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REGARD

Le jour où vous avez condamné Drareni...

Rien ne semble perturber M. Tebboune, ni la pénurie de billets de banque, ni les dernières inondations, ni encore moins la réputation de régime bananier qu’il est en train de conquérir brillamment sur la scène internationale.

Après tout, les inondations ne sont-elles pas la preuve qu’on peut très bien manquer de liquide mais pas d’eau et que, du reste, depuis au moins vingt ans, on ne paye plus les salaires en billets de banque mais en pots-de-vin, mode de rémunération très pratique, et modulable selon le client, en comptes offshore pour les bons amis, en hôtels à Barcelone pour les intimes, en pages publicitaires pour les journaux à charge pour chacun de mettre de l’eau dans leur vin avant de vider le pot.

On s’évite ainsi de contrarier le gouvernement en le forçant à des justifications impossibles, comme celle de s’interroger sur la manie des dirigeants algériens d’oublier, depuis 60 ans, de décrasser les canalisations avant la saison des pluies… Comme si l’on avait le temps de nettoyer à la fois les coffres-forts et les égouts.

C’est donc en toute sérénité que M. Tebboune a préféré, plutôt que de tenir une réunion d’urgence sur les inondations, recevoir, pour un long tête-à-tête, un personnage qui compte parmi les plus pervers de la classe politique algérienne.

Abdelaziz Belkhadem est un islamiste d’un genre particulier, qui met le kamis pour dépouiller ses victimes et le costume Smalto pour pleurer avec elles. Un homme de la issaba bouteflikienne au même titre, sinon plus, que Sellal ou Ouyahia.

Qu’avait donc à lui dire le président de la République ? Sa recette pour revenir du pèlerinage moins dévot qu’il est parti ? Le chef de l’État a-t-il conscience qu’il blanchit un des plus ancien artisans du pouvoir bouteflilkiste et l’homme des basses besognes, celui qui, bien avant Ould Abbès, a été le premier à proposer aux grosses fortunes du pays, d’acheter des mandats électifs au sein du FLN et de devenir député contre quelques milliards.

Devinez le nom de son premier client : Tliba ! C’est en 2011, à Annaba, ville que le richissime émir de la contrebande, alors au FNA, a convenu d’un accord avec le sieur Belkhadem pour un transfert au FLN, un siège au BP du FLN et …le poste de vice-président de l’Assemblée nationale, le tout pour un prix d’amis : onze milliards !

C’était la porte ouverte au souk : les milliardaires ont afflué de toutes parts : Cherif Ould El Hocine, président de la Chambre nationale de l’agriculture, propulsé membre du Comité central avant de se faire élire à l’Assemblée comme député sur la liste du FLN et finir ensuite président de la commission de l’agriculture au Parlement ; le Crésus de Tébessa, Mohamed Djemaï, qui a acheté sa place au Comité central du FLN puis son mandat de député à l'Assemblée nationale où il sera non seulement élu mais propulsé chef de groupe parlementaire du FLN avant que de véhémentes protestations des militants fassent reculer la direction du parti ; le milliardaire de Blida, Ahmed Djellat, reculer la direction du parti ; le milliardaire de Blida, Ahmed Djellat, le milliardaire d'Adrar, Ali Hamel, le milliardaire de M’sila, Dilmi Abdelatif, sont les autres affairistes fortunés, pour ne citer qu'eux...

Et le chef d’orchestre de toute cette foire mafieuse, M. Tebboune, ce capo en kamis, l‘organisateur du putsch de 2004 (épisode de la justice de la nuit) qui a permis au clan Bouteflika de se relancer, c’est l’homme que vous avez reçu hier, en grandes pompes, un jour d’inondations, le jour où vous avez condamné un jeune journaliste à 4 ans de prison.

Belkhadem est en liberté ; Khaled Drareni en prison.

Auteur
Mohamed Benchicou