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COMMENTAIRE

Le pouvoir algérien en panne d'inspiration

Tebboune et ses parrains ne supportent aucun agenda autre que le leur. Celui de maintenir le système tel qu'il est  depuis 1962.

Depuis le retour en force du Hirak qui continue inlassablement à drainer des masses entières dans les rues des villes du pays, après une période de mise en veilleuse de plusieurs mois de confinement pour cause de la Covid-19, le pouvoir ne donne pas l'impression de maîtriser la situation au regard des innombrables erreurs d'appréciation commises lors d'une certaine prise de décision.

De l'avis des observateurs de la scène algérienne, le pouvoir en place n'a nullement l'intention d'abdiquer pour asseoir un climat de sérénité conformément à la volonté populaire, mais de vouloir aller trop vite en besogne pour parvenir à étouffer la protesta. 

Cette manière ubuesque de toujours continuer à attiser l'escalade de la violence comme moyen de dissuasion dans le but de semer la peur et la confusion dans les rangs du Hirak, relève d'une époque complètement révolue, qui ne peut exercer au jour d'aujourd'hui une quelconque influence sur le cours des événements.

Par ailleurs, et dans un ultime espoir de parvenir à mettre un terme aux "agissements" de certains activistes de l'étranger, le régime algérien tente de faire feu de tout bois pour tenter de convaincre l'opinion internationale de la justesse de son action.

À commencer par l'adoption d'une proposition de loi décrétant la déchéance de la nationalité à toute personne intervenant de l'étranger par le biais des médias sociaux au seul motif d'être taxée de renégat susceptible de mettre en danger l'unité et la cohésion nationales du pays.

Se rendant compte de l'absurdité d'une telle approche, le régime fait marche arrière en annulant sa proposition de loi scélérate, mais néanmoins, et pour confirmer au monde entier son incapacité d'adaptation aux mœurs universelles, le pouvoir algérien tente de demander le rapatriement par mandat d'amener international à l'encontre d'un journaliste et d'un ancien harragui.

Dans sa fuite en avant, le pouvoir d'Alger tente, en usitant tous les moyens possibles pour se faire juge quitte à s'attirer les inimitiés de ses garants auxquels il n'a pas manqué au préalable d'accorder moult et une concessions.

Le pouvoir d'Alger se retrouve encore une fois complètement désemparé par la déferlante marée humaine de vendredi 26 mars 2021, arborant des slogans hostiles à son endroit qualifiant de  "Moukhabarate irhabiya..." le système répressif auquel sont imputés des cas de torture avérée des activistes par les services de sécurité. 

Terrorisé à l'approche des journées de contestation populaire, le pouvoir algérien tremble et pour parer au plus pressé, il réagit par amateurisme et ce, en commettant des erreurs d'appréciation le discréditant une fois de plus aux yeux de l'opinion. 

En effet et dans son incapacité à pouvoir infléchir sur le cours des événements, le pouvoir se retrouve dans l'impossibilité de mettre de l'ordre dans sa façon de vouloir défendre ses remparts.

Un constat qui reflète une image peu reluisante d'un État malade par le fait de ses "hommes-sangsues", qui ont bâti des fortunes acquises au dinar symbolique, mais également honni par son peuple laissé pour compte qui a souvent recours à la débrouille dans sa quête de survie.

La majorité écrasante du peuple peine à voir le bout du tunnel, confrontée à la cherté de la vie, elle est durement malmenée par la flambée des prix des produits de premières nécessité qui deviennent de plus en plus hors de sa portée.

Des chaînes humaines à perte de vue se bousculent devant des guichets des bureaux de poste dans l'espoir d'effectuer un retrait d'une maigre retraite le plus souvent en vain par manque de liquidités.

D'autres, par contre, subissent carrément les désagréments liés aux coupures incessantes d'eau notamment à Alger la capitale, laquelle subitement vient rafraîchir la mémoire de ses habitants de l'amère réalité d'un temps qui en a autrefois prévalu.

Auteur
Rezki Djerroudi