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REGARD

Le jeu des moines dans la gestion d’oxygène 

Le temps est un juge impitoyable : quand il s’agit des maladies les plus cachées et les plus difficiles, le jugement est dicté moins par l’auteur que par l’imagination. Hippocrate.

Si nous acceptons que nous sommes tous libres dans nos speeches, nous devons aussi accepter que nous sommes responsables des conséquences de nos actes et paroles. La liberté de la parole ne signifie pas désordre et chaos.  Un mouvement de notre langue vers la mauvaise direction, un mot mal placé ou une action non réfléchie dans les réseaux sociaux ou dans une intervention télévisée engendrent des conséquences graves. Même si le jugement ne tombe pas du ciel, il fait généralement justice et donne raison à celui qui le mérite.   

Aujourd’hui c’est la fin du temps.  Le temps où l’imagination dans anticipation et le désordre dans la gestion de l’imprévu se confondent. Dans ce temps de pagaille bureaucratique, les moines de l’administration chantent l’anticipation à la manière de Carly Simon.  Nous ne pouvons jamais voir et savoir pour les jours à venir.  Mais on pense à eux quand même et on se demande si nous sommes vraiment avec vous maintenant. Ainsi, lesdits moines limitent nos imaginations et pensent que tous les problèmes que nous rencontrons dans notre vie quotidienne viennent d’une confusion entre le roi tel qu’il était et le roi tel qu’il est, entre l’anticipation chantée et la pure réalité dans les rouages administratifs corrompus. 

Les profiteurs de la pandémie suivent le roi et sont invisibles dans le temps et dans l’espace. Ils changent de personnalités et de costumes en fonction de l’humeur et l’humour du roi dans un   décor imaginaire.  Dans leurs actes, ils confondent le roi à son entourage et appliquent le fameux axiome: la politique des invisibles, c’est l’art de s’adapter au pouvoir des rois le plus longtemps. 

Accroissant leur génie, les opportunistes bénéficient de ce désordre administratif pour remplir leurs poches. En contraste, les parasites du système pensent que l’intuition et l’imagination dans la gérance d’une nation en période de crise épidémique sont réservées aux rois seulement. Cette affirmation n’est pas juste.  En période de pandémie, les citoyens pensent que la vérité est dans les faits et non pas dans l’imagination.

Personne ne peut nier que la crise de la Covid-19 est sans précédent et engendre un immense désordre dans toutes nos activités quotidiennes.  Elle impose de nouveaux comportements et nous oblige à repenser notre mode de vie et introduire de nouvelles réflexions sur nos manières de faire de la sécurité. L’inattendu et le bouleversement ont frappé un grand coup avec la crise liée à la Covid-19. 

Dans cette crise de Covid-19 est apparue plus que jamais la nécessité de savoir manager et décider dans l’incertain. Il est utile de signaler que dans univers inconnu et caché, la perception des risques varie selon les risques et les personnes qui font face à la mort.  L’expérience nous démontre qu’une personne habituée à un risque a tendance à le minimiser.

Un médecin expert ne voit pas la crise du Covid-19 comme un citoyen lambda. Chez nous, les médecins nous ont recommandés les méthodes préventives dès le début de l’épidémie.  Le professeur Dongo Rémi Kouabenan nous informe « On ne peut plus faire de prévention sans les gens. Imposer des décisions sans associer en amont les destinataires n’a que peu de chances de succès. » 

Pour justifier le désordre mondial, je continue ma contribution par les idées de Catherine Bréchignac. Pour cette philosophe, le virus fait irruption dans notre ordre sociétal et crée un désordre. C'est inhérent le fait de voir de l'ordre et du désordre. La vie n'existerait pas sans ordre, mais pas non plus sans désordre. L'ordre est en quelques sortes le squelette, et le désordre, le mouvement (…) Les deux sont liés, sont utiles, très importants. Dans l'époque actuelle, avec le Covid, c'est un désordre qui sera très utile pour la suite car l'Histoire se reproduit toujours.  

La bonté dans le comportement est demandée en période pandémique. Mais l’expérience dans la vie nous démontre que pour être bon, il faut mettre de l’âme, des émotions, des sentiments et de la lucidité à notre travail quotidien en période de crise. Hélas !

Certains manquent d’intelligence verbale et linguistique quand ils s’adressent à leurs semblables en tant que responsables. 

Sans expertise ou connaissances approfondies dans le domaine, ils occupent le petit écran et sèment la panique et la peur en dressant un tableau noir sans réfléchir aux conséquences. Ajoutons à cela, le reniement de la réalité du risque, l’optimisme irréaliste et l’illusion du contrôle quand la fatigue comportementale s’installe et le port du masque recule. 

Par contre, d’autres possèdent cette intelligence et l’utilisent dans un message clair, nuancé, riche de vocabulaire oralement ou par écrit quand ils s’expriment et exposent leurs idées.  Cette intelligence offre à ces personnes la satisfaction de se faire comprendre d’une manière juste et satisfaisante. 

Entre ces deux images, certains commerçants veulent s’enrichir en un temps record dans la pandémie. Ils oublient que les riches comme les pauvres ont tous besoin d’oxygène. Dieu n’a pas créé deux oxygènes. Un pour les riches et l’autre pour les pauvres ! Riches ou pauvres, moines ou fidèles aux moines nous avons tous passé le même séjour dans le ventre de nos mères et nous avons respiré le même oxygène dissout dans le sang de nos mères. Nous sommes tous venus à ce monde sans vêtements et pourvus des mêmes cerveaux. En fin,  nous finirons couverts de terre dans un trou cette même terre. 

Le problème de corruption pendant la pandémie n’est pas propre à l’Algérie.  En Allemagne, un scandale de corruption qui a conduit à la démission de deux députés conservateurs (CSU/CDU) au Bundestag : Georg Nüsslein et Nikolas Löbel, soupçonnés d’avoir perçu plusieurs centaines de milliers d’euros de commissions pour des achats de masques par les autorités. 

Le manque d’oxygène est un faux problème

En Algérie la production d’oxygène est maitrisée. La technologie de production d’oxygène est plus simple que la liquéfaction du gaz naturel à Arzew et Skikda. Dans cette technologie l’air est liquéfié pour la production d’azote et d’oxygène. 

Pour les ingénieurs de la Sonatrach cette technologie ne pose aucun problème puisque l’air est gratuit et disponible en quantité abondante dans l’atmosphère. Signalons que la teneur en oxygène de l’atmosphère s’élève à environ 23 %, celle des océans à 86 %, celle de la croûte terrestre à 47 % et celle du corps humain à 60 %.

L’oxygène est un élément obligatoire pour la vie. Sans cette élément, la vie devient impossible sur cette terre.  C’est un oxydant très puissant. Précaution ! Trop d’oxygène pourrait nuire à la vie ou la modifier très sérieusement. Nous respirons environ 2500 litres d’oxygène par jour et ne pouvons survivre que très peu de temps sans oxygène. 

Le know how de séparation de ce gaz est maitrisé par les cadres de la Sonatrach. Nous devons être fiers, les premiers ingénieurs au monde en gaz liquide sont sortis de l’institut algérien du pétrole en 1976. Leur compétence et leur talent sont reconnus dans le monde. Hélas et mille fois hélas !

Les moines corrompus n’ont pas apprécié leur honnêteté dans le monastère. Certains moines ont été jusqu’à assurer à leurs fidèles que le salut dans l’au-delà dépendait du montant de leurs dons en liquide versé dans des comptes étrangers.  

La conclusion est simple. aujourd’hui, le monde fait face à de nombreux désordres qu’ils soient économiques, éducatifs, sociaux, règlementaires et technologiques. Nous vivons une crise économique sans précèdent avec une haute spéculation même dans les produits nécessaires pour la vie. 

Face à la volatilité des marchés mondiaux, aucun modèle logique ne peut prédire le futur de nos enfants dans ce monde. Nous vivons l’angoisse dans un monde délimité par l’égoïsme et les désengagements des collaborateurs. Un monde déchiré par des revendications des jeunes chômeurs et dépourvu de toute responsabilité sociétale et égalité dans l’univers du travail. Un monde dirigé par des autorités managériales corrompues et inhumains.

Le digital et l’intelligence artificielle ne servent plus au bienêtre de l’humanité. Ils sont manipulés par des mains riches et sans conscience. La technologie numérique est devenue un excellent outil d’espionnage et de déstabilisation des pays dans le monde. Le dollar est maitre de la planète.

L’injustice sociale est un mode de civilisation. La robotisation des cœurs et la recherche inhumaine se hâtent pour transformer l’oxyde de carbone en oxygène sur la planète Mars alors que les malades du covid-19 dans les pays pauvres souffrent l’enfer par manque d’oxygène.

La crise d’oxygène est due au désordre dans la gestion. Ce désordre entraine une forte corruption dans un manque de vision dans une planification héritée de l’ancien monastère. Souhaitons, qu’après l’obligation et l’urgence vient l’heure des comptes dans la gestion de pandémie. Une fois de plus, espérons que les moines, opportunistes et les profiteurs de la crise d’oxygène vont payer le prix de leurs actes criminels. 

Auteur
Pr. Omar Chaalal, expert en gaz liquide