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REGARD

Le signal d'alarme !

Crédit photo : Zinedine Zebar.

Dans une précédente chronique, j'ai parlé du "droit d'avoir des droits", c'est-à-dire, du droit de chaque Algérien d'émettre son avis ou son opinion, sans peur d'être jeté abusivement en prison, du droit de manifester dans la rue pour signifier son rejet des décisions des autorités politiques, du droit de sortir dans la place publique pour se plaindre de ses mauvaises conditions de vie et pour espérer les améliorer, du droit de défendre ses libertés ainsi que celles de la collectivité dans le respect des valeurs communes, du droit de voir sa citoyenneté respectée et d'être souverain dans son propre pays, du droit à la désobéissance civile quand la conjoncture sociale l'exige, du droit de demander le changement du régime et de le démocratiser, du droit de dénoncer des abus d'autorité et d'avoir des institutions  représentatives et républicaines dignes de ce nom,  du droit de demander des comptes à ceux qui le gouvernent.

Tous ces droits fondamentaux, bien que garantis par la Constitution de la nation, sont à proprement parler, mal pris en charge, sinon bafoués par notre nomenklatura.

Faisant fi de toute éthique, celle-ci a laissé, pour rappel, pendant plus de sept ans les affaires du peuple à l'abandon, comme  gérées sous pilotage automatique, sans président ni institutions jusqu'à ce qu'une marée humaine indescriptible ait envahi toutes les rues d'Algérie pour dire "basta!"

Et nous voilà, après presque cinq mois du départ sous la contrainte de l'ancien président de la république et sa clique, dont la plupart d'entre eux est jetée en prison pour corruption, devant nos propres contradictions : la grande muette, autrefois, faiseuse des rois dans la discrétion est sortie de l'ombre pour dicter, au grand jour, ses choix au peuple et une crise sans nom menace de démanteler le tissu social et politique alors que  l'impasse économique n'est, semble-t-il, qu'une question de quelques mois.

Ce qui est à même de nous mener droit vers la déroute, si l'on ne tire pas à temps la sonnette d'alarme. Comble d'ironie, des détenus d'opinion, sortis du sein de cette population en lutte, doivent partager désormais des cellules de prison avec ceux qui ont dilapidé, dans l'arrogance et le mépris, les biens de la collectivité. Sommes-nous vraiment en train de construire un Etat de droit ou de revivre le remake des expériences ratées du passé?

Une chose étant sûre, l'aspiration des Algériens à la démocratie, traduite sur le terrain par des manifestations historiques grandioses, rarement vécues dans le monde, est loin d'être un chahut de gamins ni un cri de fous alcoolisés, mais c'est un appel solennel à la rupture avec le système et ses avatars. Une aspiration qui devrait être entendue, avec toute charge symbolique et politique. 

Auteur
Kamal Guerroua
 

Commentaires

Permalien

Il n'y a pas de prisonniers d'opinion mais des prisonniers de droit civil pour atteinte à l'armée et à la sécurité du pays que ce soit pour ceux qui portaient ce chiffon kabyle alors que le pays a un emblème nationale ou ceux qui ont porte atteinte à l'armée nation descendante de l'ALN comme Tabou et son ami dont le peuple algérien ne lui a jamais donné procuration pour parler à son nom et encore moins pour si Bouregaa le falsificateur de l'histoire qui avait accusé l'armée d'etre une milice de qui ? à vous d'en déterminer et d'analyser ses dires.

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