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ESPIONNAGE

Le sommet de l'Etat algérien espionné par les services marocains

En 2019, Saïd Bouteflika et Gaïd Salah sous écoute des services marocains.

Pendant que Gaïd Salah surveillait les moindres agissements de Saïd Bouteflika et son clan en février/mars 2019, les services secrets marocains, eux, avaient l'oeil et l'oreille sur tout ce que l'Algérie comptait de puissant. 

Grâce au logiciel espion israélien Pigasus les services secrets marocains auraient pendant un temps indéterminé espionné le sommet de l'Etat algérien, selon le quotidien Le Monde.

Les membres de la famille Bouteflika ont été la cible des services marocains par le biais du logiciel espion Pegasus, a révélé le quotidien français Le Monde dans son édition datée de mercredi. Les frères et sœur Saïd, Nacer et Zhor Bouteflika ont été au coeur des écoutes des limiers marocains. Pas seulement. Noureddine Bedoui, l'ex-Premier ministre algérien et candidat à la présidentielle, Noureddine Ayadi, ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères puis de directeur de cabinet de la présidence de la République étaient concernés par cette grosse opération d'espionnage marocain visant les hommes du pouvoir algérien.

"Au sommet de la pyramide diplomatique algérienne, deux ministres successifs des affaires étrangères ont été visés : Abdelkader Messahel et Ramtane Lamamra. Selon des informations recoupées par Le Monde, deux numéros, actifs, de M. Lamamra ont été attaqués. Or, celui-ci a joué un rôle sensible à une période, où, de l’aveu même d’un observateur marocain, le royaume chérifien apparaissait tétanisé par l’incertitude politique régnant en Algérie", ajoute le quotidien français qui a partagé les données de l'enquête avec de grands quotidiens internationaux, l'organisation Forbidden Stories et Amnesty international.

En France, l’opérateur de Pegasus s’est sans surprise intéressé à l’ambassade d’Algérie et au numéro de l’ambassadeur d’Algérie, Abdelkader Mesdoua, ou à celui attribué au colonel Karim Hadj Sadok, l’attaché militaire. De l’autre côté de la Méditerranée, c’est le numéro de l’ambassadeur de France de l’époque, Xavier Driencourt, et celui attribué à l’attaché militaire français qui ont été ciblés. En plus d’un autre qui aurait appartenu à l’ambassadeur de l’Union européenne à Alger.

La même source révèle que les services marocains ont pu mettre sur écoute "le sommet de l’appareil de l’Etat, avec les numéros des chefs des services de renseignement de l’époque, comme les généraux Ali Bendaoud, Wassini Bouazza et Bachir Tartag, ou encore les commandants des forces terrestres et aériennes." Même Khaled Nezzar et ses enfants ont été concernés par cette affaire. 

On ignore si l'espionnage du sommet de l'Etat algérien avec ce logiciel israélien a pris fin ou a continué ? Ni quand a-t-il commence, encore moins l'ampleur de ces écoutes. 

A la lumière de ces graves révélations quelle sera la réponse algérienne ? Surtout si l'on sait que l'Algérie a déjà rappelé son ambassadeur suite à une déclaration d'un officiel marocain concernant le statut de la Kabylie.

6000 numéros sélectionnés par le Maroc

Dans ce pays, plus de 6 000 numéros de téléphone appartenant à des responsables politiques, des militaires, des chefs des services de renseignement, des hauts fonctionnaires, des diplomates étrangers en poste ou des militants politiques ont été sélectionnés comme cibles potentielles du logiciel espion Pegasus par le client marocain de l’entreprise israélienne NSO. Même un numéro d'Emmanuel Macron a été surveillé par les services marocains.

Selon les données partagées par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International au Monde, le Maroc est un gros utilisateur du logiciel et ces 6 000 numéros constituent une cohorte importante, au regard des 50 000 coordonnées téléphoniques sélectionnées dans le monde, entre 2017 et 2019, révèle Le Monde.

Auteur
L. M.