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Les empêchements se fourbissent au 102

L’Armée face au mouvement protestataire du 22 février

La proposition de « sortie de crise » du général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah en s’appuyant sur l’article 102 de la constitution rendue obsolète par Bouteflika et inopérant par le Conseil constitutionnel lui-même jette un grave discrédit sur le mouvement protestataire du 22 février.   

Sont-ce les prérogatives de l’armée en s’immisçant d’autorité et à brûle-pourpoint dans le champ politique que le mouvement résolument protestataire du 22 février veut transformer de fond en comble en exigeant le départ sans concession du système, entendu, de ses cadres institutionnels, constitutionnels, son parti-pouvoir, le FLN et ses courroies de transmission ?

Si tel est le cas, cette intrusion de l’armée dans le corps politique en pleine crise ajoute de l’huile sur le feu qui ne sera pas prêt de s’éteindre dans la mesure où aucune solution pacifique ne peut venir des galons et encore moins conduite, dirigée par l’armée dont les prérogatives sont clairement fixées par la constitution (de 2016) en son article 28, sur laquelle s’appuie pourtant Ahmed Gaïd Salah : «L’armée nationale populaire a pour mission permanente la sauvegarde de l’intégrité territoriale du pays, ainsi que la protection de son espace terrestre, de son espace aérien et des différentes zones de son domaine maritime. Elle s’efforce de régler les différends internationaux par des moyens pacifiques».

Cette ingérence de l’armée dans les affaires civiles du pays qui n’est pas à feu et à sang, dont les frontières, la souveraineté nationale ne sont pas menacées, va créer un grave précédent dans l’histoire constitutionnelle du pays et jettera un lourd discrédit d’abord sur les textes constitutionnels du pays qui deviennent ainsi une pâte à modeler sous « le contrôle» de l’armée, puis sur les acteurs de la société civile et politique ainsi floutés par la hiérarchie militaire dans leur prérogatives alors même qu’ils ne sont pas censés ignorer que la solution «constitutionnnelle » proposée par le chef d’Etat-Major de l’ANP est un coup d’épée dans l’eau en elle-même mais dangereuse dans ce qu’elle contient de menaces, de perversités et surtout d’anti-constitutionnalités.

La solution de « sortie de crise » ainsi proposée par le vice-ministre de la Défense  est contradictoire dans le contexte juridique de l’article 102 invoqué comme solution en fait d’étouffement du mouvement du 22 février.  

L'article 102 dispose que «lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement".

Or, l’incapacité physique et mentale de Bouteflika est avouée par lui-même dans son message du 8 mars dernier  de son hôpital de Genève et est donc largement antérieure à cette date : «Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien ».

Or, l’article auquel se réfère Ahmed Gaïd Salah semble le contredire d’abord dans les formulations du terme d’«empêchement».  Il mentionne d’abord une déclaration de « l’état d’empêchement du président de la république » pour une période de 45 jours ; mais le même article ajoute la « continuation de l’empêchement à l’expiration » de ce délai. Or, si l’on s’en tient uniquement à la période d’hospitalisation de Bouteflika de cette année 2019, ni « l’état d’empêchement » ni même surtout la continuation de cet état d’empêchement, pourtant observés par le Conseil constitutionnel, n’ont semblé inquiéter outre mesure l’armée.  Et cet état de fait date depuis son 4e mandat durant lequel, depuis son attaque cardio-vasculaire, il a enchaîné plusieurs hospitalisations ayant créé, bien plus que « 45 jours », cet « état d’empêchement » et cet « continuation » de ce même «état » pour pouvoir encore gouverner. Ensuite, une autre contradiction vient s’y ajouter.

En s’appuyant sur l’article 102, Ahmed Gaïd Salah ignore qu’il est, de fait, neutralisé, par Bouteflika lui-même, qui, même reconnaissant son empêchement et la continuation de son empêchement à à gouverner, nomme un nouveau Premier ministre et un vice–premier ministre pour la constitution d’un nouveau gouvernement entamant ainsi une  prolongation de fait de son 4e mandat en décidant le report des présidentielles du 18 avril et en s’instituant l’ordonnateur de mesures de sorties de crise et le seul maitre d’œuvre d’une conférence nationale et ce sous le nez et à la barbe du conseil constitutionnel.

Cependant l’article 104, subséquent au 102 de ladite constitution stipule : «Le gouvernement en fonction au moment de l’empêchement, du décès ou de la démission du Président de la République ne peut être démis ou remanié jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau Président de la République ». Ainsi, au vu de ces contradictions entre la réalité des faits et du texte juridique de la Constitution, Ahmed Gaïd Salah s’appuie sur « l’anticonstitutionnalité » du système politique en place comme sortie de crise ! D’autant que l’article 182 de la constitution stipule que «Le conseil constitutionnel est une institution (qui) est chargée de veiller au respect de la constitution. Le conseil constitutionnel veille en outre à la régularité des opérations de référendum, d’élection du Président de la République et d’élections législatives» ; autrement, aux quatre mandats successifs de Bouteflika, à la neutralisation de l’article 102 de la constitution, à  la promotion de la loi scélérate sur la concorde civile de 1999, de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale de 2006 fragilisant la lutte anti-terroriste de l’ANP qui n’a plus l’étai politique.

La proposition de sortie de crise de Gaïd Salah apparaît, par ses justificatifs, comme une menace à peine voilée sur le mouvement du 22 février qu’il accuse d’être porteur, «en dépit du caractère pacifique et du civisme qui caractérise ces marches jusqu’à présent»,  de plonger le pays dans « une situation incertaine » de favoriser un terrain propice à des « parties hostiles et mal intentionnées aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, qui usent de manœuvres douteuses visant d’attenter à la stabilité du Pays ».

Sur le sillage du mouvement contestataire du 22 février, Ahmed Gaïd Salah ne voit pas la fin du règne du Système, une nouvelle Algérie mais « des desseins abjects ». Et tout le champ sémantique de la vieille rhétorique du pouvoir et du bouteflikisme contenu dans sa harangue obstrue cette piètre sortie de crise qui cache, au moment où le mouvement du 22 février se politise, passe à une étape décisive de son existence et de ses revendications, ce que connote cet énoncé  et à qui il est destiné : « L’ANP ne permettra jamais à qui que ce soit, de détruire ce que le peuple algérien a pu construire ».

Cette énième sortie publique du chef d’Etat Major de l’ANP occupant une grande partie du J.T de 20h de la télévision nationale depuis la naissance du mouvement du 22 février est présentée par les médias officiels comme « messianique », « originale » et certains y voient d’ores et déjà un limogeage de Bouteflika. Or, Bouteflika, c’est déjà du passé. Ahmed Gaïd Salah parle de « sortie de crise ». Or, où est « la crise » ? Elle n’est pas dans le mouvement du 22 février qui est dans un processus révolutionnaire en exigeant le départ du Système ; la crise est dans la persistance de ce même système à demeurer, à sévir avec tous les moyens institutionnels et constitutionnels qui, longtemps pervertis, assujettis pour des intérêts claniques, vols à « lois armées » des deniers de l’Etat, deviennent comme par miracle, des référents du droit et de la protection de la Nation. Encore une supercherie, une arnaque.

Cette déclaration militaire participe aux tentatives de manœuvres, nombreuses, de faire plonger le mouvement protestataire du 22 février dans un processus d’ «invisibilisation » en cherchant sinon à l’étouffer dans une toile d’araignée, du moins à le discréditer graduellement en pervertissant ses mots, ses slogans, ses réseaux d’échanges.

Opérations de charme, vampirisation déguisée,  retournements de veste, ralliements tactiques, comme ces maquisards « marsiens » de 1962 tard venus à la Révolution, approches de dialogues de proximité par familles, tribus, villages, villes, quartiers, par l’intime ; propositions de « sorties de crises » par plusieurs portes dérobées. Celle de l’Armée qui veut encercler les revendications du mouvement protestataire du 22 février participe de ce traquenard. Bouteflika n’est plus le jeu ni l’enjeu. Ahmed Gaïd Salah le sait. Mais est-ce lui, en fait, qui est en état d’empêchement ? Mais de quoi ?

Auteur
Rachid Mokhtari, écrivain journaliste
 

Commentaires

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Mr le chef d’etat-major, il y a une révolution aujourd’hui globale en Algérie.
La constitution ne doit être qu’une traduction de l’aspiration profonde du peuple, or celle ci a été exprimée de façon très simple et claire.
Le peuple veut récupérer sa souveraineté et ne laisser personne penser parler ou agir pour lui et surtout pas dans l’ombre, l’opacite Et les manœuvres machiavéliques pour l’asservir et achever de l’aneantir.
Le peuple ne veut plus de l’ancien système, ni des gens qui ont fait partie de celui ci depuis 1962.
Il faut une nouvelle constitution et une équipe collégiale choisie par le peuple pour faire la transition au ours de laquelle seront posés les jalons d’une nouvelle nation avec une bonne gouvernance moderne à l’image de certaines nations prospères et vraiment démocratiques et sages, par exemple celle des pays scandinaves, et où il fait bon de vivre pour le citoyen lambda et on le gouvernant n’est pas au dessus des lois.
Avec une vraie justice indépendante et decorrelèe des différents pouvoirs, un vrai parlement représentatif de toute la population dans sa diversité tant régionale, culturelle que d’opinions.
L’appareil etatique devra être formé avec des personnes n’excedant Pas la cinquantaine avec beaucoup de jeunes de moins de 40 ans avec une parité homme femme, on sait que les femmes diplômées et capables sont très nombreuses en Algérie.
Il faut aussi une représentation de toutes les régions afin que la population soit représentée correctement dans son intégralité.
Il reste deux points cruciaux à préciser, d’abord il faut que le FLN entre au musée car il a termine sa mission en 1962 qui était de libérer le territoire.
Les autres partis ont tous failli , ils doivent se dissoudre et après l’etablissement De la nouvelle république telle que la veut le peuple, il pourra y avoir de nouveaux partis avec une restriction à savoir pas de parti confessionnel ni de parti réclamant la légitimité historique d3 la lutte de libération.
Enfin, le plus important est le rôle de l’armédit, l armée doit veiller à la sécurité et à l’intégrité du pays.
Elle doit se retirer du jeu politique et ne plus désigner en coulisse qui doit diriger le pays.
Elle a cependant un droit de regard et nous devons respecter ses impératifs qui devront être intégrés dans la nouvelle constitution.
Les services secrets devront eux aussi ne plus interférer dans la vie politique et étant attachés et dépendants de l’armée et se concentrer uniquement sur leur véritable rôle qui est de défendre le pays.
Il faudrait de toute façon des civils comme ministre de La Défense ainsi qu ‘à la tête des services secrets.
Les nouveaux dirigeants devront être jeunes, instruits et ayant le sens du devoir et de l’amour véritable de la patrie.
Des jeunes ayant un excellent niveau et une très bonne compréhension du monde d’aujourd’hui et de ses problématiques.
L’Algerie peut devenir un grand pays si tout le monde accepte de jouer franc jeu et d3 mettre son énergie au service de la nation.
La tâche qui nous attend est colossale car tout est à refaire, notamment l éducation nationale et l enseignement supérieur, la santé et remettre au travail tout le monde et éliminer la corruption et avoir une plus grande cohésion sociale.
L ‘élément humain est la plus grande richesse de ce pays notamment sa jeunesse.
Il y a des cadres de très haut niveau, notamment dans la diaspora algérienne et il y des ressources naturelles largement diverses et suffisantes pour opérer un décollage rapide et une amélioration d3 la qualité de vie dans ce pays.
Il faut libérer les énergies positives et les capitaliser au maximum en injectant un enthousiasme et une grande dynamique chez la population.
C’est le plus formidable moteur pour le développement d’une nation.
Il faut que les personnes honnies par toute la population se retirent toutes et que soit restitué ce qui a été spolié quant il s agit de sommes colossales.
Le peuple demande à son armée de l’accompagner dans cette révolution pacifique pour secourir l’Algerie.
Il faut accompagne4 cette r3volution à l’instar de ce que les portugais ont fait durant leur révolution des œillets.
Vive le peuple Algérie, gloire à ses martyrs authentiques, Ben M’hidi et tous les autres, vive l’armee populaire et VIVE L’ALGERIE.

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Hélas cette annonce pour appliquer l'article 102 faites par notre Général devait conformément aux lois et la constitution en vigueur, aurait du être mis en action par le conseil constitutionnelle et non pas par un militaire .Cette sortie confirme :
1ère) La façon la plus directe est que ce conseil ne fait pas son travail depuis le début de sa maladie(2013) finalement, il représente uniquement ce clan MAFIEUX et se sont arranger pour maintenir la gestion du bled dans l’inconstitutionnalité. Notre peuple doit le savoir pour l'histoire et prendre toute action futur pour dénoncé ce crime contre lui !!!
2éme) Cela voudrait encore dire et c'est GRAVE que le système politique de notre pays actuel est toujours sous la HOULETTE des militaires???L’article 7 de la Constitution stipule clairement que «le peuple est la source de tout pouvoir ». DONC AU PEUPLE DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS !!! Point BARRE ???

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Oued Souf annaba tliba le Tunisien traficant de sa nationalité actuelle algérienne le DGSN le ministre Bedoui devraient partir avec Bouteflika ou mieux avant lui
Gaid Salah grand corrompu devant les hommes et dieu se ttompe lourdement son avenir est périlleux et devrait vite partir à Dubaï rejoindre sa famille

L'ANP est piégé par l'inculte et mégalomane Gaid Salah qui l'expose en première ligne dans la crise politique de manière anticonstitutionnelle et Elle aura face à elle les millions d'Algériens ce vendredi.
Un seul mot d'ordre Gaid Salah dégage à Dubaï
Pire en cas de dérive de l'armée contre le peuple pacifique et souverain l'armée se retrouverait face au destructeur des armées Arabes une coalition militaire internationale déjà bien implantée en mer méditerranée et aux frontières orientables et occidentales de l'Algérie un remake de la tragique destruction de l'armée irakienne.
Pas de fanfaronnade beaucoup de nos militaires sont classés "soldats mille feuilles' autrement rapidement consommés.
Gaid Salah veut jouer l'article 102 a Trente jours de la fin du mandat de Bouteflika ce 18 et non le 28 Avril si élections été maintenue dans Bouteflika.
Gaid Salah on vous l'a dit et redit aspire au fauteuil de son bienfaiteur Bouteflika et écouter ce drabki originaire de Gafsa Tunisie saidani ancien gardien à naftal et indicateur au CTRI ex DRS de la quatrième région militaire aujourd'hui millionnaire à Paris tout comme Sellal et son restaurant "Fouquet" brûlé à Paris par les gilets jaunes...?
Ces deux animaux Gaid Salah et saidani devraient être mis dans une cage du parc zoologique de ben aknoun.
Il croit Gaid Salah être maître à. Bord d'un navire amiral...neni il sera humilier pire que Bouteflika qui cache même son identité d'hospitalisation à Genève regarder la presse Suisse qui révèle l'utilisation d'un nom d'emprunt faux Pour son hospitalisation et n'edt jamais sorti des chu de Genève et tout ce qu'a fait Gaid Salah du Faux avec Bedoui Saïd Bouteflika crachant la vérité aux Algériens.
Pire ils décidaient et ecriver au nom du président avec la complicité bienveillante française et lâche de la Russie alors que. Lavrov ouvre sa gueule pour croire pouvoir influencer le cours des événements.
Dans ce vaste bordel militaire et civil du pouvoir des Bouteflika Gaid Salah joue au Zorro sauveur lui ce Grand zerro ramasser des poubelles des retraites.
Wallah la destruction du pays n'est pas loin
Le peuple à forcer Bouteflika au départ que l'armée nettoie ses déchets Sinon Elle sera lessivée par d'autres plus forts.
Ou que tous les généraux s'ilw sont patriotes rejoignent le peuple et aide à inciner la poubelle Bouteflika dans ses composantes claniques militaires et civiles.
Dernière limite cette fois que Gaid Salah et quelques deux ou trois généraux ont franchis à Ouargla ville de Bedoui .
Une chose sûre si ce carnaval Gaid Salah continue dans ses grossière manœuvres débiles le résultat tout ce beau Monde des horreurs sera anéanti.
Aucun doute et pas de naïveté ils seront détruits car il est tombé dans son propre piège le pouvoir gerontocrate politique et militaire.
Rohtou takwdou avant fin mars 2019

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