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COUP DE GUEULE

Le sacre de la démocratie

Riyad Mahrez fait valser les têtes, qualifie l'Algérie  en finale de la coupe d'Afrique et promet le sacre au peuple algérien. Ouyahia, Sellal, Benyounes, Karim Djoudi, ainsi que la longue liste des professionnels de la balle aux prisonniers, croupissent dans les geôles d'Alger, celles qui ont ravi la vie à Kameleddine Fekhar et qui, aujourd'hui encore, enserrent dans la pestilence de ses entrailles, des braves tels que Lakhdar Bouregaâ.

Aucune de ces voix exaltées, qui s’élèvent les vendredis des éliminatoires de la coupe d'Afrique de la démocratie pour exiger le départ du régime tout entier, de ses sbires à ses présidents-militaires, en passant par ses architectes de fosses communes, ne vous dira que cette justice, par la grâce d’un général acculé, plus par l’état de santé grabataire de son ombre Bensalah que par les revendications historiques de la rue, est devenue enfin libre.

 Non, notre justice n’est pas indépendante, n’est pas plus libre qu’elle ne l’était avant, elle a juste changé de mains et de coach. Comme pour la constitution, maintes fois séquestrée, violée, lâchée en pâture aux oligarques prédateurs et élus affairistes, la justice demeure sous la garde d’une kalachnikov, entourée d'une défense ornée de fils barbelés.

Le fond de ces manœuvres dilatoires est complètement biaisé. La forme, quant à elle, prête au burlesque, au comique, dans un pays où l’humour et l'équipe d'Algérie ont été l’antidépresseur par excellence, pour ne pas sombrer dans la folie et la décrépitude d'une  mort prématurée. Le Club des Pins et Moretti, jusque-là, deux frontières inviolables des oligarques et faiseurs de pouvoir, ont fait un glissement géographique, un hors jeu sémantique. Ah, si à l'époque, la technique du VAR existait, elle nous dévoilerait toutes leurs turpitudes, leurs félonies endémiques et leurs tacles assassins sur nos corps meurtris . 

N'oublions pas que Kameleddine Fekhar est mort dans ces mêmes geôles, sous les mains d’un juge aux manettes aussi sales que celles qui diligentent les enquêtes, décrètent les mandats de dépôt et condamnent: au mieux à de la prison avec sursis, au pire à quelques mois de prison fermes, pour que le peuple la ferme. Je ne crois pas à cette justice, comme je n’y crois pas aux hommes de l’ombre qui se cachent derrière le rideau de fer qui s’est érigé entre le peuple, ses gouvernants et ses élites. Comme pour les éliminatoires de la coupe d'Afrique , le peuple veut la technique du VAR pour briser le plafond de verre qui nous sépare d'une vraie justice, un vrai pays. 

Le peuple veut le VAR pour refaire le match, comprendre la nature militaro-totalitaire du régime,  la logique wahhabite des concubins islamistes et la fourberie barbouzienne des pickpockets  démocrates. Une transition assumée et assurée par le peuple et pour le peuple, est la seule vraie justice qui vaille revendiquer, aujourd’hui. S’éloigner le plus possible des acteurs qui, dans le passé, islamistes opportunistes, ministrables auprès de Sa Majesté le roi, siégeant avec une ribambelle de députés hirsutes, aux mains dans le cambouis rempli de merde dont ils sont issus, nous gouvernaient.

Le peuple veut le VAR pour refaire le match sans  les pickpockets de la démocratie, qui se disaient de l’opposition et qui, chaque fois que cela leur a été possible, nous livraient leurs crus, imbus, pourris, corrompus, pestilentiels et faux comme de l’encre noire qui déteint sur leurs macabres communiqués : Khalida Toumi et Amara Benyounes. 

Ils peuvent encore écrire, fourvoyer les mots, inciser leurs maux, le peuple souverain (anciennement El Ghachi), sait dorénavant avec qui il est possible de se lover,  de se redresser, de communier pour une coupe d'Afrique de la démocratie. À l'instar de cette équipe d'Algérie, jeune, enthousiaste, pétrie de qualités, menée par un entraîneur  humble et éloquent, ne connaissant pas les bêlements entêtés de son prédécesseur crachant son venin sur les voix libres de ce pays, le peuple veut un des leurs et non pas un de leurs  leurres , pour ne jamais se taire et mener le pays vers le sacre de la démocratie.

Le peuple ne se fait pas d’illusions sur ce régime, cette vieille équipe fétide qui a embrasé le pays et dilapidé ses richesses. Le peuple ne veut pas de cette justice sous scellée, ces apparatchiks d’hier qui se meuvent aujourd’hui en nouveaux prophètes de la démocratie. Oui, le peuple a raison de vous chasser, de vous pourchasser, de vous montrer les portes de sortie, avec un grand carton rouge au cul et une inéligibilité à vie. 

Le peuple vous hait comme vous le haïssez, méprisez, vendu son âme, vilipendez son histoire, assassinez sa jeunesse et son élite. Ce pays, nous voulons le bâtir sans vous, encore moins avec vos collabos islamistes et vos concubins démocrates (les démons qui grattent), ceux qui vous ont servi de faire-valoir légitime à votre politique de l’effroi que vous nous avez infligé pendant plus d’un demi-siècle de colonisation.

 El Harrach ne suffira pas pour étancher notre soif de justice, encore moins une coupe d'Afrique jouée sur les terrains d'un pays aussi dictatorial que le nôtre. Aucun pénitencier, aussi grand que la superficie du pays, ne pourra tous vous rassembler. Avec ce que nous découvrons chaque jour, un peu plus, il n’y a point de ressemblance avec une quelconque  république bananière où on a pu voir sévir, avec une parfaite cohésion, des généraux ventrus, des oligarques sangsues, un gouvernement corrompu, une assemblée nationale tenue par des épiciers véreux et des terroristes islamistes à la manchette plus aiguisée que le couteau du boucher. Même un VAR de la corruption ne viendrait pas à bout de ce génocide financier , économique et humain jamais encore orchestrée dans l'histoire de l'humanité. 

Le sacre est à portée de nos mains. Ne vous taisez pas. Pour ceux qui veulent nous le faire oublier: chaque vendredi, le peuple algérien joue les éliminatoires de la coupe d'Afrique de la démocratie. 

Si nous la gagnions, c'est toute l'Afrique qui le remportera. Ce vendredi, nous regarderons le énième match qui nous oppose au régime, avec notre cœur et nos tripes, pendant que notre Généralisme, Gaïd Salah, s'échinera à compter le nombre d'emblèmes amazighs dans les tribunes . 

 

Auteur
Mohand Ouabdelkader
 

Commentaires

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C'est une question de vie ou mort: soit le visa permanent pour la démocratie soit le visa pour un statut pire que l'esclavagisme. Et ça dépend de nous.

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