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DISSIDENCE CITOYENNE

Le collectif Libérons l’Algérie déplace le foyer de la contestation vers les lieux du pouvoir à Paris

Le collectif Libérons l’Algérie avec la coordination des autres collectifs signataires de l’appel du 24 mai 2019 "Halte à l’arbitraire, Halte à la répression" a organisé, vendredi 24 mai, une journée de mobilisation devant l’Ambassade d’Algérie à Paris.

Nombreuse et nombreux des ressortissants et binationaux  algériens, notamment celles et ceux résidant en région parisienne ont fait le déplacement pour exiger le départ immédiat du système, la mise en place des instances de la transition politique, la mise en chantier des revendications légitimes du peuple algérien, le rejet des élections du 4 juillet prochain, la libération des manifestants arrêtés tôt le matin et dénoncer cette répression qui semble s’installer durablement au fur à mesure dans le but de produire l’essoufflement de la révolution.

Le choix du lieu n’est pas fortuit, au-delà du fait qu’il s’inscrit dans la droite ligne du vœu des Algériens de diversifier les actions pour mettre la pression partout sur le pouvoir d’Alger. En choisissant ce lieu, le collectif Libérons l’Algérie déplace le foyer de contestation sous le nez des représentants du pouvoir qui semblent mener une vie tranquille dans ce bâtiment situé dans un quartier huppé de Paris et enraciné dans la verdure du parc Monceau, loin des tumultes du peuple obligé de manifester chaque vendredi à jeun en ce mois de ramadhan et par ce temps de chaleur asphyxiante pour réclamer son droit à décider de son destin.   

Malgré la chaleur éprouvante pour celles et ceux observant le Ramadan, le fait aussi que ce soit une journée ouvrée en France, une foule importante s’est vu contenir dans un périmètre exigu autorisé par la Préfecture de Police de Paris pour tenir le rassemblement. Il faut dire le lieu autorisé est sensiblement loin du bâtiment de l’ambassade, et c’est là que la plupart des gens veulent justement aller se faire entendre et scander leurs slogans au nez des représentants du pouvoir d’Alger. D’ailleurs, un cordon de sécurité du collectif a été très rapidement improvisé pour empêcher et contenir la foule dans cette petite place et éviter les débordements sur la voie publique.

Cela s’est passé au moment de l’arrivée d’un groupe de jeunes avec un « bendayer » en scandant des slogans visant nommément Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense «  Gaïd Salah chiat El Emirats »  (Gaid Salah le cireur de pompes des Emirats) faisant allusion à son allégeance inconditionnelle aux dirigeants des Emirats qui veulent escamoter la révolution algérienne, «Makench el intikhabat yal issabat » (Il n’y aura pas d’élections espèces de bandits !)

Une prise de parole a été aussi organisée comme dans tous les rassemblements de la place de la République, une sorte d’agora citoyenne, un moment de dialogue et d’écoute afin de libérer la parole.

Nombreuses et nombreux intervenants ont dénoncé et condamné avec la plus ferme véhémence les violences et les arrestations policières des manifestants arrêtés vendredi et celles des étudiants du mardi dernier, la caporalisation de la société et des institutions civiles par Ahmed Gaid Salah, rappelé  le rejet des élections du 04 juillet prochain et réitéré la sentence irrévocable du peuple du 22 février «  « Yetnehaw Ga3 ! » (Vous dégagez tous !) Parmi les intervenants, il y avait Danielle Simmonet de la France insoumise qui, par-delà son soutien à la révolution algérienne qu’elle qualifie « de citoyenne et d’écologique » avait des mots on ne peut plus flatteurs envers le peuple algérien en disant aux manifestants qu’elle est venue «prendre de votre énergie positive tout en s’exclamant : mais quelle leçon vous donnez au monde entier ! Quelle fierté vous pouvez avoir ! Le peuple algérien avec son courage et sa détermination donne une leçon au monde entier. »

Très optimiste et encourageante, elle dira même que la révolution citoyenne et pacifique algérienne est une incarnation de l’espoir dans le monde entier comme si le monde reposait sur les épaules du peuple algérien. Le défi et la tâche qui incombent à présent  à ce peuple qui n’en finit pas d’émerveiller le monde est non seulement historique, mais messianique dans la mesure où l’espoir d’un monde meilleur tient à la réussite de sa révolution. D’où la nécessité de continuer la mobilisation jusqu’à la concrétisation de cet objectif. C’est dire la pointure et la résonnance politique et économique du mouvement libérateur algérien et son impact aussi bien régional que mondial.

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La libération de l’Algérie de la mafia économique et politique incarnée par ce gang au pouvoir s’accrochant désespérément au dernier amarre, l’installation de la démocratie citoyenne et des instances de contrôle de l’Etat de droit en Algérie ouvrira des perspectives prometteuses pour le monde et entraînera le continent africain dans cette dynamique citoyenne pacifique.

Auteur
Omar Tarmelit
 

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