Aller au contenu principal
Body

TEMOIGNAGE

Le cimetière des martyrs de Boudjima devenu un dépotoir : pourquoi le mépris ?

Ce 11 août 2019, jour de l’Aïd, pour la seconde fois, et à la même occasion, le portail du cimetière des chouhadas du chef-lieu de la commune de Boudjima, est resté désespérément clos.

Ayant vécu la triste expérience l’année dernière, la veille et afin d’éviter les désagréments d’une triste visite, j’ai personnellement pris le soin de prévenir l’un des adjoints au maire qui, en a fait part aux responsables.

Arrivés à 6 h du matin en ce jour d'Aïd, le portail clos et cadenassé, je me suis dirigé vers la loge des gardiens, située juste en face du cimetière. Le réveil brutal du gardien ne fut visiblement pas de son goût. Ce dernier se fendit d’insultes infamantes, vulgaires et inacceptables.

Je me suis rendu à la gendarmerie de Makouda à une vingtaine de kilomètres, daïra dont dépend notre commune. Je dois au demeurant préciser que l’accueil fut à la hauteur de mes attentes, fraternel et humain.

Le responsable a été sensible à ma requête et m’a demandé si je voulais porter plainte ou si j’acceptais un rappel à l’ordre. Il n’est pas de ma nature de cultiver les rapports belliqueux, surtout qu’humainement rien ne m’oppose aux dirigeants de la municipalité ; j’ai donc naturellement accepté la solution la plus simple, soit un rappel à l’ordre et demandé des excuses de la part du gardien.

Le responsable de la gendarmerie, en ma présence, a contacté le maire auquel il a demandé expressément de régler la situation concluant la discussion en ces termes : "Zeyer nna cwiya lhala". Terme clair pour signifier la remise en ordre et le rappel à la discipline de ses employés. Bien entendu cela n’a pas été suivi d’effet, les insultes et les menaces physiques relèvent de la culture ambiante et restent impunis.

Des pages entières ne suffiraient pas à décrire ma peine. Je me pose alors la question qui du maire ou de l’employé, est responsable d’un tel déni de droit, empêcher des citoyens de se recueillir sur les tombes des leurs est une perversité sans nom, j’en appelle aux responsables et aux pouvoirs publics d’en prendre acte.

L’association locale des enfants de chouhadas au courant de l’abandon du cimetière et de l’incurie de la municipalité, n’en souffle mot. A qui profite l’insulte des martyrs ?

Auteur
Akli Drouaz
 

Ajouter un commentaire