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Sécurité

Le contre-espionnage du DRS sur les traces du Mossad

La Russie a expulsé Vadim Liederman, l'attaché militaire de l'ambassade d'Israël à Moscou, pour espionnage, mercredi 18 mai au soir. L'attaché militaire et représentant du ministère de la défense israélien en Russie, par ailleurs colonel des forces armées israéliennes, a été arrêté la semaine dernière par les autorités russes, qui le soupçonnaient d'"espionnage", annonce un communiqué officiel. Vadim Liederman avait été interpellé dans un café de Moscou en compagnie d’un officier russe. "Il était soupçonné par les Russes de traiter avec plusieurs agents locaux". 

L’affaire peut paraître anodine pour le commun des Algériens. Pourtant, elle est loin de l'être. L’information n'était pas inconnue du département de renseignement et sécurité algérien, sur le qui-vive depuis pas mal de temps. Elle a conduit les limiers du département du contre-espionnage à rouvrir le dossier des 15 avions de combat Mig 29 Smt, renvoyés, en 2008, en Russie et surtout demandé aux autorités fédérales russes des précisions sur l’espion Vadim Liederman et le réseau d’espionnage israélien en Russie, écrit le quotidien El Khabar, dans son édition d’aujourd’hui.

Sukhoi et Mig 29 en ligne de mire. Après enquête, il fut établi que le service du Mossad israélien aurait mis la main dans le dispositif de transmission de données de ces avions de combat. Des manipulations qui auraient permis aux services d’espionnage israéliens d’obtenir toutes les informations ou mouvements de ces Mig 29 pendant leur utilisation par les pilotes algériens. Pas seulement. Les services de contre-espionnage algériens ont demandé aux autorités fédérales par des canaux diplomatiques, révèle encore El Khabar, le volume d’informations sensibles que cet espion aurait pu recueillir sur les armes destinées à l’Algérie. Il apparaît de plus en plus évident qu’Israël s’intéresse de très près aux contrats d’armement passés par le ministère de la Défense avec la Russie. Comme la modernisation de la flotte de la marine ou les avions de chasse Mig 29 et les Sukhoi Su-30.

Infos ultra-sensibles. Les informations disponibles indiquent que la longue enquête se poursuivait depuis plusieurs mois, elle a conduit à la découverte de cet espion introduit dans le complexe militaro-industriel russe du réseau israélien, ce qui a décidé les autorités russes d'expulser l'espion, couvert par une immunité diplomatique. Le contre-espionnage russe avait conclu que la tâche de Vadim Liederman était d’essayer d'obtenir des informations sur les transactions conclues par l'Algérie avec la Russie sur les Sukhoi 30 et le système de défense aérienne de type face Baensteir. Letout est aussi de savoir le degré d'infiltration de ce réseau dans des groupes russes comme Irkout. Enfin, selon les dernières informations, les spécialistes de la sécurité algérienne en lutte contre les logiciels espions, ont ouvert un canal de communication avec les autorités russes de sécurité afin de déterminer les systèmes d'information des armes qui ont été importés en Algérie en provenance de Russie au cours des six dernières années et qui auraient pu être divulgués à l'espion israélien. En outre, le service d’espionnage algérien a découvert, selon El Khabar, que des informations ultra-sensibles sur les missiles achetés auprès de fournisseur européens sont arrivées entre les mains des services israéliens.

Rappelons que l’Algérie avait insisté en 2009 auprès des autorités fédérales russes afin de renforcer la surveillance et la protection de l’acheminement des armes pour l’Algérie. Dans son obsession sécuritaire, Israël s’intéresse également depuis toujours au complexe militaire russe, vu que celui-ci est le fournisseur attitré de la Syrie voisine, de l’Iran et par ricochet du Hizbollah libanais.

Auteur
La rédaction avec El Khabar