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COMMENTAIRE

Le FFS boycotte finalement les législatives

Dans un sursaut de dignité, le Conseil national du FFS a voté massivement pour le boycott des élections législatives du 12 juin prochain.

Le camp démocrate a tourné le dos dans sa globalité aux législatives qu'a imposé le régime à marche forcée. Après le RCD et le PT, voilà que le FFS vient de décider à travers une résolution le boycott. La chose n'était pourtant pas gagnée. Alors même que la base affirmait son rejet de l'agenda du pouvoir, la direction du FFS, reçue par Tebboune penchait sérieusement pour la participation à cette élection.

Même la tenue du Conseil national, qui se tenait habituellement au siège nationale a été délocalisé au centre de jeunesse de Sidi Fredj (Alger). C'est dire que tout n'était pas gagné d'avance pour les partisans du boycott. Une déclaration signée par plus de 150 cadres et militants actifs du parti que nous avions rendue publique avertissait sur une éventuelle participation du parti à cette élection.

Pour autant, après un débat âpre, les membres du conseil national ont voté pour la non-participation. La raison des militants de base a prévalu au sein du parti.

Le FFS estime que vu "l’état alarmant du pays sur la plan politique, économique et sociale, et les menaces qui pèsent sur sa stabilité et sa sécurité, l’impact des menaces avérées à ses frontières et des velléités d’interventions extérieures, visant à porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à a sa souveraineté... les conditions et que les élections ne constituent pas la solution à la crise multidimensionnelle que vit le pays. Par conséquent, le FFS ne peut pas participer à cette élection".

Le parti appelle le pouvoir à la "concrétisation des revendication populaires et à prendre les mesures permettant au peuple algérien le libre exercice de son droit à l’autodétermination".

Il n'échappe à personne la situation délétère de la liberté d'expression et des droits de l'homme dans le pays. Aussi, dans la même déclaration, le FFS exhorte le régime à respecter les "libertés fondamentales et à l’accès équitable aux médias à tous les acteurs politiques et sociaux". Et enfin à "l’organisation d’élections propres, honnêtes et transparentes."

Des centaines de milliers de manifestants brocardent copieusement, chaque semaine, l'agenda du pouvoir. Cette législative qui réunit exclusivement les mêmes partis qui ont soutenu le clan honni des Bouteflika, est rejetée par la rue.

Le boycott de cette élection par le FFS vide plus que jamais ce rendez-vous électoral pour lequel le régime n'a donné aucune signe de transparence et de régularité. Le peuple de manifestants n'a certes rien obtenu depuis deux ans, mais le régime en place n'a, lui aussi, pas gagné en stabilité.

La crise économique qui ronge des pans entiers de la société, les décisions hiératiques du gouvernement, le manque de visibilité et le ras-le-bol populaire qui couve pourraient faire sauter le couvercle de ce précaire pacifisme qui caractérise la contestation. Les signes ne trompent pas, l'impatience est sur toutes les lèvres.

Avec l'absence du FFS et du RCD, on s'achemine inévitablement vers un 0% de participation en Kabylie. Comme au demeurant à la présidentielle et au référendum constitutionnel massivement boudés par les Algériens.

Le clan au pouvoir est-il disposé à organiser une troisième élection sans la participation du peuple ? 

Auteur
L. M.