaire. C'est juste la force insoupçonnée des manifestants qui le fait reculer, Il est sans foi ni loi prêt à baisser son pantalon devant la guillotine du peuple.

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Du jour au lendemain c'est pas possible, passer du noir au blanc, de la nuit au jour, de l'ombre à la lumière
mème si pour le contraire l’être humain n' est pas tenu d'apprendre car il s'adaptera.
Pourtant Il s'est adapté alors que tous ses droits étaient bafoués, il a courbé l'échine, il s"est fait tout petit
il a rasé les murs....il ne se sentait mème pas avoir le droit d'avoir des devoirs.
Maintenant, toutes ces belles plumes, trempées à l'encre de la seine, qui nous ont tellement manquées
se découvrent enchanteresses pour nous apprendre nos droits et nos devoirs

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