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URGENT

Le journaliste Moncef Ait-Kaci jeté en prison

Le journaliste Moncef Aït-Kaci et le technicien de caméra Ramdane Rahmouni ont été placés ce mardi 28 juillet en détention provisoire, par le procureur du tribunal de Bir Mourad Raïs.

Enième coup de tonnerre contre la liberté de la presse. Un journaliste indépendant et un technicien des médias sont embastillés. Son avocat Me Abdelghani Badi.a souligné que les accusations retenues étaient «graves », sans donner plus de détails.

Moncef Aït Kaci a retracé dans un lettre publiée par Casbah tribune la genèse de son affaire. "J’écris ce message très rapidement, je l’ai rédigé quand j’ai appris ce samedi 18 juillet que je devais me présenter à la Gendarmerie pour récupérer ma convocation et passer chez le procureur dans le cadre de la clôture de l’enquête qui, je le rappelle, a un lien avec ma fonction de correspondant France 24 , et les prestataires techniques, mais pas avec mes écrits ni mes correspondances éditoriales.

Alors qu’on m’a assuré que c’était simplement pour récupérer une convocation et passer chez le procureur, ce qui nous a tous laisser croire que c’est un signe positif d’apaisement pour fermer ce dossier où j’ai été impliqué, indépendamment de ma volonté, voilà que je me retrouve piégé sans comprendre ce que j’ai fait pour mériter tout ça , moi qui ai toujours tout fait pour rester professionnel et intègre, et « ils » le savent pertinemment !

Je vous informe aussi que j’ai eu une proposition durant l’été 2019, pour présenter le JT de Canal Algérie. J’ai décliné, poliment, cette proposition, en expliquant que j’étais déjà sous contrat et que l’expérience de correspondant me plaisait beaucoup, elle rentrait naturellement dans le cadre de mon parcours.

Retenir donc les dates que j’ai mentionnées pour raconter ma mésaventure, du jour où j’ai appris que j’avais été sous le coup d’une ISTN (décidée le 11 décembre 2019), au jour de l’appel de la gendarmerie (le 18 juillet 2020), une ISTN qui, je le souligne, a été renouvelée le 17 mars 2020."

Ce journaliste passionné rejoint en détention un autre journaliste tout aussi attaché à son métier, Khaled Drareni qui croupit en prison depuis fin mars dernier.

Ce jour même du placement en détention provisoire du journaliste Moncef Aït Kaci et du caméraman Ramdane Rahmouni, le ministre de la Communication Ammar Belhimer apprend à l'opinion publique dans une déclaration reprise par l'APS que "l'Algérie offre toutes les facilités aux correspondants des médias étrangers pour leur permettre d'exercer leur métier et ce, dans le respect des règles d'éthique et de déontologie".

Cette annonce tombe bien sous le sens quand on sait que des journalistes algériens comme Moncef Aït Kaci qui passe ce soir sa première nuit à la prison sont priés de ne pas "piger" pour la presse étrangère... 

Auteur
L. M.