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FRANCE

Le Rassemblement national de Le Pen, un parti au bord de la faillite?

Le Rassemblement national (RN) pourrait-il faire faillite à moins de deux ans de la présidentielle ? L'ex-Front national a été condamné ce mardi à Paris à une amende de 18 750 euros pour recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire des kits de campagne des législatives de 2012, mais a été relaxé de la principale accusation de complicité d'escroquerie.

Au cœur du dossier : les « kits de campagne » des législatives de 2012. Composés de tracts, d’affiches et de sites internet, ces kits fournis par Riwal (une société de communication détenue par Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen et ancien président du GUD, syndicat étudiant d’extrême droite) et possiblement surfacturés, avaient été vendus aux candidats par Jeanne (micro-parti de Marine Le Pen), en attendant le remboursement de l’État au-delà du seuil des 5% de voix. Pour le parquet, le parti s'est rendu complice de « montages fumeux » et de « prêts fictifs » visant à « transformer Riwal en une machine à faire de l'argent » et à « détourner de l'argent public ».

Seule partie civile au procès, l’État réclame 11,6 millions d’euros de dommages et intérêts contre 500 000 euros pour le parquet. « Ce qui est reproché au FN [le nom du RN avant 2018, NDLR], c’est – parce qu’il avait besoin de financement – d’avoir créé un montage complexe pour échapper aux règles de financement des campagnes électorales », explique Bernard Grelon, avocat de l’État, qui demande le remboursement de l’intégralité des sommes versées par l’État.

Un verdict en forme d’épée de Damoclès ?

Officiellement, le verdict est attendu avec sérénité par le parti. « Le dispositif était légal, il n’y aura pas de condamnation », répète à l’envi la défense qui rappelle que la commission nationale des comptes de campagne avait validé l’intégralité des comptes. Mais l’inquiétude est bel et bien là. Ce verdict, « c’est l’épée de Damoclès qui pourrait nous décapiter », craint un ancien responsable du parti qui préfère ne pas être cité. Et pour cause, les ennuis financiers du parti dépassent de loin cette affaire. Les dettes du RN sont même très lourdes. Vingt-quatre millions d’euros fin 2018, d’après les derniers chiffres officiels disponibles. Tellement lourdes que cela pourrait expliquer, selon certains, la réticence des banques à prêter à un parti que les créanciers soupçonnent de ne jamais pouvoir rembourser.

Auteur
RFI