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SAHEL

L'autoproclamé maréchal Idriss Déby coupe l'internet aux Tchadiens

Au Tchad, cela fait bientôt une semaine que les provinces n’ont pas accès à Internet et dans la capitale et en province, impossible d’avoir le moindre signal Internet. Aucune explication n’a été donnée par les autorités mais de sources concordantes, tout est parti du lynchage d’un officier de l’armée qui a dégénéré. Internet sans frontières condamne cette décision.

Idriss Déby, maréchal autoproclamé, ne supporte pas la critique. Comme ses pairs autocrates, il s'en prend alors aux réseaux sociaux, dernier espace de liberté d'expression. Le 14 juillet dernier, sur un marché de la capitale, un conflit entre un colonel de l’armée et des mécaniciens dégénère. L’officier est lynché par de nombreux jeunes et des vidéos de la scène, diffusées sur les réseaux sociaux suscitent l’émoi au point où les communautés dont sont issues les protagonistes s’indignent.

Les noms d’oiseaux et les menaces de morts fusent obligeant les autorités à bloquer l’accès aux réseaux sociaux dans la capitale. En province, c’est tout le réseau internet qui est coupé.

Une situation anormale, pour l'ONG Internet Sans frontières : 

"Nous avons été prévenus par des lanceurs d’alerte et notre représentant au Tchad que WhatsApp avait été coupé. Deux jours plus tard, beaucoup de lanceurs d’alerte nous ont informés qu’internet était inaccessible dans presque toutes les villes de province. Nous condamnons cette énième coupure et demandons au gouvernement tchadien de lever cette censure. En pleine crise sanitaire, il est inadmissible que le gouvernement s’adonne à ce genre de pratiques, étant donné l’importance d’internet en cette période. Quelle que soit l’inquiétude du gouvernement, couper internet n’est pas la solution. Le gouvernement tchadien n’a pas expliqué le pourquoi de cette coupure. Nous devons ensemble -les organisations de la société civile, les télécommunications, le gouvernement et les organisations internationales- travailler ensemble afin de rendre internet sûre et fiable. Si le gouvernement tchadien ne nous écoute pas, nous projetons d'attaquer l’État tchadien auprès de la Cour africaine des droits de l’homme, afin que le gouvernement respecte le droit des Tchadiens à la connectivité."

Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, le directeur Afrique de l'organisation Internet sans frontières

Esdras Ndikumana « Nous sommes contre les propos haineux, mais ce n'est pas une raison pour priver tous les Tchadiens de cet outil », renchérit Noubaressem Blaise, le représentant de l'ONG au Tchad, interrogé par notre correspondant, Madjisra Nako." 

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Avec RFI