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NOUR-EDDINE BOUKROUH

Le “peuple et son armée” ? “L’armée et son peuple” ?

Cette question s’impose après la lecture de l’éditorial du dernier numéro de la revue « El-Djeich » (paru le 8 mars), organe mensuel du ministère de la Défense nationale.

Elle devrait être adressée à l’auteur de l’éditorial, mais on sait qu’un éditorial reflète le point de vue officiel de l’entreprise ou de l’institution qui le possède. D’où, souvent, son anonymat.

En l’occurrence, c’est l’armée, représentée par le ministre de la Défense nationale qui, chez nous, se trouve être le président Bouteflika.
Etant absent de ses fonctions, le vice-ministre de la Défense le remplace pour ce qui touche aux affaires militaires et même un peu plus puisque depuis quinze jours on ne voit et n’entend que lui sur la scène politique, d’abord menaçant, puis rassurant.


C’est donc à lui que sera posée sans enthousiasme la problématique car quiconque l’a entendu cet après-midi sait à quelle école il appartient : celle de « L’armée et son peuple ».

Monsieur le vice-ministre de la Défense, général de corps d’armée et chef d’état-major Gaïd Salah, j’aimerais, avec votre permission, vous signaler quelques légères erreurs apparaissant dans cet éditorial, avec l’espoir que vous ne tarderez pas à ordonner leur rectification pour éviter leur réitération à l’avenir.

1) « Les acquis réalisés par notre armée dans nombre de domaines, sa présence inconditionnelle aux côtés de sa nation dans toutes les épreuves endurées par le pays, démontrent l’attachement du peuple à son armée, leur cohésion, leur communauté de destin, l’unité de leur vision de l’avenir, parce que tous les deux appartiennent à une seule patrie…»

Quand on les lit sans s’appesantir sur le sens des mots-clés (armée, nation, peuple, patrie), ces lignes paraissent tout ce qu’il y a de normal. Elles sont même rassurantes et touchantes en cette phase décisive que traverse le pays. Mais quand on les lit en scrutant leur sens profond, on découvre une confusion dans leur emploi.

On sait que le mot « nation » recouvre l’ensemble des éléments constitutifs d’un pays : ses habitants, son territoire et son appareil étatique déployé en la forme d’institutions diverses et complémentaires (Gouvernement, Parlement, Administration, Conseils…).

L’armée ne peut pas se tenir « aux côtés de sa nation » car elle ne forme pas un binôme avec elle. Elle ne lui est pas extérieure. Elle n’a pas d’existence autonome à l’instar des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Elle fait partie du premier dont elle reçoit les ordres.

On ne peut, dès lors, soutenir que « tous les deux appartiennent à une seule patrie » parce qu’ils ne sont pas deux entités distinctes, et parce que les mots patrie et nation sont synonymes. Il en découle que ce n’est pas au peuple d’être attaché à son armée, mais à l’armée d’être attachée à son peuple.

2) Il est question dans l’éditorial de « l’unité de leur vision de l’avenir », formulation qui confirme ce qui lui est reproché, à savoir la conception binaire aux termes de laquelle l’armée, d’un côté, et le peuple, de l’autre, seraient deux corps ayant des visions propres qui peuvent converger ou diverger.

Une armée ne peut pas avoir une vision particulière de l’avenir de sa nation, mais seulement de son domaine. Cette vision sectorielle s’articule à d’autres pour donner la vision d’ensemble que promeuvent les représentants élus du peuple : président de la République, Parlement, Gouvernement et institutions publiques spécialisées… Sinon pourquoi la police n’aurait-elle pas la sienne ? Et d’autres organismes aussi…

Rabattant ces considérations sur les événements en cours, le monde entier connait la vision d’avenir exprimée par le peuple algérien : il ne veut pas d’un 5e mandat, et il ne veut plus du « système ».

Quelle est celle de l’armée ?

On ne sait pas, n’ayant affaire qu’à la personne du général Gaïd Salah dont le point de vue était diamétralement opposé à celui du peuple, puisqu'il était pour le déroulement de l’élection présidentielle du 18 avril, avant de rentrer dans un flou artistique.

Où est «l’unité de vision de l’avenir» ? A moins qu’il nous réserve une belle surprise : rallier bientôt la position du peuple, ce qui serait la meilleure chose qu'il ait faite dans sa vie dans l’intérêt de la nation, de l’avenir de l’Algérie, du peuple, de l’armée, de la région et du monde.

Ce qu’a dit cet après-midi le général ? «L’Algérie et l’Armée Nationale Populaire sont chanceuses d’avoir ce peuple ». De deux, dans la revue d’«El-Djeich», le nombre d’entités constituant l’Algérie est passé à trois dans sa bouche : l’Algérie, l’armée et le peuple, les deux premiers se félicitant d’avoir pour compagnon le troisième…

A-t-elle un sens la phrase (« L’Algérie est chanceuse d’avoir le peuple algérien ») ? Mais, général, sans le peuple algérien, l’Algérie ne serait qu’une terre vide qui ne pense pas et ne ressent rien, un paysage muet évoquant Mars, une nature morte sans armée portant le nom d’ANP…

La place et le rôle de l’armée dans la nation sont définis dans le préambule de la Constitution en ces termes :

« Digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, l’Armée Nationale Populaire assume ses missions constitutionnelles avec un engagement exemplaire ainsi qu’une disponibilité héroïque au sacrifice, chaque fois que le devoir national le requiert. Le peuple algérien nourrit une fierté et une reconnaissance légitimes à l’endroit de son Armée Nationale Populaire, pour la préservation du pays contre toute menace extérieure, et pour sa contribution essentielle à la protection des citoyens, des institutions et des biens, contre le fléau du terrorisme, ce qui contribue au renforcement de la cohésion nationale et à la consécration de l’esprit de solidarité entre le peuple et son armée. L’Etat veille à la professionnalisation et à la modernisation de l’Armée Nationale Populaire, de sorte qu’elle dispose des capacités requises pour la sauvegarde de l’indépendance nationale, la défense de la souveraineté nationale, de l’unité et de l’intégrité territoriale du pays, ainsi que la protection de son espace terrestre, aérien et maritime ».

Dans le corps du texte de la Constitution, un seul article, sur 218, lui est consacré :

Art. 28 : « La consolidation et le développement du potentiel de défense de la Nation s'organisent autour de l'Armée Nationale Populaire.

L'Armée Nationale Populaire a pour mission permanente la sauvegarde de l'indépendance nationale et la défense de la souveraineté nationale.

Elle est chargée d'assurer la défense de l'unité et de l'intégrité territoriale du pays, ainsi que la protection de son espace terrestre, de son espace aérien et des différentes zones de son domaine maritime ».

Ni dans le Préambule, ni dans le corps du texte de la Constitution en vigueur, ni dans celles qui l’ont précédée, il n’a été question jamais de « souveraineté militaire », alors que l’Algérie n’a connu que cette souveraineté-là depuis 1962, souveraineté dans le choix des présidents de la République et souveraineté dans la gestion politique du pays.

C’est cela le «système», et c’est ce qui doit changer avec la révolution citoyenne en cours.

La Constitution affirme en son article 7 : «Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple».

Auteur
Nour-Eddine Boukrouh
 

Commentaires

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C'est les peuples qui font leurs armées et pas l'inverse. Une armée sous controle du parlement est au service de son peuple une armée au dessus du parlement est patronne du peuple. Celle qui mit le feu en Kabylie en 63 est une armée coloniale

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Au risque d'abuser dans a rhétorique et avec tous mes respects pour Mr Boukrouh dont la pertinence des contributions est à saluer, c'est une erreur de se référer à un faux document qui fait office de constitution plusieurs fois violée. La seule constitution et donc loi fondamentale en vigueur c'est la loi non écrite de la jungle: la loi du plus fort, du plus rusé, du plus inhumain, celle là oui elle est réelle, les Algériens de tous bords la vivent quotidiennement. C'est maintenant qu'il faut réfléchir à une constitution algerienne authentique car c'est maintenant que l'Algérie indépendante est en train de naître au forceps elle est vraie. Espérons que ce n'est pas une fausse couche.

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Dans leur refoulé ,leur formatage idéologique , les "indignes chefs képis" ,les MALG,boukharouba dit boumédienne,LA SM,le mari de hlima,nezzar,médienne,belkhir,lamari,LE DRS,bouteflika,kafi,gaid,LE DSS ....ces mercenaires de ces ex planqués aux frontiéres qui ont installé ,depuis AULNOY,en algérie un systéme de spoliation et de répression de l'algérie ,effectif en 1962, tout ce "LAID MONDE " DE MERCENAIRES PENSENT QUE LEUR ARMEE SYSTEMIQUE POSSEDE UN PAYS .....
D où cette haine et cette humiliation que cette armée squattée par ces "mercenaires" ont de tout le temps,depuis 1962 voué à cette algérie algerienne qu ils ont dépossédée de son INDEPENDANCE ,DE SA LIBERTE en la maintenant dans un état de déliquescence proche de son anéantissement!

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Mon pere m'as beaucoup parle de cette ANP quand elle etait rentre en Kabylie en 1963 ! Elle s'est conduite comme des nazis! Armee du peuple ?? mon oeil! armee au service de la mafia arabo-marocaine au pouvoir plutot.

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Espérant que Gaid Salah arrive à comprendre aussi que l'armée est nationale
Et appartient au peuple car populairre et ses militaires sont enfants de ce peuple.
Elle n'est ni l'armée d'un président ni celle d'un chef d'état major avec un commandant suprême des forces armées : le président de la République.
A quel titre ou article constitutionnel ou légal permet à Gaid Salah de faire de la politique ou de parler au nom de l'armée ou de forces armées ?
Cela s'appelle insurbodinstion militaire releva t de la court martiale partout dans le monde.
Cela s'identifie a la mutinerie et à la rebellion de votre personne sieur Gaid Salah et de votre état major....
Dommage et au lieu de consommer des milliards de dollars annuellement vous auriez modernisée cette armée en trois corps d'armée pour l'armée de terre pour mériter le grade de général de corps d'armée et l'armee de l'air ou algérien air force une autre armée de l'air ou forces aérospatiales en en 21 ème siècle avec la défense de notre vaste espace aérien et un état major de l'armée de l'air.
Idem pour la marine nationale ou forces navales avec ses fantassins ou fusillers marin avec son état major ta si Gaid Salah.
Notre armée accusé des retards organisationnelles et opérationnelle réels pour faire face aux autres éventuels ennemis de la nation d'abord ensuite de l'armée et des autres institutions de sécurité nationale...
Ensuite on met un état major interactif et appeller le état major général des forces armées ou inter-armes tout comme l'Académie inter-armes de Cherchell ta si Gaid Salah.
Le ministère de la défense est l'institution du gouvernement pour exécuter la politique nationale de la défense.
Celà est un minimum structurel pour professionnaliser l'armée dont le parlement la contrôle au sein de la commission de la défense contrôle législatif des élus du peuple ensuite on vous accordé les moyens financiers pourtant gérer sous contrôle le budget accordé.
Vous voyez ya Gaid Salah chacun son rôle et ses prérogatives autrement rah Al djeich wa rahat Al bilad . .. élémentaire ya si fait Salah étudié un peu ....
Vous vous attribuer par vous même de faux conceptions et des démarches graves et illicites
Pourquoi vous ne faites pas un coup d'État militaire contre le pouvoir encore légitime jusqu'au 18 avril et aussi puisqu'on y est massacrer le peuple qui manifeste de plein droit constitutionnel puisque c'est le souverain dans une république.
A bon entendeur salut partez si Gaid Salah qu'elle honte à 82 Années et analphabète politiquement et militairement parlant...
Créer vôtre république A N P et vous verrez votre internement psychiatrique à la rigueur humainement parlant au vu de votre âge.
Mon général vous étiez meilleur en tant Que commandant de la 36 ème B I M en 1979 à Bechar sous le commandement à l'époque de Chadli du chef de la 3eme région militaire dirigée par Khaled Nezzar.
Dommage au crépuscule de sa vie de se tromper soi même et Rénier son peuple et vôtre serment.
Enfin vos illusions de pouvoir sont vos seuls ennemis Allah ya'Afik

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: Mr Boukroh: Après avoir "BIEN LUE" votre analyse de situation sur la position "Officielle du moins" des dirigeants de notre armée je la trouve très pertinente et reflète la triste vérité de ce qui se passe actuellement et ce qui est arrivé avant et ce depuis notre indépendance en 1962 . Mais mon frère ne voyez-vous pas que pour le moment qu'il faut "ESSAYER" de trouver une sortie de crise à l'amiable sans dégâts MAJEUR là où ces grabataires l'ont mis et surtout comme vous l'avez si bien dit avec comme prise (Au gouvernail) un général major & en + ministre donc qui se trouve avec 2 casquettes et qui peut soufflé le chaud ou le froid sur la situation actuelle (Sauf retournement de situation de dernière minute voulu par le créateur et la persistance de notre peuple qui a amplement démontré sa détermination d'aller jusqu'au bout de ses désira tas ) Mais au final, Nous formulons l'espoir d’être entendu par les vrais FILS des OULED EL BLED HONNÊTE (Officiers/Djounouds) DANS NOTRE ARMÉE pour nous permettre des jours meilleurs File- EL DJAZAIR.....

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