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Débat

Le bioterrorisme politique attaque Blida : imagine et vérifie…

Quand la science et l’éducation sont absentes, il faut s'attendre au pire. Soyons sérieux et revenons à la raison.

En période d’incertitude, le public se tourne souvent vers les élus pour des conseils et pour être rassuré. Est-ce que nos élus sont capables de nous rassurer quand le flou nous gouverne ?

Blida a souffert du terrorisme durant 15 ans. Les habitants de Blida sont devenus une cible politique facile.

Mon esprit est libre et n’a aucune tendance politique. Je suis un homme de science. La science ne peut se développer sans imagination et hypothèses. L’imagination n’est pas interdite. Les hypothèses sont nécessaires pour  le progrès de l’humanité.

J’ai lu et j’ai oublié. L’histoire du choléra à Blida m’a rafraichi la mémoire. Je sais qu’en France on est arrivé à la réalisation d’aérosols, d’obus et de bombes chargés de cultures bactériennes sous forme liquide pour disséminer des pathogènes. Les bactéries étudiées sont les agents du charbon, de la peste, du choléra, de la brucellose, de la dysenterie et de la typhoïde.  Imagine et vérifie. Tout est possible.

Dès la plus haute antiquité, des matériaux biologiques tels qu’ordures, cadavres, carcasses d’animaux, poisons (de scorpions, serpents, champignons) ont été utilisés de façon empirique comme armes pour affaiblir l’ennemi ou disséminer la mort.  Peut-être les déchets de l’Aïd tels que les peaux de moutons et autres sont devenus une arme dévastatrice. Imagine et vérifie. Tout est possible.

L’histoire nous informe : On a accusé l’Allemagne d’avoir utilisé les bactéries du choléra et de la peste respectivement en Italie et en Russie. Imagine et vérifie. Tout est possible.

J’imagine, je suppose, je vérifie mes suppositions pour arriver à une conclusion.

L’intérêt récent et rapide pour le bioterrorisme s’est traduit par l’émergence d’une profusion d’informations sur les différents aspects de cette question, mais dont la qualité est toutefois extrêmement variable. Le crime ou tout simplement le manque d’informations, associés à la peur que provoquent les attentats terroristes, ont fait naître un certain nombre de mythes qu’il convient aujourd’hui de propager.

Les attentats terroristes à l’arme biologique inquiètent le monde.  Au nombre des armes biologiques possibles figurent des bactéries et des virus ainsi que des toxines et divers poisons d’origine biologique. Peut-être les controverses  du cinquième mandat sont dans une souche de Vibrio cholerae introduite à Blida. Imagine et vérifie. Tout est possible.

Je justifie le titre en me référant à Renaud Piarroux et Stanislas Rebaudet (Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille) dans leur compte-rendu de juillet 2016. "Le choléra en Haïti historique de l’épidémie et de la lutte Perspectives Recommandations".  

"Les modalités d’introduction du choléra en Haïti expliquent l’ampleur initiale de l’épidémie. En effet, la contamination massive du fleuve Artibonite par une souche de Vibrio cholerae importée du Népal a provoqué l’infection simultanée de milliers de personnes qui ont bu l’eau de l’Artibonite et des canaux qui en partent. En l’espace de quelques jours, soit le temps nécessaire pour l’incubation de la maladie, plus de 10.000 cas suspects de choléra ont été recensés dans les structures de soins situées le long du fleuve".  La pollution du fleuve Artibonite avait une relation avec les élections Haïtiennes. Imagine et vérifie. Tout est possible…..

En 1981, le rapport Haig (rapport des Nations unies sur les armes chimiques et microbiologiques) dénonçait l’utilisation par les Soviétiques et leurs alliés, de mycotoxines, les pluies jaunes», pendant les campagnes du Laos, du Cambodge et d’Afghanistan.  Imagine et vérifie. Tout est possible…..

En 2001, après les attentats terroristes du 11 septembre de New York, des lettres mystérieuses, contenant des spores de Bacillus anthracis, furent expédiées à diverses adresses : la première, une semaine après, à une agence de presse en Floride, puis, les semaines suivantes, d’autres à plusieurs agences de presse à New York et à deux sénateurs à Washington DC. Une vingtaine de personnes furent infectées, dont cinq décédèrent. Imagine et vérifie. Tout est possible…..

C. O. M., professeur

Références

  1. Medical Aspects of Biological Warfare 2012. Army Medical Department Center and School (AMEDD&S). U.S. Army Health Readiness Center of Excellence (HRCoE)

  2. http://www.cs.amedd.army.mil/Portlet.aspx?ID=66cffe45-c1b8-4453-91e0-9275007fd157

  3. Arnon S.S., Schechter R., Inglesby T.V. et al. 2001. Working Group on Civilian Biodefense. Botulinum Toxin as a Biological Weapon : Medical and Public Health Management. JAMA 285(8):1059-70

  4. Berche P. 2009. L’histoire secrète des guerres biologiques : Mensonges et crimes d’État. Robert Laffont Ed., Paris. 396 p.

  5. Berche P. 2005. Vers des armes biologiques de nouvelle génération. Persée 70(1):137-146

  6. Binder P. & Lepick O. 2002. Les armes biologiques. Editions Puf.

  7. Bozza W.P, Tolleson W.H., Leslie A., Rosado L.A., Zhang B. 2015. Ricin Detection : Tracking active toxin. Biotechnology Advances 33 :117-123

  8. Christopher G.W., Cieslak T.J., Pavlin J.A., Eitzen E.M. 1997. Biological warfare : a historical perspec-tive. JAMA 278(5):412-417

  9. Deloye F., Schiavo G., Doussau F., Rossetto O., Montecucco C., Poulain B. 1996. Modes d’action molé-culaire des neurotoxines botuliques et tétanique. Médecine/sciences 12 :175-82

  10. Grmek M.D. 1979. Ruses de guerre biologique dans l’Antiquité. Revue des Études Grecques 92(436):141-163

 

Auteur
C.O.M.