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REGARD

Le défi algérien

Le fossé se creuse, chaque jour davantage, entre ceux d'en haut et ceux d'en bas. La cassure est consommée et aucune thérapie, à part la démocratie bien entendu, n'est à même de soulager le corps malade de la nation.

Hélas! à peine sorti du cauchemar de la dictature bouteflikienne, le pays se retrouve face au défi de la contre-révolution et des manipulations de toutes sortes. Hier seulement, les décideurs nous ont présenté, avec clairons et trompettes, un homme gravement malade à la plus haute charge de l’État.

Les fomenteurs de la magouille, des proches du système qui tirent profit de la manne rentière, rendaient même, toute honte bue, des hommages à un cadre, en lieu et place d'un président devenu virtuel, à chaque célébration officielle. Les ovations et les youyous résonnaient dans des salles archicombles et des stars de la chanson mondialement connues sont mobilisées pour les besoins de la cause.

Faisant fi de toute éthique de responsabilité, des laudateurs et de fausses fortunes, illégalement enrichies des biens de la collectivité, s'enchaînent aux micros de la télévision pour sublimer les vertus du raïs et sa perspicacité, en glosant au passage sur tous ceux qui osent émettre la moindre opposition au projet grandiose de «fakhamatouhou». N'hésitant jamais à tirer à boulets rouges sur les réfractaires qui doutaient de leur choix, les voix serviles combien nombreuses du caravansérail crient au complot contre l'Algérie, quand, en réalité, il ne s'agit seulement que d'une simple critique contre leurs intérêts claniques étroits.

Derrière l'écran, les Algériens se bouchent et les yeux et les oreilles, tellement le scénario est fade, voire débile. Même Charlie Chaplin, le roi de la comédie, n'en aurait pas cru ses yeux, au regard du scénario qui donne le tournis à quiconque possédant un minimum de clairvoyance et de bon sens. Au grand malheur des usurpateurs de la voix populaire, la stratégie du mensonge a fait rapidement long feu à mi-chemin et l’échafaudage de la mascarade est tombé sur leurs têtes.

En revanche, la bataille pour la démocratie n'est pas encore terminée pour les Algériens, car certains crocodiles d'hier se sont transformés aujourd'hui en caméléons, jouant aux Don Quichotte, pleins d'amour et de belles intentions pour une Algérie qu'ils ont pourtant arnaquée et un peuple qu'ils ont foulé aux pieds.

L'enjeu maintenant est de réussir «cette révolution du sourire», en dévoilant les desseins inavoués de ces derniers, sans provoquer ni de division ni sentiment de revanche dans le mouvement populaire. L'Algérie a besoins de toutes ses forces vives pour se reconstruire sur de bonnes bases.

 

Auteur
Kamal Guerroua
 

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