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REGARD

Le système en mission impossible

Trois discours en moins de trois mois, rien que pour s'accrocher à l'agenda de la présidentielle. Comparé aux sept ans du «pilotage automatique» sous l’ère Bouteflika, cette performance paraît un record historique.

En voulant gérer à leur guise la période de la transition, la présidence et l’État-major s'isolent de plus en plus devant une rue qui reste inflexible. Le problème c'est que toute prorogation du mandat d'Abdelkader Bensalah suscitera encore de la colère chez les Algériens, en dépit du marketing de l'opération «mains propres», menée tambour battant par les autorités.

Quelle gestion calamiteuse de la crise ! Cela est d'autant plus désolant que la partie la plus concernée par l'affaire, le peuple bien entendu, n'est pas associée aux décisions hâtives de l'exécutif.

Le pays marche dans le brouillard, c’est le moins que l’on puisse dire, à la lumière des derniers développements de la situation. En effet, la désinvolture et le mépris avec lesquels l’establishment aborde les problèmes de l'Algérie, poussent à des conclusions, pour le moins, pessimistes : on avance droit vers l’impasse.

C'est comme si ce dernier fait le tour de sa tête pour chercher son oreille. Les défis sont énormes et les craintes le sont tout autant, hélas! Où l'on va à ce rythme? Personne ne le sait avec exactitude. Puis, y a-t-il vraiment un capitaine à bord du bateau, qui mesure les risques de telles tergiversations sur l’avenir de l’Algérie ?

Les coups tordus et les dénis de la réalité ne provoqueront, sans doute, que davantage du discrédit à l’encontre d’un système en phase terminale d’autodestruction. Oui, le régime s’autodétruit et, ce faisant, il veut mener dans sa faillite tout un peuple de quarante millions d’âmes.

Or, celui-ci veut tourner à jamais la page de la dictature et écrire un autre chapitre de son histoire. Si les Algériens ont refait corps et ne se sont plus alourdis par le poids du fatalisme et du désespoir, c'est qu'ils croient à la belle étoile, au renouveau, au changement démocratique.

«Soyons réalistes, mais exigeons l'impossible!», disait un révolutionnaire latino du XXe siècle, c'est la consigne que les nôtres semblent suivre, à l'heure présente, dans la mesure où, bien que conscients des moult obstacles qui peuvent se dresser sur leur chemin, ils bravent les décideurs et battent le pavé, de façon pacifique, chaque vendredi pour exiger des comptes à ceux qui leur ont confisqué, des décennies durant, et leur bien et leur liberté.

Le régime devrait se rendre à l’évidence qu’aucun recul de la base n’est envisagé tant que le retour à la légitimité populaire n'est pas garanti.


 

Auteur
Kamal Guerroua
 

Commentaires

Permalien

en dehors des limogeages et des nominations, chose habituelle ne pouvant avoir d'incidences graves dans la plupart des cas, il signe quoi d'autres?

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