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L'OEIL DE ZINA

Les Algériens de Marseille : horizon 2020

Dernière semaine de ramadan à Marseille. Le soleil s’est invité avec une envie de légèreté.

Le mouvement s’éternise et il est difficile de maintenir la motivation des militants algériens.

Besoin de recharger ses batteries de bonheur et de faire une pause : entre le résultat des européennes qui met le Rassemblement National en tête, l’échéance des municipales et l’horizon obscurci par une troupe de militaro-opportunistes au Pays, une pression se fait sentir sur la cité phocéenne.

Une terrasse avec quelques amis. Certains boivent d’autres attendent que le soleil se couche mais tous n’ont qu’une envie : pouvoir chasser nos appréhensions, concevoir un avenir serein et libre. Y compris à Marseille.

- « Il y a combien d’Algériens à Marseille ? lance l’un d’entre eux en allumant une cigarette

- 200 000 je crois, pourquoi ? Bah…Marseille c’est 800 000 habitants, ça veut dire qu’un habitant sur 4 est Algérien, ça pèse quand même… »

Et oui. « Ça pèse ». A un an des municipales, dans une ville ravagée par le clientélisme et la corruption, c’est pas mal de s’en rendre compte. Prenons les chiffres précis : le nombre d'habitants de Marseille est de 869 994 en 2019. On estime aujourd’hui à 300 000 les Algériens et leurs descendants (la loi ne nous permet pas d’être plus précis concernant les naturalisés et binationaux). Cela signifie qu’un tiers de la population marseillaise est « DZ » comme on dit ici. Au moins la moitié d’entre eux est en mesure de voter en France…

Les Algériens de Marseille ce n’est pas dans les traditionnelles manifestations du dimanche qu’on les voit. C’est partout ailleurs. Dans les commerces, les rues, les plages, les transports. Dans l’hyper centre , certains de mes voisins connaissent le sens des prénoms ou les dates de fêtes.

Le soir des concerts de mandoline s’improvisent à la sortie des cafés, des odeurs de pâtisserie se mélangent aux effluves de vin. Les langues sont mélangées et le volume est à fond. La solidarité politique se traduit autrement que par la mobilisation : le boucher qui fait crédit, l’épicier qui offre des packs d’eaux aux manifestants qui passent devant sa boutique, le tenancier qui offre sa tournée. Une joie de vivre et une générosité qui caractérisent une identité commune. Le Maghreb est mon horaire préféré de la journée et maintenant je comprends pourquoi.

Faisons l’exercice d’imaginer que toute la communauté se mobilise aux prochaines élections municipales : des quartiers nord au sud, en passant par Nouailles et Belsunce. Un électeur sur 4, une proportion qui donne de quoi changer les choses. Au risque de passer pour naïve, le rapport de force n’est pas condamné à rester figé. Un appel à pétition a circulé une dizaine de jours invitant les collectifs et associations à unir leurs forces en face du Système en place depuis plus longtemps que Boutef en Algérie. La présence des bi-nationaux y est anecdotique. Des problématiques qui les concernent sont pourtant abordées notamment la situation des logements dont notre communauté souffre en première ligne. On peut imaginer l’amertume et la déception qui a nourri le fatalisme des marseillais si longtemps mais un changement de paradigme s’opère.

Pourquoi les Algériens de Marseille s’investissent si peu sur le terrain politique alors que les débats des dernières semaines ont démontré qu’il s’agit d’une population très politisée ?

Une partie de la réponse pourrait se trouver dans l’étude sur l’abstention menée à l’appel du collectif citoyen Mad Mars. La première depuis longtemps.

Restitution le 7 juin 2019 aux Docks des Suds. La soirée s’intitule « 2020, OUI, c’est Possible » et commence à 18H30. L’évènement est ouvert au public. Et il est temps que l’opinion marseillaise réalise que le public c’est nous.

Z. M.

Plus d’infos :

Venir à la soirée des possibles le 7 juin : 

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Auteur
Zina Mebkhout
 

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